L’HÔTELIÈRE (entre)
Voici, mes pères : buvez en paix.
MISSAÏL
Merci, ma bonne ; que Dieu te bénisse ! (Les moines boivent. Varlaam entonne une chanson, puis, s’adressant à Grégori :) Pourquoi ne veux-tu ni chanter, ni boire ?
GRÉGORI
Je n’en ai pas envie.
MISSAÏL
La liberté aux hommes libres !
VARLAAM
Et le paradis aux hommes ivres, père Missaïl. Buvons ce verre à la santé de l’hôtelière
! (Il chante.) Père Missaïl, lorsque je bois,
je n’aime pas les gens sobres ; l’ivresse est une chose, l’orgueil en est une autre. Si tu veux vivre comme nous, sois le bienvenu ! Sinon, va-t’en ! Un bouffon n’est point le camarade d’un moine.
GRÉGORI
Père Varlaam, bois, mais garde ton avis pour toi ! Tu vois que, moi aussi, je peux bien parler.
VARLAAM
Et quelle opinion dois-je garder pour moi ?
MISSAÏL
Laisse-le donc, père Varlaam !
VARLAAM
Mais qu’est-ce qu’il veut, ce jeûneur ? Il s’est imposé à nous. Dieu sait qui il est, d’où il vient, et il fait encore l’orgueilleux !
(Il boit et chante.)
GRÉGORI (à l’hôtelière)
Où mène ce chemin ?