‹ CénieChapitre 1 sur 6 · Épître

Épître

À MONSEIGNEUR

MONSEIGNEUR,

En dédiant Cénie à Votre Altesse Sérénissime, c’eſt lui faire hommage de ſon propre bienfait. Vous ſçavez, Monſeigneur, que le ſeul deſir de contribuer à vos amuſemens me fit reprendre un Ouvrage abandonné depuis pluſieurs années. Vous daignâtes en remarquer les défauts ; il devint moins informe. Vous avez pris ſur vous le danger de le rendre public ; le nom de Votre Altesse Sérénissime en a fait le ſuccès.

Ce n’eſt pas ſans une peine extrême, Monſeigneur, que je m’impoſe ſilence ſur le tribut de louanges que m’inſpireroit ma reconnoiſſance. Mais ſi l’on pardonne difficilement aux femmes de penſer & d’écrire ſur des matières qui ſont à leur portée, comment recevrait-on la peinture ébauchée que je pourrois faire des qualités éminentes qui font admirer à toute l’Europe la grandeur de votre ame ? Me conviendroit-il de parler des Villes priſes par votre courage & votre prudence, des Batailles gagnées par une valeur héréditaire aux Héros de votre ſang, dont vous rappellez ſans ceſſe le ſouvenir & l’image ? Non, Monſeigneur, il faut que je m’en tienne à l’admiration & au profond reſpect avec lequel je ſuis,

MONSEIGNEUR,

de Votre Altesse Sérénissime,

La très-humble & très-obéiſſante Servante,

d’Happoncourt de Grafigny.

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