L’IMPOSTEUR
Ah ! c’est toi, enfin ! Voix douce qui m’enchante ! (Il s’approche.) Je te vois enfin ici, dans cette belle nuit, seule avec moi ! Mon Dieu, combien le jour fut long ! Comme le soleil tardait à descendre, et comme j’ai attendu en cette obscurité !
MARINA
Les heures fuient ; je dois me hâter. Je t’ai donné ce rendez-vous ici, non point pour écouter tes paroles tendres, les mots sont inutiles, je crois à ton amour. Mais écoute-moi : j’ai décidé d’unir ma destinée avec la tienne, incertaine et grosse d’orages. J’ai donc le droit, Dimitri, d’exiger de toi que tu m’ouvres franchement ton âme, afin que je connaisse tes desseins et tes appréhensions. Je pourrai ensuite prendre ta main et entrer dans le chemin de notre vie non point aveuglément, comme un petit enfant, non point en esclave docile à tes désirs, mais comme une digne épouse, compagne du tsar.