‹ Bibliographie Cornélienne Description raisonnée de toutes les éditions des oeuvres de Pierre CorneilleChapitre 136 sur 205 · XVI

XVI

973. RODOGUNE, PRINSESSE DER PARTHEN. Uit het Fransch van den Heer Corneille. _Te Amsterdam, by Aart Dirksz Oossaan, Boekverkooper op den Dam, op de hoek van de Beurs-straat, 1687._ Met Privilegie. In-12 de 4 ff. prél. et 80 pp.

Traduction en vers par François Ryk.

«Le titre est orné du fleuron de la Société littéraire _In Magnis voluisse sat est_ (voy. le no 966).

«La tragédie est précédée d'une épître dédicatoire et du texte du privilége accordé à la Société le 16 octobre 1687. Voici la traduction de l'épitre:

«A Madame Jacoba Victoria Bartolotti Van den Heuvel, épouse du très-honorable seigneur Koonraad Van Beuringen, ancien bourgmestre et conseiller de la ville d'Amsterdam.

«Madame, parmi les pièces de théâtre composées par la sieur Corneille, cet excellent auteur français, celle de _Rodogune, Princesse des Parthes_, n'est pas considérée par lui comme la moins bonne, soit par rapport aux incidents qui en forment le noeud, soit par rapport au tumulte des passions qui y sont développées. L'amour, l'ambition, la soif de la vengeance, l'affection inaltérable que se portent deux frères rivaux, jointe à une tendresse respectueuse pour une mère dénaturée, s'y montrent tour à tour, et sont propres non-seulement à exciter une attention soutenue chez le spectateur, mais à faire vibrer les cordes les plus sensibles de son âme; et c'est surtout à émouvoir que, suivant les connaisseurs, doit tendre la tragédie. On voit ici le crime puni de sa propre main, tandis que l'amour et la vertu, après avoir couru les plus grands dangers, finissent par triompher.

«La Muse française prend plaisir ici à marier aux cyprès funèbres le myrte cher aux amants, et toutes ces raisons, jointes à la majesté et à l'excellence du style dans lequel la pièce est écrite, ont engagé notre Société à l'offrir au théâtre dans notre langue.

«Comme Votre Seigneurie, depuis sa plus tendre jeunesse, a montré un goût singulier pour la poésie et le beau langage, nous avons osé lui dédier cette traduction, dans l'espoir que, dans sa bonté, elle ne la dédaignerait pas, mais voudrait bien l'accepter avec l'hommage respectueux de ceux qui se tiendront éternellement obligés à Votre Seigneurie, et se disent,

«Madame, de Votre Seigneurie, les très-humbles serviteurs.

«Sous la devise: «IN MAGNIS VOLUISSE SAT EST.»

«Frans ou François Rijk était un des membres les plus zélés de la Société _In Magnis voluisse_. Il traduisit différentes pièces de Corneille, de Racine et d'autres poëtes français. Quoique, parmi les traductions qu'il a faites, celle de _Rodogune_ ne soit pas la meilleure, la pièce obtint cependant beaucoup de succès au théâtre, et ce fut surtout lorsque, dans les dernières années du XVIIIe siècle et dans les premières du XIXe, Mme _Wattier_ fut chargée du rôle de Cléopâtre, que le public s'y porta avec enthousiasme. Après la retraite de cette tragédienne, la pièce disparut du répertoire.

«Koenraad ou Conrad Van Beuningen, mari de Jacqueline-Victoire Bartolotti Van Heuvel, avait été le bras droit du Grand Pensionnaire de Witt, et chargé par lui des négociations les plus délicates aux cours de Danemark, de France et d'Angleterre. Après la mort de de Witt, il continua de servir l'État dans divers postes éminents, jusqu'au jour où des symptômes d'aliénation mentale se découvrirent chez lui et forcèrent les magistrats à confier à sa femme la gestion de ses biens. Il mourut en 1693. Mme Van Beuningen, durant le séjour qu'elle fit à Paris de 1660 à 1666, avait probablement appris à connaître et à apprécier les pièces de Corneille, et ce fut cette circonstance surtout qui engagea la Société _In Magnis voluisse_ à lui dédier la traduction de _Rodogune_.» V. L.

Sur _Mme Wattier_, Van Lennep ajoute la note suivante:

«_Mme Wattier_, connue également sous le nom de _Ziesenis_, qui était celui de l'architecte distingué qu'elle avait épousé, débuta en 1780 au théâtre d'Amsterdam comme jeune première, dans la tragédie, la comédie et l'opéra-comique. Le 11 novembre 1793, elle remplaça la première tragédienne dans le rôle de Cléopâtre et obtint un immense succès. Sa réputation, depuis ce temps, ne fit que grandir, et ceux qui l'ont connue s'accordent à dire que, si dans son art elle a pu avoir des rivales, aucune d'elles ne l'a surpassée. Elle unissait à un port majestueux une beauté antique, des yeux étincelants de passion, une voix également propre à charmer et à faire frémir de terreur ceux qui l'écoutaient. Un vieil amateur nous racontait un jour qu'il avait joué dans _Rodogune_ avec Mme Wattier sur un théâtre de société. «Lorsque,» nous disait-il, «elle nous adressait ces mots: _Mes enfants, prenez place_, c'était bien le diable si vous aviez pu rester debout.» Napoléon, l'ayant vu jouer, la nomma sur-le-champ sociétaire de la Comédie française, titre qu'elle conserva jusqu'à la fin de 1818. Invitée par l'impératrice Joséphine à la Malmaison, elle y joua, avec Talma, deux scènes d'_Hamlet_, lui en français, elle en hollandais.»

974. RODOGUNE, PRINSESSE DER PARTHEN. Uit het Fransch van den Heer Corneille. _Te Amsteldam, by de Erven van J. Lescailje en Dirk Rank, op de Beurssluis, 1721._ Met Privilegie. Pet. in-8 de 4 ff. et 80 pp.

Cette édition est absolument calquée sur la précédente. Le titre porte le même fleuron que le no 936.

975. RODOGUNE, PRINSESSE DER PARTHEN. Uit het Fransch van den Heer Corneille. _Te Amsteldam, by Izaak Duim, Boekdrukker en Boekverkooper, bezuiden het Stadhuis, 1744._ Met Privilegie. Pet. in-8 de 4 ff. et 80 pp.

Troisième édition, restée inconnue à Van Lennep. La Bibliothèque nationale en possède un exemplaire.