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II

Chicago surpassait, en 1871, avant l’incendie, New-York en mouvement. Des deux rivales de l’Ouest américain, elle était la plus ardente à marcher de l’avant. « En comparaison de Chicago, écrivait à cette époque un témoin oculaire, New-York est une ville immobile, stagnante. » Quand le baron de Mandat-Grancey la visita en 1884, elle avait déjà, en ces douze ou treize années, reprit tout son aspect florissant, et depuis lors sa prospérité n’a fait que grandir. La raison principale de cet essor merveilleux, c’est que Chicago est le principal point d’arrêt entre New-York et San-Francisco, et ainsi s’explique cette population énorme affluant dans les rues bordées de maisons hautes de quinze à dix-huit étages, cette tension sans relâche des esprits toujours à l’affût des inventions nouvelles, cette fièvre qui, dans ce milieu en ébullition constante, est devenue telle, que la physionomie de cette cité, peut-être unique, dédaignant d’être capitale, mais fière de se dire reine, tient à la fois du rêve et du cauchemar. Cette physionomie, M. de Mandat-Grancey l’a saisie avec un remarquable talent-d’observation. Les pages qu’on lira plus loin, et qui sont empruntées à un des volumes de ce charmant écrivain, causeur exquis et narrateur captivant, ne perdent rien comme actualité, quoiqu’elles datent d’un peu loin. Elles ont même l’avantage de nous présenter le tableau de Chicago à une époque où la foire universelle (World Fair) n’y battait pas son plein, époque semblable à celle du présent, et remettant sous les yeux la vraie Reine des Lacs avec ses embellissements acquis et ceux qu’elle projette.

Charles Simond.

chicago. — state street.

CHICAGO

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