IX
9. LE CID || Tragi-Comédie. || A Paris, || Chez Augustin Courbé, Im- || primeur & Libraire de Monseigneur || frere du Roy, dans la petite Salle du || Palais, à la Palme; [ou Chez François Targa, || au premier pillier de la grand'Salle du Palais, || devant la Chapelle, au Soleil d'or]. || M. DC. XXXVII [1637]. || Auec Priuilege du Roy. In-4 de 4 ff. et 128 pp.
Collation des feuillets prélim.: titre; 2 ff. pour la dédicace à Madame de Combalet; 1 f. pour l'Extrait du Privilége et les noms des Acteurs.
Le privilége, accordé à Courbé pour le Cid, en même temps que pour la Galerie du Palais, la Place Royalle et la Suivante (voy. ci-dessus), est daté du 21 janvier 1637 et garantit les droits de l'éditeur pendant vingt ans. Courbé déclare y associer Fr. Targa, «suivant le contract passé entr'eux pardevant les Notaires du Chastelet de Paris». L'achevé d'imprimer est du 23 mars 1637.
Dans certains exemplaires, dans un notamment qui fait partie de la collection Cousin, l'adresse du libraire Courbé est ainsi disposée: A Paris, || Chez Augustin Courbé, || Imprimeur & Libraire de Monseigneur || frere du Roy, dans la petite Salle || du Palais, à la Palme. L'Achevé d'imprimer y est, non plus du 23 mars, mais du 24 mars 1637.
La 3e stance récitée par Rodrigue à la fin du premier acte est ainsi conçue, dans les exemplaires de la première catégorie:
Pere, maistresse, honneur, amour, Illustre tyrannie, adorable contrainte, Par qui de ma raison la lumiere est esteinte, A mon aveuglement rendez un peu de jour.
Les autres exemplaires, avec l'achevé d'imprimer du 24 mars, portent:
Pere, maistresse, honneur, amour, Noble et dure contrainte, aymable tyrannie, Tous mes plaisirs sont morts ou ma gloire est ternie; L'un me rend mal-heureux, l'autre indigne du jour.
On trouve, dans les éditions in-12 citées ci-après, une troisième leçon très-différente.
Corneille avait déjà composé la tragédie de Médée, quand il emprunta aux auteurs espagnols le sujet du Cid. Ce fut, dit-on, à l'instigation de l'évêque de Chalon qu'il abandonna le théâtre de Sénèque pour suivre les traces de Guillen de Castro. Les Mocedades del Cid et les diverses romances du Cid donnèrent naissance à une tragédie qui excita, dès qu'elle parut, l'admiration universelle. Voltaire a cru découvrir, en 1764, que la pièce de Corneille avait été presque mot à mot traduite d'une pièce de Diamante, intitulée: El Honrador de su padre, mais il a été démontré depuis que Diamante n'avait fait que traduire la tragédie française vingt ans plus tard.
Si l'on en croit les frères Parfaict (Histoire du Théatre François, t. VI, p. 92), le Cid fut représenté vers la fin de novembre 1636. Il fut joué par Mondory et sa troupe, et les acteurs montrèrent tant de talent, que les adversaires du Cid leur attribuèrent tout le succès de la nouvelle tragédie.
«Il est malaisé, dit Pellisson (Relation concernant l'histoire de l'Académie françoise, 1653, in-8, pp. 186 sq.), il est malaisé de s'imaginer avec quelle approbation cette pièce fut reçue de la cour et du public. On ne se pouvoit lasser de la voir, on n'entendoit autre chose dans les compagnies, chacun en sçavoit quelque partie par coeur, on la faisoit apprendre aux enfants, et en plusieurs endroits de la France il estoit passé en proverbe de dire: Cela est beau comme le Cid.»
L'immense supériorité du Cid sur toutes les productions dramatiques qui l'avaient précédé excita la jalousie de tous les auteurs qui tenaient alors le premier rang dans l'estime publique. Les Mairet, les Claveret, les Scudéry, ces anciens amis de Corneille, se déchaînèrent contre lui avec une véritable fureur. Ils entassèrent libelle sur libelle, injure sur injure, sans parvenir à ternir la gloire du poëte, qui leur répondit en homme qui a la conscience de sa force et de son génie. Il eut pour lui le public et une puissante protectrice, Anne d'Autriche, qui vit avec bonheur sur la scène les héros de sa chère Espagne. La reine paralysa quelque peu les mauvaises dispositions de Richelieu, qui, dans sa jalousie contre le Cid, prenait plaisir à le voir jouer par des laquais et des marmitons. C'est très-vraisemblablement à son influence que Pierre Corneille le père dut les lettres de noblesse qu'il reçut en janvier 1637. Mme de Combalet, à qui fut dédiée l'édition originale du Cid, s'intéressa très-chaudement à l'auteur. C'était la nièce et, si l'on doit ajouter foi aux récits souvent suspects de Guy-Patin et de Tallemant des Réaux, plus que la nièce du cardinal. Son intervention eût pu calmer les jalousies excitées contre Corneille, s'il ne les avait imprudemment réveillées en faisant paraître son Excuse à Ariste.
Nous n'avons pas à étudier ni même à énumérer ici les pièces publiées dans la célèbre querelle du Cid; elles seront décrites ci-après dans notre chapitre XIX. Nous voulons seulement ajouter quelques mots sur les acteurs qui jouèrent à l'origine les rôles de la tragédie. M. Marty-Laveaux a fait à ce sujet de très-intéressantes recherches, dont nous pouvons profiter à notre tour. Mondory représenta Rodrigue pendant quelque temps, mais il fut frappé d'une attaque d'apoplexie qui lui enleva la parole. Mlle Villiers joua Chimène, ainsi que nous l'apprend Scudéry dans sa Lettre à l'Académie, p. 5. D'après M. Aimé-Martin, qui ne cite, il est vrai, aucun texte à l'appui de son dire, le personnage de don Diègue aurait été créé par d'Orgemont; ce qui est certain, c'est qu'il fut rempli ensuite par Le Baron, qui mourut en 1655. Le rôle de l'Infante, si souvent et si justement critiqué, fut joué par Mlle Beauchâteau et ne fut sans doute composé que pour elle. «Doña Urraque, dit Scudéry dans ses Observations sur le Cid, n'y est que pour faire jouer la Beauchâteau.» Corneille fait lui-même cet aveu, dans son Discours du poëme dramatique, quand il dit: «Aristote blasme fort les Episodes détachez, et dit que les mauvais Poëtes en font par ignorance, et les bons en faveur des Comédiens, pour leur donner de l'employ. L'Infante du Cid est de ce nombre, et on la pourra condamner ou luy faire grace par ce texte d'Aristote, suivant le rang qu'on voudra me donner parmy nos modernes.»
Un manuscrit conservé à la Bibliothèque nationale (Msc. fr., no 2509, ancien fonds de Versailles no 237) nous donne une liste complète des acteurs qui jouaient le Cid, à l'époque de la mort de Corneille. Ce manuscrit intitulé: Repertoire des Comedies françoises qui se peuvent jouer eu 1685, a été exécuté pour le Dauphin, dont la reliure porte les armes. Il contient la distribution complète de 73 pièces des deux Corneille, de Rotrou, de Du Ryer, Molière, Racine, etc., plus une liste de 28 «petites comedies», sans l'indication des acteurs. Ces pièces formaient le répertoire courant des comédiens du roi au commencement de l'année 1685 (il est probable que le manuscrit fut exécuté avant l'époque du carnaval).
Voici la distribution du Cid:
DAMOISELLES.
Chimene: Chanmeslé. Elvire: Guiot. L'Infante: le Comte. Leonor: Poisson.
HOMMES.
Rodrigue: Baron. D. Diegue: Chanmeslé, ou Guerin. Le Roy: le Comte, ou la Tuillerie. D. Sanche: de Villiers, ou la Torilliere. D. Arias: Hubert. D. Alonze: Beauval. Le Comte: La Tuillerie.
En 1728, un anonyme, que l'on a cru être Jean-Baptiste Rousseau, publia une édition remaniée du Cid, dans laquelle il avait supprimé le rôle de l'Infante, celui de Léonor et celui du page (voy. ci-après chap. XIV). Cette suppression fut dès lors admise au Théâtre-Français, où l'on s'avisa plus tard de retrancher la première scène entre Elvire et Chimène, et de commencer la pièce par la scène IIIe de l'original:
Enfin vous l'emportez, et la faveur du Roy Vous esleve en un rang qui n'estoit deub qu'à moy.
En 1737 et en 1741, on tenta de remettre le Cid au théâtre, dans son intégrité; le 1er juin 1806, Napoléon le fit jouer à Saint-Cloud, par Monvel (don Diègue), Talma (Rodrigue), Mlle Duchesnois (Chimène), Lafon (le Roi), Mlle Georges (l'Infante); mais, malgré une distribution aussi extraordinairement favorable, l'épreuve ne réussit pas. Le 22 janvier 1842, la première scène fut jouée dans son intégrité, pour une représentation de Mlle Rachel, mais ce n'est que le 4 octobre 1872 que la pièce a été jouée sans coupure, sur le Théâtre-Français, pour la première fois depuis plus d'un siècle. Les débuts de M. Mounet-Sully et de Mlle Rousseil ont été l'occasion de cette restitution.
Le Cid, ainsi que nous l'apprend Corneille dans sa Lettre apologétique, fut représenté trois fois au Louvre et deux fois à l'hôtel de Richelieu. Le Registre de Lagrange mentionne quatre représentations en 1659 et deux en 1679. A partir de cette époque, nous pouvons, en nous aidant du curieux travail de M. Despois (OEuvres de Racine, éd. Mesnard, t. VIII, pp. 608 sqq.), dresser un tableau des représentations du Cid, données par les Comédiens du Théâtre-Français, de 1680 à février 1875:
De 1680 à 1715 { à la ville: 219 } 242 { à la cour: 23 }
Règne de Louis XV (1715-1774) { à la ville: 177 } 190 { à la cour: 13 }
Règne de Louis XVI (1774-1789) { à la ville: 49 } 55 { à la cour: 6 }
Révolution (1789-1793) 17
Directoire, Consulat, Empire (1799-1814) { à la ville: 191 } 196 { à la cour: 5 }
Restauration (1814-1830) | à la ville: | 86 Règne de Louis-Philippe (1830-1848) | à la ville: | 75
Seconde République (1848-1851) 9
Second Empire (1851-1870) | à la ville: | 30
République (1870 à février 1875) 33 ---- Ensemble 933
L'édition in-4 du Cid est peu commune, et les beaux exemplaires en sont fort rares; nous en avons vu à la Bibliothèque nationale, à la Bibliothèque de l'Institut et à la Bibliothèque Cousin. La Bibliothèque publique de Niort en possède un dans sa première reliure, qui a appartenu à Marie de la Tour, duchesse de la Trémoille, dont la marque est collée sur l'une des gardes. Le même volume contient la Galerie du Palais et la Place Royalle. Le libraire Targa avait sans doute reçu un beaucoup moins grand nombre d'exemplaires que son confrère Courbé; aussi, les exemplaires qui portent son nom sont-ils particulièrement rares. Nous en avons trouvé un dans la Bibliothèque municipale de Versailles, avec l'achevé d'imprimer du 24 mars.
10. LE || CID || Tragicomedie. || A Paris, || Ches { François Targa } au Palais { Augustin Courbé } S. d. [1637]. In-12 de 4. ff. et 88 pp.
Il n'y a pas d'autre titre à cette édition qu'un frontispice gravé, représentant un cippe sur lequel sont assis deux amours qui tiennent un rideau. On lit sur ce rideau le titre de la pièce et au bas du cippe le nom des libraires. Dans le coin gauche du piédestal se lit la lettre ML, monogramme du graveur Michel Lasne. Le frontispice est suivi de 2 ff. pour la dédicace et 1 f. pour l'Extrait du Privilége et les noms des Acteurs.
Cette première édition in-12 du Cid est d'un très-petit format (la justification est de 94 millimètres sur 49), et imprimée en très-petits caractères. Il importe de ne pas la confondre avec l'édition décrite ci-après. Le texte présente plusieurs leçons qui diffèrent des éditions in-4; la principale est la correction faite à la 3e des stances de Rodrigue, laquelle commence ainsi:
Pere, maistresse, honneur, amour, Impitoyable loy, cruelle tyrannie, Tous mes plaisirs sont morts, ou ma gloire ternie: L'un me rend mal-heureux, l'autre indigne du jour.
Cette leçon se retrouve dans la seconde édition in-12 citée ci-après (no 12); mais dans les différents recueils de ses oeuvres, Corneille est revenu au texte des exemplaires de l'édition originale qui portent la date du 24 mars 1637.
L'extrait du privilége est le même que dans l'édition in-4; l'achevé d'imprimer est daté, en toutes lettres, du vingt-troisiesme Mars 1637. Cette date a pu faire croire que l'édition in-12 avait été tirée en même temps que la première édition in-4, qui porte la date du 23 mars, et non celle du 24; mais le passage des strophes de Rodrigue que nous avons rapporté ne permet pas de s'arrêter à cette supposition. Toutefois il est certain que l'édition in-12 dut paraître dans le courant de l'année 1637, puisque le texte en est reproduit dans deux éditions hollandaises datées de 1638.
Le prodigieux succès du Cid put seul donner l'idée d'en faire une édition in-12. Le format consacré pour les tragédies était l'in-4 ou, tout au moins, l'in-8. Les libraires voulurent fournir au public curieux qui discutait dans les ruelles les mérites de la pièce nouvelle un texte facile à transporter; les lecteurs s'habituèrent à ces éditions, dont l'usage était plus commode, en même temps que le prix en était moins élevé. Toutes les pièces de Molière, de Racine, de Boursault, etc., parurent dans le format in-12. Quant aux pièces de Corneille, tant qu'elles eurent de la vogue, il en fut fait en même temps deux éditions, dans les deux formats in-4 et in-12. Le jour où le public commença de s'en dégoûter, les libraires renoncèrent définitivement à l'in-4.
Vendu: 34 fr., mar. citr., sans indication de relieur, Solar, 1860 (no 1692).
11. LE CID || Tragi-Comedie. || A Paris, || Chez Augustin Courbé, Libraire & || Imprimeur de Monsieur frere du Roy, dans la || petite Salle du Palais, à la Palme; [ou Chez François Targa, au premier || pillier de la grand'Salle du Palais, deuant || la Chapelle, au Soleil d'or]. || M. DC. XXXIX [1639]. || Auec Priuilege du Roy. In-4 de 4 ff. et 110 pp., caract. ital.
Le titre est suivi de 2 ff., imprimés en caractères italiques, pour la dédicace à Madame de Combalet, et d'un f. pour l'Extrait du Privilége et le nom des Acteurs. Ces ff. prélim. sont semblables à ceux de l'édition de 1637, mais le texte en est moins serré. On ne pourra les confondre en s'en rapportant aux indications suivantes:
Page iij, dernière ligne:
1637: de six cens ans vient encor de triompher 1639: batailles après sa mort, & son nom au bout.
Page v, dernière ligne:
1637: quelque durée pour cet heureux effort de 1639: ma plume, ce n'est point pour apprendre.
L'achevé d'imprimer rappelé au bas de l'extrait du privilége est du 24 mars 1637. Le texte de la troisième strophe du Cid reproduit le texte des exemplaires de l'édition in-4 de 1637, que nous avons rangés dans la seconde catégorie.
12. LE || CID || Tragicomedie. || A Paris, || Ches { Augustin Courbé } au Palais { Pierre le Petit } S. d. [vers 1642]. In-12 de 4 ff. et 88 pp.
Dans cette édition, le frontispice, l'extrait du privilége et l'achevé d'imprimer sont en tout semblables à ceux de l'édition in-12 citée plus haut (no 10). Le texte est le même, et, comme la justification est celle que nous voyons d'ordinaire employée dans les éditions in-12 des pièces de Corneille (103 mm. sur 58), on serait tenté, au premier abord, de la considérer comme la vraie édition originale du Cid dans ce format, mais la mention de Pierre le Petit, au lieu de François Targa, sur le titre, ne nous permet pas de nous arrêter à cette supposition. En effet, ce libraire, qui mourut en 1686, ne commença d'exercer qu'en 1642, tandis que François Ier Targa fut libraire de 1612 à 1653, époque à laquelle son fils, François II, lui succéda.
Un fait qui vient confirmer notre opinion, c'est que le frontispice de Michel Lasne, qui se trouve dans les deux éditions in-12, avec le seul changement du nom des libraires, a précisément la justification du petit in-12.
Le nombre des ff. des deux éditions est identique, mais le contenu des pp. n'est pas toujours le même. On les distinguera sans peine, sans même avoir besoin de les mesurer, en comparant les premiers mots des pp. suivantes:
ÉDITION A: ÉDITION B:
f. 2, vo: cor de triompher... son corps porté dans... f. 3, ro: vous donnez tousiours... n'ont iamais le pouvoir... p. 5: L'amour est un tyran... Escoute, escoute enfin... p. 26: Et s'il peut m'obéir... Soit qu'il cede..., etc., etc.
Cette édition fait partie du recueil publié en 1647, sous le nom de Tome second des OEuvres de Corneille.
13. LE CID || Tragi-Comedie. || A Paris, Chez Augustin Courbé, Libraire & || Imprimeur de Monseigneur le Duc d'Orléans, || en la Salle des Merciers, à la Palme; [ou Chez la Veuue Iean Camusat, || et || Pierre le Petit, ruë Sainct Iacques, à la Toyson d'Or]. || M. DC. XXXXIV [1644]. || Auec Priuilege du Roy. In-4 de 4 ff. et 110 pp., caract. ital.
Cette édition est faite sur l'édition in-4 de 1639, et le texte en est le même. Cependant la dédicace à Madame de Combalet, qui occupe les 2e et 3e ff. prélim., est imprimée ici en lettres rondes et non en caractères italiques.
Le 4e feuillet prélim. contient l'extrait du privilége au recto et les noms des Acteurs au verso. Le privilége est le même que dans la 1re édition in-4, et l'on n'y trouve que les mêmes mentions, sans qu'il soit parlé de la Veuve Camusat ni de Pierre le Petit. L'achevé d'imprimer est du 24 mars 1637.
Le passage cité plus haut des strophes du Cid est ici conforme au texte de l'édition in-12. Les 110 pp. de texte reproduisent exactement l'édition de 1639. Voici pourtant l'indication de quelques légères différences:
page 13, 1er vers:
1639: Parlons en mieux, le Roy fait honneur à vostre aage, 1644: .... le Roy fait h[=o]neur à vostre âge.
page 15, 2e ligne:
1639: Scene V, 1644: Scene VII (faute d'impression).
page 33, 2e ligne:
1639: Scene VI (faute d'impression), 1644: Scene IV.
page 83, 1er vers:
1639: Par mon commandement, 1644: Par mon c[=o]mandement.
Une autre différence matérielle facile à saisir, c'est que, dans l'édition de 1639, le mot Tragicomédie, qui figure au titre courant, est écrit en un mot jusqu'à la p. 64, tandis que, dans l'édition de 1644, il est uniformément écrit en deux mots: Tragi-Comedie.
Les exemplaires de cette édition avec le nom de Courbé sont plus rares que les autres; nous en avons trouvé un à la bibliothèque Sainte-Geneviève (Y. 457. Rés.)
14. LE CID, || Tragedie. || Par P. Corneille. || A Paris, || Chez || Guillaume de Luyne, dans la Salle des || Merciers, sous la montée de la Cour des Aydes || à la Justice. || Estienne Loyson, au premier Pillier de || la grand'Salle proche les Consultations || au Nom de Jesus. || Pierre Traboüillet, dans la Galerie des || Prisonniers, à l'Image S. Hubert, & à la Fortune || proche le Greffe des Eaux & Forests. || M. DC. LXXXII [1682]. || Avec Privilege du Roy. In-12 de 2 ff. prél. pour le titre et le privilége, 74. pp. et 1 f. blanc, sign. A. D.
Édition publiée en vertu du privilége général accordé en 1679, à G. de Luyne et à ses associés. C'est un simple extrait de l'édition du Théatre de 1682, tiré sur les mêmes formes. L'achevé d'imprimer est du 14 avril 1682.