XXV
1459. DEVX || DISSERTATIONS || CONCERNANT || LE POËME || DRAMATIQVE, || en forme de || Remarques: || Sur deux Tragedies de M. Corneille || intitulées || Sophonisbe & Sertorius: || Enuoyées à Madame la Duchesse || de R* || _A Paris, || Chez Iacques Du-Breuil_, _en || la Place de Sorbonne._ || M.DC.LXIII [1663]. || Auec Priuilege du Roy. Pet. in-12 d'un f. pour le titre, 104 et 1 f.
Cette pièce est de l'abbé d'Aubignac, qui s'exprime ainsi dans l'avis au lecteur placé au verso du titre: «Ne vous estonnez pas, mon cher lecteur, de rencontrer ces Remarques sur la _Sophonisbe_, jointes à celles qui ont esté faites sur le _Sertorius_, M. Corneille les a trouvées si belles, si raisonnables et si utiles, qu'il en a acheté du Libraire tous les Exemplaires qui luy restoient pour les distribuer à ses Amis, et faire sçavoir à tout le Monde combien il a l'esprit docile, et capable de corriger ses fautes quand on les luy fait connoistre. Ce n'est pas qu'il ait tiré de sa bourse de quoy satisfaire à son désir, et à la perfidie du Libraire, mais il lui a donné en échange un grand nombre d'autres Exemplaires de la traduction d'à-Kempis, qui luy demeuroient inutiles, mais qu'il estime d'un prix incomparable. Il n'est pas juste neantmoins qu'il jouysse seul de ce trésor, et qu'il s'enrichisse du bien d'autruy que l'on avoit donné liberalement au public; les honnestes Gens qui ont veu cet Ouvrage l'ont si hautement loué, que tous les autres en cherchent par tout avec beaucoup de soin. C'est donc pour les contenter que cette seconde Edition paroist au jour; elle ne leur déplaira pas, et ne doit pas déplaire à M. Corneille, car il ne doit pas estre jaloux que les autres s'instruisent en l'art du Theatre aussi bien que luy.»
Malgré l'assurance avec laquelle l'auteur des deux dissertations affirme qu'il avait d'abord publié une édition séparée de ses _Remarques sur Sophonisbe_, M. Taschereau a cru que cette édition n'avait jamais existé, et que d'Aubignac n'en parlait que pour ajouter une injure de plus à ses basses attaques contre Corneille. Nous avouons, quant à nous, qu'il nous est bien difficile de partager cette opinion. Il nous paraît assez probable que les _Remarques sur Sophonisbe_ auront été d'abord imprimées séparément, et que l'édition en aura été enlevée non par Corneille, mais par d'Aubignac lui-même ou par ses amis.
Le privilége, dont un extrait termine le volume, est accordé à M. L['Abbé] D['Aubignac], à la date du 15 janvier 1656, date qui permet aussi de supposer une édition antérieure. Il est précédé du _Sonnet_ suivant:
Ne reverrez vous point cét illustre sejour Où mille coeurs soûmis qui vous rendent hommage Ne souhaitent rien tant que le noble avantage De languir à vos pieds de respect et d'amour?
Vous devez vos beautez aux soûpirs de la Cour, Vous les devez encore à l'honneur de vostre âge, C'est trop les retenir dans un desert sauvage Où rien ne se plaindra de cét heureux retour.
Mais si vous ne sortez de cette nuit profonde Avec tous les plaisirs pour les rendre au beau monde, Vous ne reviendrez plus que visiter des morts.
Et je sçay que jamais, inhumaine Sylvie, Vous n'auriez la bonté par quelques doux transports D'en regarder un seul pour luy rendre la vie.
1460. DEFENCE || DV|| SERTORIVS || DE MONSIEVR || CORNEILLE.. Dédiée à Monseigneur de Guise. || _A Paris, || Chez Guillaume de Luyne, || Libraire-Iuré, au Palais, au bout de la || Salle des Merciers, à la Iustice_; [ou _Chez Claude Barbin, au Palais, vis à vis le portail de la Sainte Chapelle, au signe de la Croix_]. M.DC.LXIII [1663]. || Auec Priuilege du Roy. In-12 de 6 ff. et 131 pp.
Collation des ff. prélim.: titre, 3 ff. pour la dédicace à Monseigneur le Duc de Guise, 2 ff. pour le privilége.
Le privilége, daté du 8 avril 1683, est accordé pour sept ans à _Guillaume de Luyne_, qui déclare y associer _Claude Barbin_. L'achevé d'imprimer est du 23 juin 1663.
L'auteur de cette _Défense_ est Donneau de Visé, qui, avant de se faire le champion de Corneille, avait été le plus violent adversaire de sa _Sophonisbe_.