CHAPITRE XCIV.
RUPTURE DU TRAITÉ DE BRÉTIGNY.--_1368, 26 janvier._ LEVÉE D’UN FOUAGE EN AQUITAINE.--_Mai et juin._ APPEL PORTÉ DEVANT LE ROI DE FRANCE PAR LES BARONS DE GASCOGNE.--_3 décembre._ NAISSANCE DU DAUPHIN CHARLES, DEPUIS CHARLES VI.--_1368, fin de décembre, et 1369, janvier._ RÉCEPTION DE L’APPEL DES BARONS DE GASCOGNE ET CITATION ADRESSÉE AU PRINCE DE GALLES.--_1369, premiers mois._ DÉFAITE DE THOMAS DE WETENHALE, SÉNÉCHAL ANGLAIS DU ROUERGUE, PRÈS DE MONTAUBAN.--RETOUR DE JEAN CHANDOS EN GUYENNE; SON ARRIVÉE A MONTAUBAN.--RUPTURE DES NÉGOCIATIONS ET DÉCLARATION DE GUERRE.--_29 avril._ REDDITION D’ABBEVILLE ET DU PONTIEU AU ROI DE FRANCE (§§ 601 à 610).
Le prince de Galles lève un fouage[109] dans sa principauté d’Aquitaine et convoque à cet effet des parlements à Niort, à Angoulême, à Poitiers, à Bordeaux et à Bergerac. Les seigneurs de Gascogne, notamment les comtes d’Armagnac[110], de Périgord, de Comminges et le seigneur d’Albret, s’insurgent contre cette prétention et en appellent au roi de France[111]. Les personnages les plus influents de l’entourage de Charles V, notamment Gui de Ligny, comte de Saint-Pol[112], qui vient de rentrer en France, après avoir été pendant plusieurs années otage en Angleterre, conseillent de faire droit à la requête des barons de Gascogne, en s’appuyant sur certaines stipulations du traité de Brétigny. P. 84 à 87, 319 à 321.
[109] Le prince de Galles était à peine rentré à Bordeaux, au retour de son expédition d’Espagne, que, vers le milieu de septembre 1367, il convoqua pour le 2 octobre suivant les trois ordres de l’Aquitaine, à Saint-Émilion, afin de leur demander des subsides. On ignore ce qui se passa dans cette assemblée où beaucoup de députés, notamment ceux des communes du Rouergue, ne purent se rendre par crainte des Compagnies qui infestaient alors toutes les routes. Le prince convoqua une seconde fois les États généraux de sa principauté à Angoulême pour le mois de janvier 1368, en vue d’obtenir le vote d’un fouage qu’il avait résolu d’imposer. Le 18 de ce mois, ce parlement, en retour de concessions nombreuses et importantes, octroya pour cinq ans un fouage de dix sous par feu au fils aîné du prince de Galles, âgé de moins de cinq ans; et l’ordonnance, relative à ce fouage, fut promulguée le 26 janvier 1368 (voyez plus haut, p. XXVII, note 88). Enfin, un troisième parlement réuni à Saintes au mois d’août suivant, vota un impôt sur les dîmes inféodées, c’est-à-dire aliénées par l’Eglise et possédées par des laïques, et Guillaume de Seris fut envoyé à Rome pour obtenir l’adhésion du pape Urbain V à cet impôt. Par conséquent, les parlements de Niort, de Poitiers, de Bordeaux et de Bergerac, dont parle Froissart, ne purent être que des assemblées préparatoires où l’on fit choix des députés chargés de représenter ces villes aux États généraux de Saint-Émilion, d’Angoulême et de Saintes. Voyez l’ouvrage solide et judicieux de M. l’abbé Rouquette, _Le Rouergue sous les Anglais_, p. 100 à 108.
[110] Invité à adhérer à la levée dans ses seigneuries du fouage voté par les États d’Angoulême, Jean, comte d’Armagnac et de Rodez, répondit par un refus formel et fit signifier ce refus au prince d’Aquitaine par deux chevaliers de sa maison, le seigneur de Barbasan et Giraud de Jaulin. Outre qu’il invoquait, en motivant son refus, la nécessité où il était de demander des subsides à ses vassaux pour payer les dettes contractées, soit à l’occasion de sa rançon après Launac, soit à la suite de l’expédition d’Espagne à laquelle il venait de prendre part sous les ordres du prince, le comte d’Armagnac soutenait que «nous et nos gens estions frans, ne onques aus roys de France et d’Angleterre n’avions paié fouage ne aucune subvencion, et que, pour rien, ne nous metterions en telle servitude.» Toutefois, c’est seulement après avoir vu ses réclamations réitérées repoussées par Édouard III comme par le prince son fils que Jean, dans le courant du mois d’avril 1368, prit le parti de se rendre à Paris et de demander justice au roi de France. _Ibid._, 144 à 149.
[111] Cet appel fut fait en mai et juin 1368 et coïncida à peu près avec le mariage d’Arnaud Amanieu, sire d’Albret, neveu du comte d’Armagnac, avec Marguerite de Bourbon, l’une des sœurs cadettes de la reine de France, dont le contrat fut passé le 4 mai de cette année (_Arch. Nat._, JJ99, nº 345). Avant de consentir à recevoir l’appel des seigneurs gascons et surtout de rendre publique cette résolution, Charles V conclut, le 30 juin, avec le comte d’Armagnac et ses adhérents une convention secrète par laquelle le roi de France et les barons de Gascogne contractaient une alliance indissoluble en cas de guerre avec l’Angleterre, à la seule condition que le roi respecterait les priviléges des barons et ne lèverait pendant dix ans aucun fouage extraordinaire sur leurs domaines sans leur consentement (_Bibl. de l’École des Chartes_, XII, 103; Rouquette, _Le Rouergue sous les Anglais_, p. 111). Le lendemain 1er juillet, le roi, voulant récompenser le comte d’Armagnac, chef de cette ligue contre les Anglais, lui donna les comtés de Bigorre et de Gaure, Montréal, Mezin, Francescas, Astaffort, Lavardac, Fauguerolles, Cauderon, Cordes, Castets, Mas-d’Agenais, Lias, Montagnac, Monguilhem, la moitié de la vicomté de Juilhac, les hommages de Casaubon, de Poudenas, de Fourcès, de Villeneuve, les appellations et premiers ressorts de Lectoure (_Ordonn._, VI, 104). Toutes ces seigneuries étaient encore soumises à la domination anglaise.
[112] Par acte daté de Westminster le 10 février 1367, Édouard III accorde un permis de séjour en France jusqu’au jour Saint-Michel prochain venant à Gui, comte de Saint-Pol, otage en Angleterre, et s’engage à mettre en liberté au dit terme de Saint-Michel, Waleran et Robert de Saint-Pol, otages au lieu et place de leur père, quand même celui-ci ne serait pas de retour à Londres dans le délai fixé (Rymer, III, 819).
Texte de l’une de ces stipulations, dite charte des soumissions, datée de Calais le 24 octobre 1360[113]. P. 87 à 91, 321, 322.
[113] D’après les légistes de Charles V, le roi de France n’avait pas, à proprement parler, renoncé à la souveraineté et au ressort; il en avait seulement suspendu l’usage en subordonnant sa renonciation définitive à certaines conditions qu’Édouard III n’avait pas remplies (_Grandes Chroniques_, VI, 254 à 263).
D’après les conseillers de la cour de France, Charles V doit recevoir l’appel des barons de Gascogne, non-seulement parce qu’Édouard III a violé plusieurs stipulations du traité de Brétigny, mais encore parce que les habitants de la principauté, surtout ceux du Poitou, de la Saintonge, du Limousin, du Rouergue, du Quercy et de l’Aunis, sont animés au plus haut degré contre les Anglais, le peuple, parce qu’il est écrasé d’impôts, les gentilshommes du pays, parce que le prince d’Aquitaine les exclut de tous les emplois au profit de ses compatriotes et des chevaliers de son entourage. Le duc d’Anjou, qui réside alors à Toulouse en qualité de lieutenant général dans le Languedoc, est un des plus ardents à pousser le roi son frère à une rupture avec l’Angleterre[114].--Charles V fait le meilleur accueil aux appelants, sans vouloir néanmoins prendre au début un engagement exprès, et pendant ce temps il sonde les dispositions des habitants d’Abbeville et du Pontieu.--En 1368, par un avent, naissance de Charles, fils aîné du roi de France[115], et de Charles d’Albret, fils du seigneur d’Albret[116]. P. 91 à 93, 322 à 324.
[114] Louis, duc d’Anjou, avait des griefs personnels contre Édouard III qui l’avait dénoncé comme déloyal et félon lorsque le second des fils du roi Jean, l’un des otages du traité de Brétigny, mis en liberté sur parole à la fin de 1363, avait refusé de revenir en Angleterre. Nommé dans les premiers jours de novembre 1364 (_Mandements de Charles V_, p. 61, 62) lieutenant du roi son frère en Languedoc, Louis supportait impatiemment le voisinage de la domination anglaise. M. l’abbé Rouquette a retrouvé dans les archives communales de Millau une lettre de ce prince, adressée aux habitants de cette ville et datée de Toulouse le 22 décembre 1368, où l’on voit bien l’activité qu’il déploya pour faire éclater un mouvement insurrectionnel en Guyenne et surtout dans le Quercy et le Rouergue. _Le Rouergue sous les Anglais_, p. 118 à 120.
[115] L’enfant, qui devait être un jour Charles VI, naquit en effet à l’hôtel Saint-Pol le dimanche 3 décembre 1368, premier jour de l’Avent, et fut baptisé en l’église Saint-Pol le mercredi 6 décembre suivant (_Grandes Chroniques_, VI, 266 à 268). C’est le jour même de la naissance de son héritier présomptif, coïncidant avec l’Avent, que Charles V adressa deux lettres dont il sera fait mention plus loin, l’une aux habitants de Montauban, l’autre à Gui de Sévérac, chevalier du Rouergue, où pour la première fois il déclarait publiquement recevoir l’appel des barons de Gascogne.
[116] Charles d’Albret, l’aîné des trois enfants d’Amanieu, sire d’Albret et de Marguerite de Bourbon, si l’on place sa naissance au mois de décembre de cette année, serait venu au monde à huit mois.
Charles V se décide à recevoir l’appel porté devant le parlement de Paris contre le prince de Galles par la plupart des barons de Gascogne[117].--Noms de ces barons.--Un clerc de droit[118] et un chevalier de Beauce, nommé Caponnet de Caponval[119], vont à Bordeaux porter au prince une lettre du roi de France. P. 93 à 95, 324.
[117] Le prudent Charles V hésita beaucoup avant de prendre une détermination qui équivalait à une rupture du traité de Brétigny. Dans une assemblée tenue le vendredi 30 juin 1368, il consulta son conseil: trente-sept membres de ce conseil furent d’avis que le roi devait recevoir les appellations portées par les habitants de la Guyenne devant le Parlement (_Arch. Nat._, J 293, nºs 16 et 17). Le 28 décembre suivant, Charles V, «pour assurer sa conscience», soumit de nouveau la question aux délibérations de quarante-huit personnes des plus notables de son royaume. Il fut décidé, à l’unanimité, que le roi pouvait et devait user de ses souveraineté et ressort en recevant les appellations de ses sujets de Guyenne, et ce sous peine de péché mortel (_Arch. Nat._, J 654, nº 3). Dès le commencement de ce mois, Charles V avait écrit des lettres aux principales villes et aux seigneurs les plus marquants du Rouergue et du Quercy, où il revendiquait son droit de ressort et de souveraineté sur cette province au sujet des appellations du comte d’Armagnac et du sire d’Albret (J 655, nº 22), tout en protestant encore qu’il ne voulait point rompre le traité de Brétigny. L’une de ces lettres, adressée aux habitants de Montauban, est datée du 3 décembre 1368 (Dom Vaissete, _Hist. de Languedoc_, IV, 338). Par une autre lettre, datée aussi de Paris le 3 décembre 1368, Charles V notifie à Gui de Sévérac, l’un des principaux seigneurs du Rouergue, qu’il a reçu l’appel des barons de Gascogne, et l’invite à faire son devoir «tel comme seigneur doit faire à son seigneur souverain.» Le 22 décembre suivant, Louis, duc d’Anjou, adresse de son côté une notification analogue aux principales villes du Rouergue et notamment à ses «très amez les consouls et habitans de la ville de Millau.» Rouquette, _Le Rouergue sous les Anglais_, p. 113 à 120.--A la même date, Charles V avait invité le comte de Flandre à faire publier par toutes les villes de son comté le fait de l’appel des barons de Gascogne; mais Louis de Male, qui se trouvait alors à Anvers, répondit le 20 décembre 1368 par un refus assez sec (Kervyn, _Œuvres de Froissart_, XVIII, 491).
[118] Bernard Palot, juge criminel de Toulouse.
[119] Ce chevalier s’appelait Jean de Chaponval; Caponnet est sans doute un surnom. Messire Jean de Chaponval, maître d’hôtel du régent, fut gratifié en juin 1358 des biens que Jean Rose, le rebelle de Meaux, possédait au bailliage de Senlis (_Arch. Nat._, JJ 86, nº 153).
Par cette lettre en date du 15 janvier [1369[120]], le prince est sommé de se rendre à Paris dans le plus bref délai pour y être jugé en Chambre des Pairs au sujet de l’appel interjeté et des plaintes portées contre lui par ses vassaux, tant de la Gascogne que des autres parties de l’Aquitaine. P. 95, 96, 324.
[120] Les lettres de citation du roi de France furent signifiées au prince de Galles à Bordeaux sur la fin de l’année 1368 ou dans les premiers jours de 1369. M. Lacabane a publié le texte de ces lettres dans son article Charles V du _Dictionnaire de la Conversation_. Cf. _Bibl. de l’École des Chartes_, XII, 104.
Le prince de Galles entre en fureur en recevant cette sommation: il répond qu’il ira à Paris, puisqu’il y est ajourné par le roi de France, mais que ce sera le bassinet en tête et soixante mille hommes en sa compagnie[121]. Il prétend que le roi Jean, en cédant l’Aquitaine, a déclaré formellement renoncer à toute espèce de suzeraineté ou de ressort, et il reproche à Charles V, fils et successeur de Jean, de violer, en recevant l’appel des barons de Gascogne, l’une des stipulations du traité de Brétigny.--Après leur départ de Bordeaux, les deux messagers du roi de France sont arrêtés en Agenais par un chevalier anglais nommé Guillaume le Moine, sénéchal de ce pays, et mis en prison à Agen au moment où ils se dirigent vers Toulouse pour y rendre compte au duc d’Anjou du résultat de leur message. P. 96 à 99, 324, 325.
[121] La chronique rimée du héraut Chandos prête au prince de Galles une réponse conçue en termes presque identiques:
Lors remanda au roy de France De volunté hardie et france Que voluntiers certeynement, Il iroit à son mandement, Si Dieux li donnast saunté et vie, Il et toute sa compaignie, _Le bacinet armé au chief_, Pur li defendre de meschief.
Jean, duc de Berry, otage en Angleterre, revient en France à la faveur d’un congé d’un an qu’il trouve le moyen de prolonger jusqu’à la déclaration de guerre[122]. Jean, comte de Harcourt, obtient aussi un congé par l’entremise de son oncle Louis de Harcourt, seigneur poitevin, qui à ce titre est alors l’un des vassaux du prince d’Aquitaine, et une maladie dont il est atteint après son retour en France l’amène à prolonger, comme le duc de Berry, son congé jusqu’à l’ouverture des hostilités[123]. Moins heureux que ces deux premiers otages, Gui de Blois, alors jeune écuyer, frère du comte Louis de Blois, est réduit à racheter sa liberté moyennant la cession au roi d’Angleterre du comté de Soissons, qu’Édouard III rétrocède à son gendre le seigneur de Coucy, en échange de quatre mille francs de rente annuelle à valoir sur la dot assignée à la dame de Coucy[124]. Le comte Pierre d’Alençon recouvre aussi la liberté moyennant le payement de trente mille francs[125]. Quant au duc Louis de Bourbon, il se fait octroyer son élargissement définitif, en versant une somme de vingt mille francs[126], et en obtenant du pape Urbain V, dont il a les bonnes grâces, l’évêché de Winchester pour Guillaume Wickam, chapelain et favori du roi d’Angleterre. P. 99 à 102, 325, 326.
[122] L’acte qui autorise Jean, duc de Berry et d’Auvergne, à retourner en France et à y séjourner, est daté de Westminster le 1er février 1366; et ce congé, accordé d’abord pour un an, fut prolongé jusqu’à Pâques 1368 (Rymer, III, 783, 785).
[123] Jean VI, comte de Harcourt et d’Aumale, otage en Angleterre, passa procuration à Londres le 12 janvier 1365 (n. st.) pour servir ses fiefs en France, et spécialement en l’évêché de Poitiers (La Roque, _Additions aux preuves de l’histoire de la maison de Harcourt_, IV, 1435). Dans le courant de 1367, à la requête du prince d’Aquitaine et de Galles et «parmy l’entreprise et pleggerie de nostre cher et feal Loys de Harecourt, vostre oncle», le comte de Harcourt fut autorisé à se rendre en France et à y résider pendant quelques mois; mais dès le 1er décembre de cette année, Édouard III le somma de revenir se constituer otage à Londres, et cette sommation fut renouvelée le 5 janvier de l’année suivante (Rymer, III, 837, 840). En cette même année 1368, le 14 octobre, Jean VI se maria à Catherine de Bourbon, l’une des sœurs cadettes de la reine de France. Louis de Harcourt, oncle de Jean VI, était vicomte de Châtellerault, et, à ce titre, comme le dit Froissart, le seigneur le plus important du Poitou.
[124] Gui de Blois, seigneur de Beaumont en Hainaut, otage depuis la conclusion du traité de Brétigny, c’est-à-dire depuis la fin de 1360, ne fut autorisé à repasser sur le continent que le 8 juillet 1367 (Rymer, III, 830). Le 15 de ce même mois, par contrat passé à Londres, il céda, ainsi que le raconte Froissart, son comté de Soissons à Enguerrand, sire de Coucy, en faveur d’Élisabeth d’Angleterre, dame de Coucy (Anselme, _Hist. généal._, VI, 97).
[125] Pierre, comte d’Alençon, fut autorisé à se rendre en France et à y séjourner, en même temps que Jean, duc de Berry et d’Auvergne, du 1er février 1366 à Pâques 1368 (Rymer, III, 782, 783, 785).
[126] La rançon de Louis II, duc de Bourbonnais, fut fixée à 40 000 écus, et non à 20 000 francs, comme le rapporte inexactement Froissart. Le premier payement en fut effectué le 6 décembre 1367; un nouvel à-compte fut porté par Hugues de Digoine en Angleterre, le 31 mars 1368 (n. st.); et la rançon ne fut complétement payée qu’à la fin de cette année. Le duc Louis n’en fut pas moins mis en liberté dès le 22 janvier 1366 (Rymer, III, 783); le 14 juin de cette année, il était à Moulins (_Arch. Nat._, P 1460, nºs 1938-74), le 18, à Souvigny, et le 24, à Montluel (_Arch. de la Côte-d’Or_, B 8552).--C’est pour parfaire le payement de sa rançon que Louis II, par acte daté de Paris le 16 décembre 1368, engagea à Jean Donat, bourgeois et épicier à Londres, au prix de 5200 écus d’or, «sa cotte d’escarlate rousée, ordonnée à vesteure de homme, semée et ouvrée de plusieurs et divers ouvraiges de grosses perles et rubis baillais et saphirs» _Arch. Nat._, P 1358, nº 98; _Bibl. de l’École des Chartes_,