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15. HORACE, || Tragedie. || _A Paris, || Chez Augustin Courbé, Libraire & Imprimeur de || Monsieur frere du Roy, dans la petite Salle du || Palais, à la Palme._ || M. DC. XXXXI [1641]. || Auec Priuilege du Roy. In-4 de 6 ff. et 103 pp.
Collation des feuillets prélim.: front. gravé, qui représente le combat des Horaces et des Curiaces; il porte en tête le titre: _Horace, tragedie_, avec la devise: _Nec ferme res antiqua alia est nobilior_. Tit., et en bas, le nom de _Courbé_, la date de 1641 et la signature du dessinateur et du graveur: _Le Brun inv._; _P. Daret fecit_;--1 f. de titre et 4 ff. pour la dédicace à «Monseigneur le Cardinal Duc de Richelieu», et les noms des _Acteurs_.
Le privilége occupe le verso du dernier f., c'est-à-dire la p. qui devrait être chiffrée 104. Il est accordé à _Augustin Courbé_, pour dix ans, et daté du 11 décembre 1640. L'achevé d'imprimer est du 15 janvier 1641.
Cette édition, imprimée à Paris, chez _Courbé_, est beaucoup moins belle que les éditions rouennaises de _Laurens Maurry_; les caractères en sont moins nets et l'encre moins noire; les fleurons sont également moins bien gravés.
L'animosité que les rivaux de Corneille apportèrent à leur lutte contre l'auteur du _Cid_ le força de garder le silence pendant longtemps. M. Taschereau (_Histoire de Corneille_, 2e éd., p. 94) a reproduit un curieux fragment d'une lettre de Chapelain, conservée dans un recueil manuscrit appartenant alors à M. Sainte-Beuve, et légué depuis à la Bibliothèque nationale, qui permet de supposer que le poëte fut sur le point de renoncer au théâtre. «Il ne fait plus rien, dit Chapelain, et Scudery a du moins gagné cela, en le querellant, qu'il l'a rebuté du mestier, et lui a tari sa veine. Je l'ay, autant que j'ay pu, rechauffé et encouragé à se venger et de Scudery et de sa protectrice, en faisant quelque nouveau _Cid_ qui attire encore les suffrages de tout le monde, et qui montre que l'art n'est pas ce qui fait la beauté; mais il n'y a pas moyen de l'y résoudre; et il ne parle plus que de regles et que des choses qu'il eust pu respondre aux Académiciens, s'il n'eust pas craint de choquer les puissances, mettant au reste Aristote entre les auteurs apocryphes, lorsqu'il ne s'accommode pas à ses imaginations.» Cette lettre, adressée à Balzac, est datée du 15 janvier 1639; elle prouve qu'_Horace_ n'était pas encore commencé à cette époque. Une autre lettre de Chapelain, du 9 mars 1640, nous apprend, au contraire, que la nouvelle tragédie venait d'être jouée pour la première fois devant Richelieu; nous avons ainsi la date certaine de la représentation.
Le sujet d'_Horace_ appartient bien en propre à Corneille, bien qu'il eût été traité auparavant par trois autres auteurs: par l'Arétin (_l'Horazia, tragedia di Pietro Aretino_ [dédiée au pape Paul III]; In Vinegia, appresso Gabriel Giolito de Ferrari, 1546, in-8, et 1549, in-12); par d'Aigaliers (_les Poësies de Laudun d'Aigaliers, contenans deux Tragédies, la Diane, Meslanges et Acrostiches_; à Paris, chez David Le Clerc, 1596, in-12), et par Lope de Vega (_El honrado Hermano, tragi-comedia famosa_, publiée dans la _Decima octava Parte de las Comedias de Lope de Vega Carpio_; Madrid, Juan Gonçalez, 1623, in-4, et reproduite dans le _Tesoro del Teatro español, arreglado por D. Eugenio de Ochoa_; Paris, 1838, in-8, t. II). On a cru à tort que Corneille avait emprunté l'idée du sujet à Lope de Vega: les deux pièces n'offrent aucune ressemblance. Nous pensons plutôt que Corneille aura voulu, de propos délibéré, s'éloigner des auteurs espagnols, et qu'en lisant l'histoire romaine, pour laquelle il avait une prédilection marquée, il aura fait choix de l'épisode qui l'aura le plus frappé, pour donner un pendant au _Cid_. La phrase de _Tite-Live_ qu'il a prise pour épigraphe indique à elle seule cette tendance de son esprit. C'est de l'histoire romaine qu'il tire le sujet d'_Horace_; c'est à la même source qu'il emprunte successivement douze autres de ses pièces. Il vit, pour ainsi dire, dans le monde romain et trace de son passé les plus saisissants tableaux.
Mondory ayant quitté la scène peu de temps après les premières représentations du _Cid_, on suppose qu'_Horace_ fut donné sur le théâtre de l'Hôtel de Bourgogne. Ce qui est certain, c'est que deux acteurs de ce théâtre, _Floridor_ et _Beauchâteau_, le jouaient en 1657 (voy. le passage de d'Aubignac, cité par M. Marty-Laveaux, t. IIIe, p. 251). C'était _Mlle Beauchâteau_ qui remplissait le rôle de Camille, ainsi que nous l'apprend Molière dans l'_Impromptu de Versailles_ (1663). La troupe de Molière en donna, de son côté, quelques représentations. Le Registre de Lagrange en mentionne deux: le mardi 29 juillet 1659, avec une recette de 145 livres, et le mardi 9 décembre de la même année, avec une recette de 867 livres. C'est aux _Précieuses ridicules_, représentées en même temps que la pièce de Corneille, qu'était due l'affluence du public à cette représentation.
Le Répertoire dressé pour le Dauphin au commencement de l'année 1685 (voy. no 9) ne mentionne pas _Horace_. Peut-être cette pièce était-elle du nombre de celles qui devaient être inscrites dans les feuillets laissés en blanc dans ce volume.
Parmi les acteurs modernes qui se sont particulièrement distingués dans _Horace_, on doit citer _Monvel_ (m. en 1812), qui a laissé de grands souvenirs dans le rôle du vieil Horace, et _Mlle Rachel_, qui a joué 69 fois le rôle de Camille, dans lequel elle débuta au Théâtre-Français (12 juin 1838).
D'après le tableau déjà cité de M. Despois, la Comédie-Française a donné 624 représentations d'_Horace_, de 1680 à 1875, savoir sous Louis XIV: 123 à la ville et 22 à la cour;--sous Louis XV: 121 à la ville et 12 à la cour;--sous Louis XVI: 19 à la ville et 2 à la cour;--pendant la Révolution: 3;--sous le Directoire, le Consulat et l'Empire: 135 à la ville et 4 à la cour;--sous la Restauration: 58 à la ville;--sous Louis-Philippe: 66;--sous la République: 8;--sous le second Empire: 28;--sous la République: 3.
Vendu: 95 fr., exemplaire à relier, Huillard, 1870 (no 591).
16. HORACE, || Tragedie. || _A Paris, || Chez Augustin Courbé,_ _Libraire & Imprimeur || de Monsieur frere du Roy, dans la petite Salle || du Palais, à la Palme._ || M. DC. XXXXI [1641]. || Auec Priuilege du Roy. In-4 de 6 ff. et 103 pp.
Cette édition, dont la collation est la même que celle de l'édition qui précède, en diffère entièrement. Ce n'est pas un simple tirage avec des remaniements, mais une composition faite à nouveau. Nous avons eu la bonne fortune de trouver des exemplaires de l'une et de l'autre à la Bibliothèque de l'Institut (Q. 150.B). Voici comment on peut les distinguer.
Le frontispice de la véritable édition originale (éd. A), est d'un meilleur tirage; dans B, l'impression est moins noire et la planche paraît fatiguée. La marque de _Courbé_, qui se voit sur le titre, est au contraire plus noire dans B, mais on voit que le cuivre a été retravaillé. L'observation que nous avons faite pour le frontispice s'applique aussi aux fleurons, qui sont les mêmes, mais qui sont usés dans B. Quant aux caractères, ils sont très-différents; on peut surtout comparer la forme des z minuscules, des Q et des T majuscules. Le texte des deux éditions ne présente pas de véritables variantes; on relève toutefois dans B un certain nombre de fautes qui nous semblent indiquer que le libraire _Courbé_, voyant ses exemplaires in-4 sur le point d'être épuisés, aura fait faire une réimpression en toute hâte. Ainsi seulement peuvent s'expliquer les différences suivantes:
P. 5, 8e vers:
A: Ny d'obstacle aux vainqueurs, ni d'espoir aux vaincus, B: Ny d'obstacle_s_ aux vainqueurs, etc. (ce vers est imprimé en deux lignes);
P. 11, 13e vers:
A: Ie pris sur cet Oracle vne entiere asseurance, B: Ie pris cet Oracle, etc.
P. 17, 8e vers:
A: D'horreur pour la bataille & d'ardeur pour ce choix B: D'horreur pour la bataille, d'ardeur, etc.
Ces fautes sont nombreuses, et jamais ni Corneille, ni les personnes qu'il aurait pu charger de la révision des épreuves, ne les auraient commises, si l'impression ne s'était faite avec une grande précipitation. Sur un point seulement B est plus correct:
P. 10, 16e vers:
A: Et nous faisant amant, il nous fit ennemis, B: Et nous faisant amant_s_, etc.
C'est là une légère faute qui a pu échapper à Corneille, beaucoup plus facilement que des vers faux. Du reste, les typographes se sont astreints à reproduire l'original ligne pour ligne; ils ont même reproduit, dans B, des fautes bizarres, comme celle-ci, p. 10, 12e vers:
Vnissant nos maisons il des vnit nos Rois.
Nous donnons avec soin tous ces détails, au risque d'être accusé de minutie excessive; outre qu'ils ne sont pas sans intérêt pour les éditeurs de Corneille, ils peuvent exercer une certaine influence sur le prix des livres dans les ventes.
17. HORACE || Tragedie. || _A Paris, || Chez Augustin Courbé, Impr. || & Libraire de Monseigneur Frere Vnique || du Roy au Palais, à l'entrée de la || Gallerie des Prisonniers, à la Palme._ || M. DC. XXXXI [1641]. || Auec Priuilege du Roy. In-12 de 6 ff. prél., 106 pp., inexactement chiffrées, et 1 f. pour le privilége.
Collation des feuillets prélim.; frontispice gravé qui représente Romulus et Rémus, supportés par des attributs guerriers, et tenant un rideau sur lequel on lit: _Horace, tragedie_; une banderole enroulée autour des attributs contient ces mots: _Nec ferme res antiqua alia est nobilior titus liu' l-p^o_ [_sic_], enfin un bouclier porte le nom de Courbé, avec la date de 1641; titre imprimé; 4 ff. pour la dédicace et les noms des _Acteurs_.
Nous avons vu, à la librairie Caen, un exemplaire, où l'adresse du libraire était ainsi disposée: _A Paris, || Chez Augustin Courbé, || Impr. & Libraire de Monseigneur || Frere Vnique du Roy, au Palais, || à l'entrée de la Gallerie des || Prisonniers, à la Palme._
Le privilége, qui occupe le dernier feuillet, est le même que dans l'édition in-4, avec l'achevé d'imprimer du 15 janvier 1641.
La pagination est régulière jusqu'à la p. 96, dernière du cahier H; puis elle reprend, par erreur, à 79, et se continue ainsi jusqu'à la fin du cahier I (79-88). Cette erreur se trouve dans les deux catégories d'exemplaires.
La justification est de 105 mm. sur 58.
18. HORACE. || Tragedie. || _Imprimé à Roüen, & se vend || à Paris, || Chez Augustin Courbé, || au Palais, en la Gallerie des || Merciers, à la Palme._ || M. DC. XLVII. [1647] || Auec Priuilege du Roy. In-12 de 4 ff., 74 pp. et 1 f.
Au titre, un fleuron représentant un panier fleuri. La dédicace à Monseigneur le Cardinal Duc de Richelieu, occupe les 5 pp. suivantes. Au verso du 4e f., les noms des _Acteurs_. Le feuillet non chiffré qui suit les 74 pp. est occupé par le privilége reproduit in extenso. Ce privilége, daté du 11 décembre 1640, est donné à _Courbé_. A la fin: _Acheué d'imprimer le quinziéme Ianuier, mil six cens quarante-vn_.
Cette édition fait partie du recueil de 1647.
19. HORACE, || Tragedie. || Par P. Corneille. || _A Paris, || Au Palais. || Chez Guillaume de Luyne, dans la Salle des || Merciers sous la montée de la Cour des Aydes || à la Justice. || Estienne Loyson, au premier Pillier de || la grand'Salle proche les Consultations, || au Nom de Jesus. || Pierre Traboüillet, dans la Galerie des || Prisonniers, à l'Image S. Hubert, & à la Fortune || proche le Greffe des Eaux et Forests._ || M. DC. LXXXII [1682]. || Avec Privilege du Roy. In-12 de 2 ff et 64 pp., chiffr. de 77 à 140.
Extrait de l'édition du _Théâtre_ de 1682, précédé d'un feuillet de titre et d'un feuillet pour l'_Extrait du Privilége_.