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_Discours adressé par S. M. l'Empereur Nicolas au Corps municipal de la ville de Varsovie, le 10 octobre 1835[73]._
Je sais, Messieurs, que vous avez voulu me parler; je connais même le contenu de votre discours, et c'est pour vous épargner un mensonge, que je ne désire pas qu'il me soit prononcé.--Oui, Messieurs, c'est pour vous épargner un mensonge, car je sais que vos sentiments ne sont pas tels que vous voulez me les faire accroire.
Et comment y pourrais-je ajouter foi, quand vous m'avez tenu ce même langage la veille de la Révolution?--N'est-ce pas vous-mêmes qui me parliez, il y a cinq ans, il y a huit ans, de fidélité, de dévouement, et qui me faisiez les plus belles protestations? Quinze jours après, vous aviez violé vos serments, vous avez commis des actions horribles.
L'Empereur Alexandre, qui avait fait pour vous plus qu'un empereur de Russie n'aurait dû faire, a été payé de la plus noire ingratitude.
Vous n'avez jamais pu vous contenter de la position la plus avantageuse, et vous avez fini par briser vous-même votre bonheur.--Je vous dis ici la vérité, car je vous vois et je vous parle pour la première fois depuis les troubles.
Messieurs, il faut des actions et non pas des paroles, il faut que le repentir vienne du cœur; je vous parle sans m'échauffer; vous voyez que je suis calme; je n'ai pas de rancune et je vous ferai du bien malgré vous.
[73] Nous reproduisons cette pièce d'après le _Journal des Débats_ du 11 novembre 1835.
Le Maréchal, que voici, remplit mes intentions, me seconde, dans mes vues, et pense aussi à votre bien-être.
(A ces mots, les membres de la députation saluent le Maréchal.)
Eh bien, Messieurs, que signifient ces saluts? Avant tout, il faut remplir ses devoirs, il faut se conduire en honnêtes gens.--Vous avez, Messieurs, à choisir entre deux partis: ou persister dans vos illusions d'une Pologne indépendante, ou vivre tranquillement, en sujets fidèles, sous mon gouvernement.
Si vous vous obstinez à conserver vos rêves de nationalité distincte, de Pologne indépendante et de toutes ces chimères, vous ne pouvez qu'attirer sur vous de grands malheurs. J'ai fait élever ici la citadelle, et je vous déclare qu'à la moindre émeute, je ferai foudroyer la ville, je détruirai Varsovie, et, certes, ce n'est pas moi qui la rebâtirai.
Il m'est bien pénible de vous parler ainsi; il est bien pénible à un souverain de traiter ainsi ses sujets, mais je vous le dis pour votre bien.--C'est à vous, Messieurs, de mériter l'oubli du passé; ce n'est que par votre conduite, et par votre dévouement à mon gouvernement que vous pouvez y parvenir.
Je sais qu'il y a des correspondances avec l'étranger, qu'on envoie ici de mauvais écrits et que l'on tâche de pervertir les esprits; mais la meilleure police du monde, avec une frontière comme vous en avez une, ne peut empêcher les relations clandestines; c'est à vous-mêmes à faire le police, à écarter le mal.
C'est en élevant bien vos enfants, en leur inculquant des principes de religion et de fidélité à leur souverain, que vous pouvez rester dans le bon chemin.
Et au milieu de tous ces troubles qui agitent l'Europe, et de toutes ces doctrines qui ébranlent l'édifice social, il n'y a que la Russie qui reste forte et intacte.
Croyez-moi, Messieurs, c'est un vrai bonheur d'appartenir à ce pays et de jouir de sa protection.--Si vous vous conduisez bien, si vous remplissez tous vos devoirs, ma sollicitude paternelle s'étendra sur vous tous, et, malgré tout ce qui s'est passé, mon gouvernement pensera toujours à votre bien-être.
Rappelez-vous bien ce que je vous ai dit!
INDEX BIOGRAPHIQUE
DES NOMS DES PERSONNAGES MENTIONNÉS DANS CETTE CHRONIQUE
A
ABERCROMBY (George-Ralph), 1800-1852. Colonel dans l'armée anglaise, il fut aussi membre du Parlement et lord-lieutenant. Il fit partie du cabinet de lord Grey.
ABERDEEN (George-Hamilton-Gordon, lord), 1784-1860. Il servit avec distinction dans la diplomatie anglaise; fit partie de plusieurs ministères, et, en 1852, fut appelé aux fonctions de premier ministre qu'il exerça pendant trois ans.
ABERGAVENNY (Henry, comte), 1755-1843. Il épousa, en 1781, Marie, fille unique de lord Robinson. Le nom de famille est Neville.
ABRANTÈS (Laure de Saint-Martin-Permon, duchesse D'), 1784-1838. Par sa mère, elle descendait de la famille impériale des Comnènes. Née à Montpellier, elle épousa le général Junot à son retour d'Égypte, le suivit dans ses campagnes, étudia et observa beaucoup, et après la mort de son mari en 1813, se voua à l'éducation de ses enfants. Elle composa plusieurs romans, plus faits pour les cabinets de lecture que pour les bibliothèques.
ADÉLAÏDE D'ORLÉANS (Madame), 1777-1847. Sœur cadette du roi Louis-Philippe, dont elle fut constamment l'amie dévouée. Cette princesse exerçait sur l'esprit de son frère un grand ascendant, on la surnommait son _Egérie_. Femme de tête, elle contribua, sous la Restauration, à rallier autour de Louis-Philippe les hommes les plus distingués du parti libéral, et, en 1830, à le décider à accepter la couronne. Elle ne se maria pas et laissa son immense fortune à ses neveux.
ADÉLAÏDE (la reine), 1792-1849. Fille du duc de Saxe-Meiningen, elle épousa en 1818 le duc de Clarence qui monta sur le trône d'Angleterre sous le nom de Guillaume IV.
AGOULT (la vicomtesse D'), Anne-Henriette-Charlotte de Choisy, morte en 1841. Dame d'atour de Madame la Dauphine, qu'elle suivit dans son exil, elle mourut à Goritz. Elle avait épousé le vicomte Antoine-Jean d'Agoult qui mourut en 1828. Il fut grand-croix de l'ordre de Saint-Louis, gouverneur de Saint-Cloud, pair de France en 1823 et chevalier du Saint-Esprit en 1825.
ALAVA (don Ricardo DE), 1780-1843. Lieutenant-général de l'armée espagnole. Il fut, en même temps que le prince d'Orange, aide de camp du duc de Wellington pendant la guerre et contracta alors avec le futur roi des Pays-Bas une vive amitié. Il fut ministre plénipotentiaire d'Espagne en Hollande, à Londres et à Paris, après la mort de Ferdinand VII. En 1834, il fut fait sénateur par la reine régente Marie-Christine. Après l'insurrection de La Granja, il se retira des affaires et vint se fixer en France où il mourut.
ALBANY (la comtesse D'), 1753-1824. Caroline de Stolberg avait épousé en 1773 le prétendant Charles-Edouard, qui avait pris le titre de comte d'Albany. Elle s'en sépara en 1780 et vécut avec le poète Alfieri à qui elle avait inspiré une grande passion, et qui l'épousa secrètement, après la mort du comte d'Albany. Après qu'Alfieri fut mort, la comtesse se retira à Florence, où elle se lia avec le peintre français Fabre.
ALCUDIA (le comte D'). Homme d'État espagnol. Membre du ministère Calomarde du vivant de Ferdinand VII, il remplaçait aux Affaires étrangères le ministre Salmon; mais il fut toujours un personnage secondaire, et perdit son poste à la mort de Calomarde.
ALDBOROUGH (lady), Cornélie, fille aînée de Charles Landry, épousa en 1804 lord Aldborough.
ALEXANDRE LE GRAND. Roi de Macédoine. 356-323 avant Jésus-Christ.
ALEXANDRE Ier. Empereur de Russie, 1777-1825. Fils aîné et successeur de l'empereur Paul Ier, il eut à soutenir de grandes luttes contre Napoléon Ier.
ALFIERI (le comte Victor), 1749-1803, grand poète tragique italien; resté orphelin très jeune, son éducation fut très négligée, mais à l'âge de vingt-cinq ans, il se fit en lui une métamorphose subite. Pour plaire à la comtesse d'Albany, qui lui avait inspiré le goût des lettres et de la poésie, il se jeta dans les études les plus sérieuses, créa un système de composition poétique nouveau et écrivit, en prose, des ouvrages qui devaient le placer à côté de Machiavel.
ALLEN (George), 1770-1843. Médecin et érudit anglais, qui laissa des ouvrages historiques, métaphysiques et physiologiques nombreux. Très lié avec lord Holland, Allen vivait chez lui.
ALTHORP (John-Charles-Spencer, lord), 1782-1845. Homme d'État anglais, il fut nommé chancelier de l'Échiquier, après avoir été ministre de l'Intérieur et lord de l'Amirauté. Médiocrement doué au point de vue de l'éloquence et des capacités financières, il fut un ministre laborieux, consciencieux, et d'une honnêteté politique proverbiale.
ALVANLEY (lord), 1787-1849. Fils de Richard Pepper-Arden, ministre de la Justice, créé en 1801 lord Alvanley, il eut un duel avec Morgan, fils d'O'Connell.
AMÉLIE D'ANGLETERRE (la princesse), 1783-1810. Elle était la dernière des quatorze enfants du roi George III d'Angleterre, la favorite et la compagne de son père. Elle mourut à vingt-sept ans sans s'être mariée.
AMPÈRE (Jean-Jacques), 1800-1864. Professeur au Collège de France, littérateur distingué, membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres et de l'Académie française.
ANNE D'AUTRICHE. Reine de France. 1602-1666. Fille aînée de Philippe II, roi d'Espagne, elle épousa Louis XIII, roi de France, et, à sa mort, devint régente pendant la minorité de son fils Louis XIV.
ANNE PAULOWNA. Reine des Pays-Bas, 1795-1865. Elle était une des filles de l'empereur Paul de Russie et épousa en 1816 le roi Guillaume II des Pays-Bas.
ANNE STUART. Reine d'Angleterre. 1665-1714. Fille de Jacques II. Elle lutta contre Louis XIV et réunit l'Écosse à l'Angleterre.
ANTROBUS (lady), 1800-1885. Anne, fille unique de Hugh Lindsay, épouse de sir Edmond Antrobus.
APPONYI (la comtesse), 1798-1874. Elle était fille du comte Nogarola; elle épousa en 1818 le comte Antoine Apponyi, qui fut pendant de longues années ambassadeur d'Autriche à Paris.
ARBUTHNOT (Mrs), morte en 1834. Mrs Arbuthnot et son mari Charles Arbuthnot, surnommé _Gosch_ dans le monde, étaient les amis les plus intimes du duc de Wellington, chez lequel ils vivaient, et très répandus dans la haute société de Londres.
ARENBERG (la duchesse D'), née en 1730. Louise-Marguerite, fille unique et héritière du dernier comte de la Mark, épousa, en 1748, le duc Charles d'Arenberg.
ARENBERG (le duc D'), Prosper-Louis, 1785-1861. Il avait épousé une princesse Lobkowitz en 1819.
ARENBERG (le prince Pierre D'), 1790-1877. Il épousa en premières noces, en 1829, Mlle de Talleyrand-Périgord, qui mourut en 1842; en 1860, il se remaria avec la fille du comte Kannitz-Rietberg, veuve du comte Antoine Starhemberg.
ARENBERG (la princesse Pierre D'). 1808-1842. Alix-Marie-Charlotte, fille du duc et de la duchesse de Périgord.
ARGENSON (le comte Voyer D'), 1771-1842. Petit-fils de Marc-Pierre d'Argenson, ministre de la guerre sous Louis XV. Il était entré au service militaire en 1791. En 1809, il fut préfet du département des Deux-Nèthes (Anvers). Député sous la Restauration et le gouvernement de Juillet, il se fit remarquer par ses opinions libérales. Il avait épousé la veuve du prince Victor de Broglie, mère du duc Victor.
ARNAULT (Antoine-Vincent), 1766-1834. Poète tragique et fabuliste français. Il s'attacha de bonne heure à Bonaparte, qu'il accompagna en Égypte et qui le nomma gouverneur des îles Ioniennes; puis, il travailla à l'organisation de l'Instruction publique. Il fut admis à l'Institut dès 1799 et devint en 1833 secrétaire perpétuel de l'Académie française.
ASHLEY (sir Antoine), 1801-1881. Homme politique et philanthrope anglais. En 1830, il épousa lady Emilie Cooper et, en 1851, à la mort de son père, devint _lord Shaftesbury_. En 1826, il était entré à la Chambre des communes, et fit partie de plusieurs ministères.
ATHALIN (le baron Louis-Marie), 1784-1856. Général du génie en France, il fit avec distinction les campagnes de l'Empire, reçut le titre de baron après la bataille de Dresde et devint, sous la Restauration, aide de camp du duc d'Orléans. Il fut chargé de plusieurs missions diplomatiques et nommé pair de France quand Louis-Philippe monta sur le trône. Après 1848, il rentra dans la vie privée.
AUBUSSON DE LA FEUILLADE (Pierre-Hector-Raymond, comte D'), 1765-1848. Sous le premier empire, il fut chambellan de l'impératrice Joséphine, puis ministre plénipotentiaire et ambassadeur. Il fut nommé pair par l'empereur aux Cent-Jours. La seconde Restauration l'éloigna: il ne rentra à la Chambre des pairs qu'en novembre 1831. Il était père de la duchesse de Lévis; il fut le dernier de son nom, ayant perdu en 1842 son fils, devenu fou.
AUGEREAU (Pierre-François-Charles), 1757-1816. Maréchal de France sous le premier empire, duc de Castiglione, il se signala dans plusieurs campagnes. Il exécuta le coup d'État du 18 fructidor.
AUGUSTE D'ANGLETERRE (la princesse), fille du roi George III; elle ne se maria jamais.
AUTRICHE (l'empereur D'), Ferdinand Ier, 1793-1875. Fils de François II, il monta sur le trône en 1835. Son incapacité et sa mauvaise santé l'obligèrent à laisser le gouvernement à une régence dirigée surtout par le prince de Metternich. Il abdiqua, en 1848, en faveur de son neveu François-Joseph Ier.
AUTRICHE (l'archiduc Louis-Joseph D'), 1784-1864, fils de l'empereur Léopold II et de l'impératrice Marie-Louise, fille du roi Charles III d'Espagne. Il fut directeur général de l'artillerie.
AUTRICHE (l'archiduchesse Sophie D'), 1805-1872. Fille de Maximilien Ier, roi de Bavière, elle épousa en 1824 l'archiduc François-Charles et fut la mère de l'empereur François-Joseph Ier.
B
BACKHOUSE (John), mort en 1845. Homme d'État et écrivain anglais. Il fut, pendant quelques années, secrétaire particulier de Canning. Il a été deux fois sous-secrétaire aux Affaires étrangères.
BACOURT (Adolphe-Fourrier DE), 1801-1865. Diplomate français, pair de France. Il fut envoyé à Londres auprès du prince de Talleyrand qui y était ambassadeur du roi Louis-Philippe. Il fut ensuite ministre à Carlsruhe, à Washington et ambassadeur à Turin. Il démissionna en 1848.
BAILLOT. Jeune officier, fils unique; tué à Paris dans l'émeute du 13 avril 1834 par un coup de pistolet, à bout portant, pendant qu'il portait un ordre du maréchal Lobau.
BALBI (la comtesse DE), 1753-1839. Elle était fille du marquis de Caumont-La Force et avait épousé un Génois, le comte de Balbi. Dame d'honneur de la comtesse de Provence, elle fut honorée de l'amitié du comte de Provence (plus tard Louis XVIII).
BARANTE (le baron DE), 1782-1866. Il fut successivement auditeur au Conseil d'État, chargé de missions diplomatiques, préfet de la Vendée, puis de Nantes, député, pair de France et ambassadeur à Saint-Pétersbourg. Comme historien, il obtint les plus grands succès et entra à l'Académie.
BARRINGTON (Charles). Jeune Anglais, de l'intimité de lord Holland vers 1832.
BARROT (Odilon), 1781-1873. Homme politique français. Il commença sa carrière dans le droit et prit une part active à la révolution de 1830. Sous le règne de Louis-Philippe, il fut le chef de la gauche dynastique.
BARTHE (Félix), 1795-1863. Magistrat et homme d'État français. Affilié aux _carbonari_, il fut un ennemi véhément de la Restauration. Député en 1830, il fut ensuite ministre de l'Instruction publique, garde des Sceaux, président de la Cour des comptes. En 1834, il fut nommé pair. Dans le Cabinet Molé, il fut ministre de la Justice. En 1852, il fut appelé au Sénat.
BARTHOLONY (François), 1796-1881. Riche financier genévois, un des fondateurs de la Compagnie de chemins de fer d'Orléans; il prit une part active à la création du Crédit foncier de France.
BASTARD D'ETANG (le comte), 1794-1844. Magistrat et homme politique français. Conseiller à la Cour en 1810, il fut appelé en 1819 à la Chambre des pairs. Il instruisit avec intégrité le procès de Louvel, montra beaucoup d'indépendance politique, et après 1830 fut un des membres chargés de l'instruction du procès des ministres de Charles X.
BASSANO (Hughes-Bernard Maret, duc DE), 1763-1839. Commença par être avocat, et en 1789, publia les bulletins de l'Assemblée nationale, fondant ainsi le _Moniteur universel_. Bonaparte le nomma, après le 18 Brumaire, secrétaire général des consuls, puis ministre. Il accompagna toujours l'empereur, fut nommé en 1811 duc de Bassano, et ministre des Affaires étrangères. Nommé pair de France en 1831 par le roi Louis-Philippe, il fut un instant ministre de l'Intérieur et président du Conseil en 1834.
BASSANO (duchesse DE), Mme Maret, femme du duc de Bassano, fut dame d'honneur des impératrices Joséphine et Marie-Louise.
BATHURST (Henry, comte), 1762-1834. Homme d'État anglais, un des plus éminents du parti Tory. Il fut ministre des Affaires étrangères, de la Guerre, du Commerce, des Colonies, président du Conseil formé par le duc de Wellington dont il était l'ami intime, et se montra l'ennemi acharné de Napoléon Ier qu'il fit reléguer à Sainte-Hélène.
BATTHYÁNY (la comtesse), 1798-1840. Elle était née baronne d'Ahrenfeldt et avait épousé le feld-maréchal comte Bubna. Devenue veuve en 1825, elle se remaria en 1828 avec le comte Gustave Batthyány Strattman.
BAUDRAND (Marie-Étienne-François, comte DE), 1774-1848. Général français, servit sous la République, dans les armées du Rhin et d'Italie, prit part comme chef d'état-major à la bataille du Mont Saint-Jean, devint pair de France sous Louis-Philippe, aide de camp du duc d'Orléans au siège d'Anvers en 1832 et, en 1837, gouverneur du comte de Paris.
BEAUHARNAIS (Eugène DE), 1781-1824. Fils du général de Beauharnais et de Joséphine Tascher de la Pagerie, plus tard impératrice par son second mariage avec Bonaparte, Eugène de Beauharnais prit une part active aux guerres de l'empire; en 1805, il fut nommé vice-roi d'Italie et en 1806 il épousa la princesse Auguste, fille du roi de Bavière. Après la chute de Napoléon, il se retira en Bavière, avec le titre de duc de Leuchtenberg.
BEAUHARNAIS (Hortense DE), 1783-1837. Fille de l'impératrice Joséphine, elle épousa, en 1802, Louis Bonaparte, roi de Hollande, et fut mère de Napoléon III. La Restauration lui donna une pension et le titre de duchesse de Saint-Leu.
BEAUHARNAIS (Stéphanie DE), 1789-1860. Fille de Claude de Beauharnais, chambellan de l'impératrice Marie-Louise, elle avait épousé en 1806 le grand-duc Charles-Louis-Frédéric de Bade, dont elle devint veuve en 1818.
BEAUVEAU (la maréchale, princesse DE), 1720-1807. Marie-Charlotte de Rohan-Chabot avait d'abord épousé en 1749 J.-B. de Clermont d'Amboise; devenue veuve, elle se remaria en 1764 avec le prince de Beauveau.
BEAUVILLIERS (la duchesse DE), 1774-1824. Elle était la septième fille du duc de Mortemart, et de son premier mariage avec Mlle d'Harcourt. Elle épousa le duc François de Beauvilliers de Saint-Aignan, pair de France.
BEDFORD (John, duc DE), 1766-1839. Il épousa d'abord une fille du vicomte de Torrington, et en secondes noces, une fille du duc de Gordon. Son troisième fils fut lord John Russell.
BEDFORD (la duchesse DE), morte en 1853. Fille d'Alexandre, duc de Gordon, elle épousa en 1803 le duc de Bedford.
BEÏRA (la duchesse DE), 1793-1874. Marie-Thérèse, infante de Portugal, devint veuve en 1813 de don Pedro-Charles, infant d'Espagne, se remaria à l'infant don Carlos d'Espagne en 1828 et en devint veuve en 1855.
BELFAST (lady), 1799-1860. Anne-Henriette, fille aînée de Richard, comte de Glengall, épousa en 1822 le baron de Belfast.
BELGES (la reine des), Louise, princesse d'Orléans, 1812-1850. Seconde femme du roi Léopold Ier de Belgique et fille de Louis-Philippe, roi des Français.
BENKENDORFF (Alexandre, comte), 1784-1844, officier russe. Lors de la rébellion de 1825, il se montra dévoué à l'empereur Nicolas, qui le prit comme aide de camp, le fit comte et sénateur. Il était frère de la princesse de Lieven.
BÉRANGER (Mme DE), morte en 1826. Mlle de Lannois épousa en 1793 le duc de Châtillon-Montmorency. Devenue veuve, elle se remaria en 1806 avec le comte du Gua de Béranger.
BÉRANGER (Mlle Élisabeth DE), fille du second mariage de la duchesse de Châtillon, elle épousa le comte Charles de Vogüé, frère du marquis.
BERGAMI (Barthélemy). Postillon italien des écuries de la Reine Caroline, épouse de George IV d'Angleterre; la reine l'éleva au rang de chambellan, après qu'elle eut quitté l'Angleterre et se fut réfugiée en Italie. Il était très beau. Il avait deux frères, Balloti et Louis. La Princesse donna l'intendance de sa maison à celui-ci et chargea l'autre de sa caisse; leur sœur, qui avait épousé un comte Oldi, devint sa dame d'honneur.
BERGERON (Louis), né en 1811. Journaliste français. Après 1830, il se jeta dans le mouvement républicain et fut accusé, en novembre 1832, d'avoir tiré sur Louis-Philippe; il fut acquitté, mais en 1840, ayant souffleté en plein Opéra M. de Girardin pour une question de polémique, il fut condamné à trois ans de prison.
BERRY (le duc DE), 1778-1820. Second fils du comte d'Artois (Charles X), il suivit sa famille dans l'émigration et revint en France en 1814. En 1816 il épousa la princesse Caroline de Naples. Il fut assassiné à Paris, le 13 février 1820, par Louvel, qui voulait éteindre en lui la race des Bourbons, mais il laissa un fils posthume, le duc de Bordeaux.
BERRY (la duchesse DE), 1798-1870. La princesse Caroline, fille de François Ier, roi des Deux-Siciles; elle épousa, en 1816, le duc de Berry, second fils de Charles X, et fut la mère du duc de Bordeaux.
BERRYER (Antoine), 1790-1868. Avocat de premier ordre, orateur du parti légitimiste, il fut plusieurs fois député et entra à l'Académie en 1855. Il avait épousé, à vingt ans, Mlle Caroline Gauthier. Ses dernières années se passèrent dans la retraite, dans sa terre d'Augerville.
BÉRULLE (le cardinal Pierre DE), 1575-1629. Aussi distingué par son caractère doux et conciliant que par sa fermeté religieuse et l'étendue de son savoir, il seconda puissamment le cardinal du Peyron dans ses controverses avec les protestants. Il établit en France l'ordre des Carmélites et fonda la congrégation de l'Oratoire.
BERTIN DE VEAUX. 1766-1842. Né à Essonnes; il fonda en 1799 le _Journal des Débats_ avec son frère. Il fut conseiller d'État, député et vice-président de la Chambre, ministre à La Haye et pair de France.
BIGNON (Louis-Pierre-Édouard, baron), 1771-1841. Diplomate français, il fut secrétaire de légation en Suisse, en Sardaigne, en Prusse; ministre à Cassel, à Carlsruhe; administrateur en Pologne et en Autriche sous le premier empire; il fut député en 1817 et pair de France en 1837.
BIRON (Armand-Louis, duc DE), 1747-1793. Connu sous le nom de Lauzun. Il fit la guerre de l'Indépendance en Amérique. En 1792, il fut nommé général en chef des armées du Rhin. Accusé de trahison par le comité du Salut public et traduit devant le tribunal révolutionnaire il fut condamné à mort et exécuté.
BIRON-COURLANDE (la princesse Antoinette DE), 1813-1881, épousa le comte de Lazareff, colonel russe.
BJOERSTJERNA (Magnus-Frédéric-Ferdinand), 1779-1847. Après la bataille d'Eckmühl, il fut envoyé en mission auprès de Napoléon Ier; il fut, plus tard, ministre plénipotentiaire à Londres.
BLACAS (Pierre-Louis-Jean, duc DE), 1770-1839. Il s'attacha à la personne de Louis XVIII pendant son exil, et, à la Restauration, il fut nommé ministre de la maison du roi. En 1815, il entra à la Chambre des pairs et fut envoyé à Naples pour négocier le mariage du duc de Berry avec la princesse Caroline, et à Rome pour conclure un concordat qui n'a jamais été appliqué.
BOIGNE (la comtesse DE), 1780-1866. Adèle d'Osmond épousa en 1798, pendant l'émigration, le comte de Boigne, qui, après une vie d'aventures, était revenu fort riche des Indes. De 1814 à 1859, le salon de Mme de Boigne fut, à Paris, l'un des plus importants du monde aristocratique, diplomatique et politique. Le duc Pasquier en était le plus fidèle habitué.
BOISMILON (Jacques-Dominique DE), 1795-1871. Professeur français. Il fut choisi comme secrétaire du duc d'Orléans; plus tard, il fut attaché au comte de Paris et promu officier de la Légion d'honneur en 1845.
BOISSY (Mlle Rouillé DE). Sœur du marquis de Boissy, pair de France, elle avait épousé le comte Pierre d'Aubusson qui devint fou, et dont elle devint veuve en 1842. Elle mourut elle-même en 1855.
BOLIVAR (Simon), 1783-1830. Le libérateur de l'Amérique. Il affranchit le Venezuela et la Nouvelle-Grenade, qu'il unit, sous le nom de Colombie, en une seule République.
BONAPARTE (le général), voir à $1er.
BONAPARTE (Jérôme), 1784-1860. Roi de Westphalie. Il était le plus jeune frère de Napoléon Ier. Dans sa jeunesse, il avait épousé miss Paterson dont l'Empereur le força à divorcer pour épouser la princesse Catherine de Würtemberg.
BONAPARTE (Lucien), 1773-1840. Troisième frère de Napoléon Ier. Plein de talents, mais d'un caractère indépendant, il essuya la disgrâce de son frère et se retira à Rome où le pape Pie VII érigea en principauté sa terre de Canino.
BONNIVARD (François DE), 1494-1571. Chroniqueur et homme politique. Prieur de Saint-Victor dans le territoire de Genève. Il se ligua avec les patriotes de cette ville contre Charles III, duc de Savoie, qui en convoitait la possession. Le duc, devenu maître de Genève, emprisonna Bonnivard à Chillon où il resta six ans. Lord Byron l'a mis en scène dans son beau poème _le Prisonnier de Chillon_.
BORDEAUX (le duc DE), 1820-1883. Fils du duc de Berry et petit-fils de Charles X. Il vécut dans l'exil avec sa famille à partir de 1830, soit à Venise, soit à Frohsdorf en Styrie, où il portait le titre de comte de Chambord. Il avait épousé une archiduchesse d'Autriche et n'eut jamais d'enfant.
BOULE (André-Charles), 1642-1732. Ébéniste dont les ouvrages sont très recherchés.
BOURQUENEY (baron, puis comte DE), 1800-1869. Attaché à la rédaction du _Journal des Débats_, puis maître des requêtes au conseil d'État, il entra ensuite dans la diplomatie, et fut secrétaire de l'ambassade de Londres, puis en 1844 ambassadeur à Constantinople, et en 1859 à Vienne. Il quitta bientôt après la carrière diplomatique pour entrer au Sénat.
BRAGANCE (la duchesse DE), 1812-1873. Amélie-Auguste, fille d'Eugène de Beauharnais, vice-roi d'Italie, et d'une princesse de Bavière, fut la deuxième femme de l'empereur du Brésil dom Pedro Ier, dont elle devint veuve en 1834.
BRENIER DE RENAUDIÈRE (le baron), 1807-1885. Il fut chargé en 1828 d'une mission en Grèce, et plus tard secrétaire d'ambassade à Londres, Lisbonne et Bruxelles. En 1855, il était ministre à Naples.
BRESSON (Charles, comte), 1788-1847. Diplomate français, il fut chef de division au ministère des affaires étrangères sous Napoléon Ier. Nommé en 1833 premier secrétaire à Londres, il reçut en 1836 le poste de ministre à Berlin où il rétablit les relations d'amitié entre la France et la Prusse. En 1841, il devint ambassadeur à Madrid, et, en 1847, à Naples où il se tua bientôt, dans un accès de démence.
BRETONNEAU (Pierre, docteur), 1778-1862. Célèbre médecin français, résidant à Tours, son pays d'origine, où il s'était établi, indifférent à la renommée. Il fut une des gloires médicales de la France et fit beaucoup de bien aux pauvres.
BROGLIE (le duc DE), Achille-Charles-Victor, 1785-1870. Membre de la Chambre des pairs, il s'y honora en défendant le maréchal Ney, lors de son procès. Attaché au parti doctrinaire, il fut plusieurs fois ministre sous Louis-Philippe. Il fut membre de l'Académie française. Il avait épousé la fille de Mme de Staël.
BROGLIE (la duchesse DE), 1797-1840. Albertine de Staël épousa en 1814 le duc Victor de Broglie. Mme de Broglie était belle, sérieuse, pieuse et passait pour un peu sévère.
BROOKE (lord), né en 1818, il épousa en 1852 Anne, fille du comte de Wemyss, et succéda en 1853 à son père comme lord Warwick.
BROUGHAM (Henry, lord), 1778-1868. Homme politique et écrivain anglais, il collabora avec éclat à la _Revue d'Edimbourg_ et fut, par de grands succès au barreau, conduit au Parlement en 1810. Il fut l'avocat célèbre et heureux de la reine Caroline accusée d'adultère. Il se distingua toujours par la défense des idées libérales. Il devint pair et chancelier sous le ministère de lord Grey, en 1830.
BROUGHAM (lady), morte en 1865. Marie-Anne, fille de sir Thomas Eden, avait épousé d'abord lord Spalding. Devenue veuve, elle épousa lord Brougham en 1819. Une seule fille naquit de ce mariage, elle se nommait Éléonore, et mourut à dix-sept ans d'une maladie de poitrine. Ce fut dans l'espoir de la ramener à la vie que lord Brougham construisit, dans le beau climat de Cannes, une maison qui fut le commencement de la prospérité de cet endroit.
BÜLOW (Henri, baron DE), 1790-1846. Diplomate prussien. En 1827, il fut nommé ministre en Angleterre et prit part aux conférences de Londres en 1831. Plus tard, il fut chargé du portefeuille des Affaires étrangères en Prusse. Il avait épousé la fille de Guillaume de Humboldt.
BURGHERSH (John, lord), 1811-1859. Après la mort de son père, comte de Westmorland. Ancien aide de camp du duc de Wellington, il passa dans la diplomatie, fut ministre à Florence, à Berlin, à Vienne. Grand musicien, il a composé plusieurs opéras.
BUTERA (le prince DE), mort en 1841. Anglais, du nom de Wilding, qui avait épousé la princesse de Butera, d'une grande famille de Palerme. Par un décret du roi des Deux-Siciles, il fut autorisé en 1822 à ajouter ce titre à son nom. En 1835, un autre décret lui accorda, en toute propriété, le titre de prince de Radoli qu'il porta jusqu'à sa mort. Il ne laissa point d'enfant.
BYRON (George-Gordon, lord), 1788-1824. Célèbre poète anglais. Au moment de l'insurrection hellénique, il se rendit en Grèce et mourut à Missolonghi.