EN MÉMOIRE
D’HENRI-BENJAMIN DE CONSTANT-REBECQUE,
Né à Lausanne en Suisse,
le 25 nov. 1767.
Mort à, dans le comté
de
en Angleterre.
Le septembre 1787.
D’un bâtiment fragile imprudent conducteur,
Sur des flots inconnus je bravais la tempête.
La foudre grondait sur ma tête,
Et je l’écoutais sans terreur.
Mon vaisseau s’est brisé : ma carrière est finie.
J’ai quitté sans regret ma languissante vie,
J’ai cessé de souffrir en cessant d’exister.
Au sein même du sort j’avais prévu l’orage ;
Mais entraîné loin du rivage,
À la fureur des vents je n’ai pu résister.
J’ai prédit l’instant du naufrage,
Je l’ai prédit sans pouvoir l’écarter.
Un autre plus prudent aurait su l’éviter.
J’ai su mourir avec courage,
Sans me plaindre et sans me vanter.
« Pas tout-à-fait sans me vanter pourtant, madame, voyez l’épitaphe…
Àvingt-deux milles de Kendal, Lancaster, 1 septembre.
« Mes plans d’Amérique, madame, sont plus combinés que jamais. Si je ne me marie ni ne me pends cet hiver, je pars au printemps. J’ai parlé à plusieurs personnes au fait. Je compte aller sérieusement chez M. Adams, avant de quitter Londres, prendre encore de nouvelles informations ; et, si le démon de la contrainte et de la défiance ne veut pas quitter mon pauvre Désert, je lui céderai la place. — J’emprunterai d’une de mes parentes, qui m’a déjà prêté souvent et qui m’offre encore davantage (ce n’est pas M de Severy), huit mille francs, si elle les a, et je me ferai farmer dans la Virginie. N’est-il pas plaisant que je parle de huit mille francs, quand je n’ai pas six sous à moi dans le monde ?
Sur mon grabat je célébrais Glycère,
Le jus divin d’un vin mousseux ou grec,
Buvant de l’eau dans un vieux pot à bière.
Je cite tout de travers, mais une de vos aimables qualités est d’entendre tout bien, de quelque manière qu’on parle. Je défigure encore cette phrase, et c’est bien dommage. — Si vous vous rappelez son auteur, c’est ma meilleure amie et la plus aimable femme que je connaisse. Si je ne me rappelais votre amour pour la médisance, je me mettrais à la louer. Pardon, madame, — revenons à nos moutons, — c’est-à-dire à notre prochain, que nous croquons comme des loups.
Même date, au soir.
« Je relis ma lettre après souper, madame, et je suis honteux de toutes les fautes de style et de français ; mais souvenez-vous que je n’écris pas sur un bureau bien propre et bien vert, pour ou auprès d’une jolie femme ou d’une femme autrefois jolie, mais en courant, non pas la poste, mais les grands chemins, en faisant cinquante-deux milles, comme aujourd’hui, sur un malheureux cheval, avec un mal de tête effroyable, et n’ayant autour de moi que des êtres étranges et étrangers, qui sont pis que des amis et presque que des parens… »
C’est assez de ce début ; on en a plus qu’il n’en faut pour savoir le ton ; Benjamin Constant continue de ce train railleur durant bien des pages, durant quinze grandes feuilles in-folio. Sa caravane pourtant tire à sa fin ; il ne se tue pas, il ne meurt pas de fatigue ; il arrive par monts et par vaux chez un ami de son père, qui lui refait la bourse et le remet sur un bon pied, sa monture et lui. Bref, dans une dernière lettre datée de Londres, du 12 septembre, il annonce à M de Charrière par des vers détestables (il n’en a jamais fait que de tels), qu’en vertu d’un compromis signé avec son père, il va partir pour la cour de Brunswick, et y devenir quelque chose comme lecteur ou chambellan de la duchesse ; mais il passera auparavant par le canton de Vaud et par Colombier, ce dont il a grand besoin, confesse-t-il un peu crûment, car, à la suite de ce beau voyage sentimental, il lui faut refaire tant soit peu sa santé et son humeur.
Ce qui a dû frapper dans ces premières lettres, c’est combien l’esprit de moquerie, l’absence de sérieux, l’exaltation factice, et qui tourne aussitôt en risée, percent à chaque ligne : nulle part, un sentiment ému et qui puisse intéresser, même dans son égarement ; nulle part, une plainte touchante, un soupir de jeune cœur, même vers des chimères ; rien de cet amour de la nature qui console et repose, rien de ce premier enchantement où Jean-Jacques était ravi, et qu’il nous a rendu en des touches si pleines de fraîcheur. Adolphe, Adolphe, vous commencez bien mal ; tout cela est bien léger, bien aride, et vous n’avez pas encore vingt ans !
Il est de retour en Suisse au commencement d’octobre 1787. Je crois bien qu’avant de se rendre à Lausanne, il passa (et je lui en sais gré) par Colombier : il y arriva à pied, à huit heures du soir, le 3 octobre 1787, lui-même a noté presque religieusement cet anniversaire. Le lendemain 4, il était à Lausanne, et il écrit aussitôt : « Enfin m’y voici, je comptais vous écrire sur ma réception, mes amis, mes parens, mais on me donne une commission pour vous, madame, et je n’ai qu’un demi-quart d’heure à moi. Mon oncle, sachant que M. de Salgas doit venir enfin chercher sa femme, voudrait que vous vinssiez avec lui. Vous trouveriez, dit-il, une famille toute disposée à vous aimer, à vous admirer, et, ce qui vaut mieux, le plus beau pays du monde. Mon manoir de Beausoleil est bien petit, mais, si vous venez avec M. de Salgas, je vous demande la préférence sur mon oncle et sur sa résidence plus comfortable ; je le lui ai déjà déclaré. Ce n’est qu’une petite course, et, si vous voulez m’admettre pour votre chevalier errant, nous retournerons ensemble à Colombier. » — M de Charrière vint en effet, et emmena au retour le jeune Constant, ou du moins celui-ci l’alla rejoindre ; ces deux mois de séjour, de maladie, de convalescence, auprès d’une personne supérieure et affectueuse, semblèrent modifier sa nature et lui communiquer quelque chose de plus calme, de plus heureux. Par malheur, l’aridité des doctrines gâtait vite ce que la pratique entr’eux avait de meilleur, et on achevait, en causant, de tout mettre en poussière dans le même temps qu’on réussissait à se faire aimer. M de Charrière écrivait alors ses lettres politiques sur la révolution tentée en Hollande par le parti patriote, et Benjamin Constant, par émulation, se mit à tracer la première ébauche de ce fameux livre sur les religions qu’il fut près de quarante ans à remanier, à refaire, à transformer de fond en comble. L’esprit dans lequel il le conçut alors n’était autre que celui du XVIII siècle pur, c’est-à-dire un fonds d’incrédulité et d’athéisme que l’ambitieux auteur se réservait sans doute de raffiner. On lit dans une lettre de M de Charrière, d’une date postérieure, quelques détails singuliers sur cette composition primitive : « Après mon retour de Paris, dit-elle, fâchée contre la princesse d’Orange, j’écrivis la première feuille des Observations et Conjectures politiques, puis vinrent les autres ; j’exigeais de l’imprimeur qu’il les envoyât, l’une après l’autre, à mesure qu’il les imprimait, à M. de Salgas, à M. Van Spiegel, à M. Charles Bentinck. Je voulais qu’on les vendît à Paris comme tout autre ouvrage périodique. Benjamin Constant survint, il me regardait écrire, prenait intérêt à mes feuilles, corrigeait quelquefois la ponctuation, se moquait de quelques vers alexandrins qui se glissaient parfois dans ma prose. Nous nous amusions fort. De l’autre côté de la même table, il écrivait sur des cartes de tarots, qu’il se proposait d’enfiler ensemble, un ouvrage sur l’esprit et l’influence de la religion ou plutôt de toutes les religions connues. Il ne m’en lisait rien, ne voulant pas, comme moi, s’exposer à la critique et à la raillerie. M de Staël en a parlé dans un de ses livres. Elle l’appelle un grand ouvrage, quoiqu’elle n’en ait vu, dit-elle, que le commencement, quelques cartes sans doute, et elle invite la littérature et la philosophie à se réunir pour exiger de l’auteur qu’il le reprenne et l’achève. Mais elle ne nomme point cet auteur, ne donne point son adresse, de sorte que la littérature et la philosophie eussent été bien embarrassées de lui faire parvenir une lettre. »
Voilà de l’aigreur qui perce un peu vivement et sans but, nous en sommes fâché pour M de Charrière. Le fait est que l’ouvrage dont parlait M de Staël ne devait déjà plus être le même que celui qui s’esquissait sur un jeu de cartes à Colombier. Benjamin Constant était le premier à plaisanter de ces transformations de son éternel ouvrage, de cet ouvrage toujours continué et refait tous les cinq ou dix ans, selon les nouvelles idées survenantes : « L’utilité des faits est vraiment merveilleuse, disait-il de ce ton qu’on lui a connu ; voyez, j’ai rassemblé d’abord mes dix mille faits : eh bien ! dans toutes les vicissitudes de mon ouvrage, ces mêmes faits m’ont suffi à tout ; je n’ai eu qu’à m’en servir comme on se sert de soldats, en changeant de temps en temps l’ordre de bataille. »
Une circonstance caractéristique de cette première ébauche, c’est qu’elle ait été écrite au revers de cartes à jouer : fatal et bizarre présage ! — On raconte qu’un jour, une nuit, peu de temps avant la publication de l’ouvrage, quelqu’un rencontrant Benjamin Constant dans une maison de jeu lui demanda de quoi il s’occupait pour le moment : « Je ne m’occupe plus que de religion, » répondit-il. Le commencement et la fin se rejoignent.
En réduisant même ces accidens, ces légèretés de propos à leur moindre valeur, en reconnaissant tout ce qu’a d’éloquent et d’élevé le livre de la Religion dans la forme sous laquelle il nous est venu, on a droit de dénoncer le contraste et de déplorer le contre-coup. L’esprit humain ne joue pas impunément avec ces perpétuelles ironies ; elles finissent par se loger au cœur même et comme dans la moelle du talent, elles soufflent froid jusqu’à travers ses meilleures inspirations. Un je ne sais quoi circule qui avertit que l’auteur a beau s’exalter, que l’homme en lui n’est pas touché ni convaincu. Ainsi tout ce livre de la Religion laisse lire à chaque page ce mot : Je voudrais croire, comme le petit livre d’Adolphe se résume en cet autre mot : Je voudrais aimer.
Quant à la conjecture sur l’esprit originel du grand ouvrage, ce n’en est pas une, à vrai dire, et tout ce qui trahit les sentimens philosophiques de l’auteur à cette époque, ne laisse pas une ombre d’incertitude. Nous en pourrions citer cent exemples ; un seul suffira. Voici une lettre écrite de Brunswick à M de Charrière dans un moment d’expansion, de sincérité, de douleur ; mais l’irrésistible moquerie y revient vite, amère et sifflante, étincelante et légère, telle que Voltaire l’aurait pu manier en ses meilleurs et en ses pires momens. Cette lettre nous représente à merveille ce que pouvaient être les interminables conversations de Colombier, ces analyses dévorantes qui avaient d’abord tout réduit en poussière au cœur d’Adolphe.
Ce 4 juin 1790.
« J’ai malheureusement quatre lettres à écrire, ce matin, que je ne puis renvoyer. Sans cette nécessité je consacrerais toute ma matinée à vous répondre et à vous dire combien votre lettre m’a fait plaisir, et avec quel empressement je recommence notre pauvre correspondance, qui a été si interrompue et qui m’est si chère. Il n’y a que deux êtres au monde dont je sois parfaitement content, vous et ma femme. Tous les autres, j’ai, non pas à me plaindre d’eux, mais à leur attribuer quelque partie de mes peines. Vous deux, au contraire, j’ai à vous remercier de tout ce que je goûte de bonheur. Je ne répondrai pas aujourd’hui à votre lettre : lundi prochain 7 j’aurai moins à faire, et je me donnerai le plaisir de la relire et d’y répondre en détail. Cette fois-ci, je vous parlerai de moi autant que je le pourrai dans le peu de minutes que je puis vous donner. Je vous dirai qu’après un voyage de quatre jours et quatre nuits je suis arrivé ici, oppressé de l’idée de notre misérable procès, qui va de mal en pis, et tremblant de devoir repartir dans peu pour aller recommencer mes inutiles efforts. Je serais heureux, sans cette cruelle affaire ; mais elle m’agite et m’accable tellement par sa continuité, que j’en ai presque tous les jours une petite fièvre et que je suis d’une faiblesse extrême qui m’empêche de prendre de l’exercice, ce qui probablement me ferait du bien. Je prends, au lieu d’exercice, le lait de chèvre, qui m’en fait un peu. Mon séjour en Hollande avait attaqué ma poitrine, mais elle est remise. Si des inquiétudes morales sur presque tous les objets sans exception ne me tuaient pas, et surtout si je n’éprouvais, à un point affreux que je n’avoue qu’à peine à moi-même, loin de l’avouer aux autres, de sorte que je n’ai pas même la consolation de me plaindre, une défiance presque universelle, je crois que ma santé et mes forces reviendraient. Enfin, qu’elles reviennent ou non, je n’y attache que l’importance de ne pas souffrir. Je sens plus que jamais le néant de tout, combien tout promet et rien ne tient, combien nos forces sont au-dessus de notre destination, et combien cette disproportion doit nous rendre malheureux. Cette idée, que je trouve juste, n’est pas de moi ; elle est d’un Piémontais, homme d’esprit dont j’ai fait la connaissance à La Haye, un chevalier de Revel, envoyé de Sardaigne. Il prétend que Dieu, c’est-à-dire l’auteur de nous et de nos alentours, est mort avant d’avoir fini son ouvrage ; qu’il avait les plus beaux et vastes projets du monde et les plus grands moyens ; qu’il avait déjà mis en œuvre plusieurs des moyens, comme on élève des échafauds pour bâtir, et qu’au milieu de son travail il est mort ; que tout à présent se trouve fait dans un but qui n’existe plus, et que nous, en particulier, nous sentons destinés à quelque chose dont nous ne nous faisons aucune idée ; nous sommes comme des montres où il n’y aurait point de cadran, et dont les rouages, doués d’intelligence, tourneraient jusqu’à ce qu’ils se fussent usés, sans savoir pourquoi et se disant toujours : Puisque je tourne, j’ai donc un but. Cette idée me paraît la folie la plus spirituelle et la plus profonde que j’aie ouie, et bien préférable aux folies chrétiennes, musulmanes ou philosophiques, des I, VII et XVIII siècles de notre ère. Adieu ; dans ma prochaine lettre, nous rirons, malgré nos maux, de l’indignation que témoignent les stathouders et les princes de la révolution française, qu’ils appellent l’effet de la perversité inhérente à l’homme. Dieu les ait en aide ! Adieu, cher et spirituel rouage qui avez le malheur d’être si fort au-dessus de l’horloge dont vous faites partie et que vous dérangez. Sans vanité, c’est aussi un peu mon cas. Adieu. Lundi, je joindrai le billet tel que vous l’exigez. Ne nous reverrons-nous jamais comme en 1787 et 88 ? »
On a souvent dit de Benjamin Constant que c’était peut-être l’homme qui avait eu le plus d’esprit depuis Voltaire ; ce sont les gens qui l’ont entendu causer qui disent cela, car, si distingués que soient ses ouvrages, ils ne donnent pas l’idée de cette manière ; on peut dire que son talent s’employait d’un côté, et son esprit de l’autre. Comme tribun, comme publiciste, comme écrivain philosophique, il arborait des idées libérales, il épousait des enthousiasmes et des exaltations qui le rangeaient plutôt dans la postérité de Jean-Jacques croisée à l’allemande. Mais ici, dans cette lettre qui n’est qu’une conversation, cet esprit à la Voltaire nous apparaît dans sa filiation directe et à sa source, point du tout masqué encore.
Voltaire, à son retour de Prusse et avant de s’établir à Ferney, passa trois hivers à Lausanne (1756-1758) ; il s’y plut beaucoup, en goûta les habitans, y joua la comédie ; c’était dix ans avant la naissance de Benjamin Constant ; il y connut particulièrement cette famille. Sa nièce, M de Fontaine, ayant appelé en Parisienne M. de Constant un gros Suisse, « M. de Constant, lui répondit Voltaire tout en colère, n’est ni Suisse ni gros. Nous-autres Lausannais qui jouons la comédie, nous sommes du pays roman, et point Suisses. Il y a Suisses et Suisses : ceux de Lausanne diffèrent plus des Petits-Cantons que Paris des Bas-Bretons. » Benjamin Constant s’est chargé de justifier aux yeux de tous le propos de Voltaire, et de faire valoir ce brevet de Français délivré à son oncle ou à son père par le plus Français des hommes.
Nous revenons au séjour de Benjamin à Colombier ; il y concevait donc son livre sur les religions, il donnait son avis sur les écrits de M de Charrière et en épiloguait le style. Souvent, quoique porte à porte, dit M. Gaullieur, ils s’adressaient des messages dans lesquels ils échangeaient leurs observations de chaque heure, et continuaient sans trêve leurs conversations à peine interrompues. Bien des incidens de société y fournissaient matière. On faisait des vers satiriques sur l’ours de Berne, on se prêtait les Contemporaines de Rétif. Le Rétif était alors très en vogue à l’étranger. Le Journal littéraire de Neuchâtel en raffolait ; l’honnête Lavater en était dupe. Ces Contemporaines m’ont tout l’air d’avoir eu le succès des Mystères de Paris. Benjamin Constant, qui en empruntait des volumes à M. de Charrière pour se former l’esprit et le cœur, en parlait avec dégoût, s’en moquait à son ordinaire, et ne les lisait pas moins avidement. On aura le ton par les deux billets suivans :
« … Je n’ai pu hier que recevoir et non renvoyer les C. (Contemporaines). Je ne suis pas un Hercule, et il me faut du temps pour les expédier. En voici cinq que je vous remets aujourd’hui, en me recommandant à M. de Charrière pour la suite. C’est drôle après avoir dit tant de mal de Rétif. Mais il a un but, et il y va assez simplement ; c’est ce qui m’y attache. Il met trop d’importance aux petites choses. On croirait, quand il vous parle du bonheur conjugal et de la dignité d’un mari, que ce sont des choses on ne peut pas plus sérieuses, et qui doivent nous occuper éternellement. Pauvres petits insectes ! qu’est-ce que le bonheur ou la dignité ? Plus je vis et plus je vois que tout n’est rien. Il faut savoir souffrir et rire, ne serait-ce que du bout des lèvres. Ce n’est pas du bout des lèvres que je désire (et que je le dis) de me retrouver à Colombier le 2 de janvier.