L’IMPOSTEUR (riant)
Je le prouverai sans retard. Amis, nous n’allons point attendre Chouïsky ; c’est demain que je compte sur vous pour la bataille.
(Il se retire.)
TOUS
Vive Dimitri !
UN POLONAIS
Livrer bataille, demain ? Ils sont cinquante mille, et c’est à peine si nous sommes quinze mille. Il est fou !
UN AUTRE
Quelle bêtise, ami ! Ne sais-tu pas qu’un Polonais vaut bien cinq cents Russes ?
LE PRISONNIER
Tiens tête toi-même ! Dès que la bataille commencera, un seul te mettra en fuite.
LE POLONAIS
Si tu avais une arme, insolent, je t’aurais fait voir…
(Il désigne son épée.)
LE PRISONNIER
Un Russe, à la rigueur, peut se passer d’épée ; veux-tu tâter de ceci, imbécile !
(Il lui montre le poing.)
(Le Polonais le regarde avec fierté et s’éloigne en silence, tous rient.)
UNE FORÊT