‹ Cent BalladesChapitre 81 sur 100 · Ballade LXXXI

Ballade LXXXI

Ce jour de l’an que l’en doit estrener,
Trés chiere dame, entierement vous donne
Mon cuer, mon corps, quanque je puis finer ;
4A vo vouloir de tous poins abandonne
Moy, et mes biens vous ottroy, belle et bonne ;
Si vous envoy ce petit dyamant,
7Prenez en gré le don de vostre amant.
Je vous doy bien tout quanque j’ay donner ;
Car ou monde n’a nulle autre personne
Qui les me peüst tant guerredonner,
11Com vous, belle, qui la fin et la bonne
Estes, qui tous mes biens drece et ordonne ;
Si vueil estre tout vostre en vous amant,
14Prenez en gré le don de vostre amant.
Or vuellliez donc vo doulz cuer assener
A moy aussi ; ne soiez si felonne
Que me faciez jusqua la mort pener.
18Ostez le mal qui en mon cuer s’entonne.
Si porteray des amans la couronne ;
Mon cuer vous donne et le vostre demand,
21Prenez en gré le don de vostre amant.

Page 1