‹ Cent BalladesChapitre 67 sur 100 · Ballade LXVII

Ballade LXVII

Chiere dame, certes je ne pourroie
Vous mercier assez souffisamment
Du noble don que vo doulz cuer envoie
4A moy, qui suis vostre serf ligement,
De me donner l’amour entierement
De vous que j’aim et desir a servir ;
7Hé Dieux me doint pouoir du desservir !
Or avez vous remply de toute joye
Mon povre cuer, et osté le tourment
Que par long temps pour vous souffert avoye ;
11Or m’avez vous mercy trop grandement.
Pensé avez de mon avancement
De moy vouloir de tous biens assouvir ;
14Hé Dieux me doint pouoir du desservir !

Or seray gay trop plus que ne souloie,
Et bien est drois que vive liement ;
Car tant me plaist que vostre amour soit moye
18Que, se le monde estoit mien quittement,
Mieulz vouldroie je perdre entierement
Que vostre amour, ou me vueil asservir ;
21Hé Dieux me doint pouoir du desservir !

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