‹ Bibliographie Cornélienne Description raisonnée de toutes les éditions des oeuvres de Pierre CorneilleChapitre 33 sur 205 · I

I

91. LA || COMEDIE || DES || TVILERIES. || Par les cinq Autheurs. || _A Paris, || Chez Augustin Courbé, Imprimeur, & || Libraire de Monseigneur Frere du Roy, dans la || petite Salle du Palais, à la Palme._ || M. DC. XXXVIII [1638]. || Auec Priuilege du Roy. In-4 de 10 ff. et 140 pp.

Collation des feuillets prélim.: titre avec la marque de _Courbé_; 2 ff. pour l'épître «A Monseigneur le Chevalier d'Igby,» signée _J. Baudoin_; 3 pp. pour l'avis _Au Lecteur_; 2 pp. pour le _Privilége_; 1 p. pour les _Acteurs_; 4 ff. pour _Les Tuilleries, Monologue_.

Le privilége, accordé pour sept ans à _Courbé_, est daté du 28 mai 1638; l'achevé d'imprimer est du 19 juin de la même année.

La _Comédie des Tuileries_ est l'oeuvre collective des cinq auteurs que Richelieu avait entrepris de faire travailler sous sa direction: Boisrobert, Colletet, Corneille, L'Estoile et Rotrou. Pellisson (_Histoire de l'Academie Françoise_, Paris, 1653, in-8, p. 181) nous a donné quelques détails curieux sur cette collaboration à laquelle Richelieu avait recours pour achever une comédie en un mois. C'est par lui que nous connaissons la fameuse anecdote des cinquante pistoles données par le cardinal à Colletet pour les vers sur le canard, qui figurent dans le _Monologue des Tuileries_. Les cinq auteurs se répartirent les actes de la pièce dont Richelieu avait fait le plan. D'après une tradition très-probable, recueillie par Voltaire, le troisième acte de la tragédie serait échu à Corneille; on y trouve en effet plusieurs passages qui rappellent sa manière.

Nous connaissons la date exacte de la représentation des _Tuileries_. La _Gazette_ du 10 mars 1635 nous apprend que cette comédie avait été jouée devant la Reine le 4 mars précédent. Le numéro du 21 avril parle d'une autre représentation donnée pour le duc d'Orléans cinq jours auparavant.

L'auteur de la dédicace au chevalier d'Igby est J. Baudoin, académicien qui se fit un nom en signant les ouvrages des autres. Baudoin, qui présenta de même au public l'_Aveugle de Smyrne_, écrivit l'avis _Au Lecteur_, dans lequel on trouve un long éloge de la pièce: «Vous sçavez, y est-il dit, avec quelle magnificence elle a esté representée à la Cour, et que ceux qui l'ont veuë en ont tous admiré la conduitte, et les decorations de Theatre.... Vous sçaurez au reste qu'elle a esté faite par cinq différens Autheurs, qui pour n'étre pas nommez, ne laissent pas toutesfois d'avoir beaucoup de Nom; et les Ouvrages desquels sont assez connus d'ailleurs, pour vous faire advouer le merite de celuy-cy.»

Vendu: 30 fr., v. m., Huillard, 1870 (no 599).

92. LA || COMEDIE || DES || TVILERIES. || _S. l. n. d._ [_A Paris, Chez Augustin Courbé, 1638_], pet. in-12 de 7 ff. et 100 pp.

Collation des feuillets prélim.: frontispice gravé; 2 ff. pour la dédicace; 4 ff. pour l'avis _Au Lecteur_, le _Privilége_ et les _Acteurs_.

Le frontispice gravé, qui tient lieu de titre, représente une femme assise dans une allée des Tuileries et qui joue de la guitare; près d'elle se tient un gentilhomme en costume du temps. Au-dessus des deux personnages se trouve le titre reproduit ci-dessus; en bas, dans l'angle de gauche, le nom du graveur _Daret_.

Le premier feuillet de texte est signé par erreur _[=e]iij_, au lieu de _[=e]iiij_; il appartient au même cahier que les trois ff. précédents.

Le privilége et l'achevé d'imprimer sont les mêmes que dans l'impression en grand format.

Cette édition, à laquelle l'édition in-12 du _Cid_ (no 10) a servi de modèle, est d'un format très-petit (la justification varie entre 90 et 95 millim. en hauteur, sur 49 en largeur); elle est remarquablement imprimée. On dit que la composition fut faite avec des caractères d'argent qui servirent, en 1656, à l'impression de la Bible de Richelieu, mais cette tradition paraît pour le moins fort douteuse.

Nous donnons à cette édition la date de 1638, à cause de l'analogie qu'elle présente avec la petite édition du _Cid_, que nous avons rapportée à l'année 1637 (no 10), et parce qu'il nous paraît probable qu'elle a dû être exécutée en même temps que l'édition in-4. M. Brunet (_Manuel du Libraire_, 5e édition, t. IIe, col. 71) lui donne la date de 1648, mais il reproduit évidemment une faute d'impression qui se trouve dans le catalogue Soleinne (no 1129).

Vendu: 70 fr., mar. citr. (_Trautz-Bauzonnet_), Cat. Potier, 1859;--100 fr., même exemplaire, Chédeau, 1865 (no 714).