‹ Capitale de la douleur Répétitions; Mourir de ne pas mourir; Les petits justes; Nouveaux poèmesChapitre 7 sur 15 · L'AMOUREUSE

L'AMOUREUSE

Elle est debout sur mes paupières Et ses cheveux sont dans les miens, Elle a la forme de mes mains, Elle a la couleur de mes yeux, Elle s'engloutit dans mon ombre Comme une pierre sur le ciel.

Elle a toujours les yeux ouverts Et ne me laisse pas dormir. Ses rêves en pleine lumière Font s'évaporer les soleils, Me font rire, pleurer et rire, Parler sans avoir rien à dire.

LE SOURD ET L'AVEUGLE

Gagnerons-nous la mer avec des cloches Dans nos poches, avec le bruit de la mer Dans la mer, ou bien serons-nous les porteurs D'une eau plus pure et silencieuse?

L'eau se frottant les mains aiguise des couteaux Les guerriers ont trouvé leurs armes dans les flots Et le bruit de leurs coups est semblable à celui Des rochers défonçant dans la nuit les bateaux.

C'est la tempête et le tonnerre. Pourquoi pas le silence Du déluge, car nous avons en nous tout l'espace rêvé Pour le plus grand silence et nous respirerons Comme le vent des mers terribles, comme le vent

Qui rampe lentement sur tous les horizons.