V[209]. P. 135 à 137, 318.
[202] Mahaut, fille de Thomas de Holand et de Jeanne de Kent, plus tard femme du prince de Galles et mère de Richard II, avait épousé en premières noces Pierre de Courtenai.
[203] Le comte de Saint-Pol, qui était confié à la garde de Simon de Burley (_Rec. Off., Issue Rolls, 2 Rich. II_, m. 1), ne devait payer que 100 000 francs de rançon d’après Rymer (t. VII, p. 224): 50 000, avant son départ de Calais (juillet 1379), et 50 000 qu’il s’engageait à verser en deux termes, de juillet 1379 à juin (Saint-Jean-Baptiste) 1380. Il laissait comme otage son frère Pierre de Luxembourg. Il partit le 22 juillet pour Calais accompagné de John de Codeford et de Robert Rous (_Rec. Off., Lord Treas. Rem., For. Acc. 4_, m. 11 rº et 13 vº).
[204] Le comte de Saint-Pol avait promis hommage de ses terres françaises au roi d’Angleterre, et s’était engagé à lui livrer, 50 jours après son départ de Calais, la ville de Guise, et à défaut son château de Bohain (Rymer, t. VII, p. 225). Charles V chargea Bureau de la Rivière et le seigneur de Couci de confisquer ses biens, «et fut tout mis en la main du roy de France» (_Chr. des Quatre Valois_, p. 281). Une partie des biens du comte de Saint-Pol avait été dès le mois de décembre 1378 inventoriée et confiée à la garde de Martin de Corbie (_Arch. Nat._, JJ 113, fol. 179).
[205] Aisne, arr. de Saint-Quentin.
[206] Une lettre de rémission est accordée par le roi Charles VI le 18 septembre 1381 à Guérart d’Obies et à Thierry de Sommans, partisans du roi d’Angleterre, à la requête du duc de Bourgogne et du comte de Saint-Pol (_Arch. Nat._, JJ 119, fol. 197).
[207] Belgique, prov. de Hainaut, près de Charleroi.
[208] Jean de Condé, seigneur de Morialmé, avait épousé Marie de Saint-Pol, sœur de Waleran de Luxembourg, comte de Saint-Pol.
[209] «En cel an (1380), le duc de Braban, oncle de l’empereur et du roy de France, et le duc Aubert vindrent à Paris pour faire la paix au conte de Saint Pol, lequel estoit departi de avec les Anglois et estoit en l’empire es parties de Henault. Eulx disoient que ce que le dit conte de Saint Pol avoit fait n’estoit fors pour soy delivrer de prison» (_Chr. des Quatre Valois_, p. 286). Ces négociations ne réussirent pas.
A cette date la Bretagne est divisée au plus haut point[210]: d’un côté les bonnes villes, qui pour la plupart sont du parti du duc et ont aussi avec elles quelques grands noms comme la duchesse de Penthièvre, mère de Jean et de Gui de Bretagne; de l’autre, le connétable Bertrand du Guesclin, les seigneurs de Clisson, de Laval, de Rochefort, le vicomte de Rohan, qui tiennent le pays en guerre avec des compagnies formées de gens de toutes nations et occupent Pontorson et Saint-Malo. Le duc sait tout cela; il connaît aussi les bonnes dispositions de ses bonnes villes et les funestes entreprises du duc d’Anjou contre ses gens: il ne peut cependant se résoudre à quitter l’Angleterre et à retourner en Bretagne, craignant quelque trahison: le roi d’Angleterre ne l’y engage pas du reste. P. 137, 138, 318.
[210] Après avoir préalablement consulté le Parlement, Charles V, reprochant au duc de Bretagne d’avoir fait partie de l’expédition anglaise de 1377-1378 (voy. plus haut p. XLIII, note 121), ajourne Jean de Montfort à comparoir devant le roi et ses pairs le samedi 4 décembre 1378 (_Arch. Nat._, X1a 1471, fol. 133 vº); le 9 décembre, le roi vient lui-même au Parlement: après les plaidoiries des 10, 11 et 13 décembre, le duc est déclaré, le 18 décembre, coupable de félonie; la confiscation du duché de Bretagne et sa réunion au domaine de la couronne est déclarée. Le roi, malgré la protestation de la duchesse de Penthièvre, charge le duc de Bourbon, le maréchal de Sancerre, l’amiral Jean de Vienne, Bureau de la Rivière et d’autres de prendre en son nom possession des places de Bretagne que s’engagent à leur livrer le connétable, Olivier de Clisson et les seigneurs de Laval et de Rohan (_Grandes chroniques_, t. VI, p. 455-456). Dès le mois de février 1379, Charles V enrôle à son service de nombreux Bretons et renouvelle l’engagement de Clisson (_Mandements de Ch. V_, nº 1830); le 10 avril, il mande à Paris le connétable, le seigneur de Laval, Olivier de Clisson et Jean, vicomte de Rohan, et leur énumère ses griefs contre le duc de Bretagne et leur demande leur concours, que promettent les barons. Du Guesclin reste à Paris, tandis qu’Olivier de Clisson ne peut réussir à mettre Nantes entre les mains du duc de Bourbon. De retour en Bretagne Jean de Rohan, malgré les bons procédés du roi à son égard (_Mandements de Ch. V_, nº 1837), et avec l’aide de Jeanne de Penthièvre, organise la résistance à Charles V. Des conciliabules se tiennent, des chefs sont nommés, des ambassades sont envoyées au duc pour l’engager à revenir en Bretagne. La dernière, celle de Jean de Quelen, est du 4 mai 1379 (Dom Morice, _Preuves_, t. II, col. 218). Après avoir échoué dans ses tentatives de conciliation auprès de Jeanne de Penthièvre (_Arch. Nat._, KK 242, fol. 107) et de son fils Henri, en mai 1379, le duc d’Anjou est nommé le 1er juillet lieutenant général et spécial en Bretagne avec 1100 hommes d’armes. Il commence la campagne de Bretagne.
En Normandie, monseigneur Guillaume des Bordes[211], établi à Valognes dont il est capitaine, cherche de toute façon à harceler la garnison de Cherbourg commandée par Jean de Harleston[212]; avec lui sont le petit sénéchal d’Eu[213], Guillaume Martel[214], Braquet de Braquemont[215], le seigneur de Torci[216], Perceval d’Esneval[217], le Bègue d’Ivry, Lancelot de Lorris[218] et autres chevaliers. Dans une escarmouche, Lancelot de Lorris provoque en bataille personnelle un chevalier anglais nommé Jean de Copelant, qui le tue; les deux routes en viennent alors aux mains, et tous les seigneurs français sont faits prisonniers, et parmi eux Guillaume des Bordes, que prend un écuyer de Hainaut, Guillaume de Beaulieu[219]. Les prisonniers sont conduits à Cherbourg[220], où ils retrouvent Olivier du Guesclin[221]. P. 138 à 140, 318, 319.
[211] Guillaume des Bordes, capitaine général du Cotentin, passe le printemps de 1379 à solder les travaux de fortification de Montebourg (_Mus. Brit., Addit. Charters_ 10 701-10 712; Cheltenham 8670).
[212] Jean de Harleston, après le ravitaillement de Cherbourg du 3 au 29 avril 1379, avait retenu 160 hommes d’armes, 106 archers et 20 arbalétriers; le 29 il arriva à Cherbourg avec 185 hommes d’armes, 105 archers et 30 arbalétriers. Du 29 avril au 30 décembre 1379, il entretient 300 hommes d’armes, 200 archers et 60 arbalétriers (_Rec. Off., Lord Treas. Rem., For. Acc. 4_, m. 16 vº). Il est remplacé le 23 octobre 1379 comme capitaine de Cherbourg par William de Wyndesore (_Rec. Off., French Rolls, 3 Rich. II_, m. 19).
[213] Jean le Sénéchal, sénéchal d’Eu, était en juillet 1375 capitaine du château des Moulineaux (_Mandements de Ch. V_, nº 1147) et en août de la même année capitaine de Saint-Sauveur (_Ibid._, nº 1155). Il sert en 1385 et 1386 en Normandie sous le gouvernement du seigneur de la Ferté (_Bibl. Nat., Clair._ vol. 45, nos 170-172).
[214] Guillaume Martel, châtelain de Gaillard en 1369 (_Mandements de Ch. V_, nº 620), châtelain de Falaise en 1375 (_Ibid._, nº 1136), chambellan du roi en août 1377 (_Bibl. Nat., Pièces orig._ vol. 1868), était en 1414 seigneur de Bacqueville et premier chambellan du roi (_Coll. de Bastard_, p. 153). Voy. sur ce personnage la notice de M. H. Moranvillé (_Mém. de la Soc. de l’Hist. de Paris_, t. XVII, p. 400-403).
[215] Guillaume, sire de Braquemont, dit Braquet, seigneur de Tartigny par sa femme en juin 1380 (_Arch. Nat._, JJ 117, fol. 84), chambellan du duc d’Orléans, au 10 janvier 1389 (_Coll. de Bastard_, p. 16), chambellan du roi au 4 juillet 1391 (_Bibl. Nat., Pièces orig._ vol. 494), seigneur du Pont Tranquart, capitaine de Chauni-sur-Oise, au 7 avril 1402 (_Coll. de Bastard_, p. 185), maréchal d’Orléans, lieutenant général au duché de Luxembourg, gardien de Mouron, aux 11-13 avril 1402 (_Ibid._, p. 190).
[216] Colart d’Estouteville, seigneur de Torci, est cité comme gardien et gouverneur du château d’Arques, le 20 mai 1379 (_Mandements de Ch. V_, nº 1840); il est nommé capitaine de Cherbourg après la reddition de la ville en 1404 (_Chr. de P. Cochon_, p. 325-326).
[217] Sur ce personnage déjà rencontré (cf. p. XLIV, note 3), voy. la notice de M. H. Moranvillé (_Mém. de la Soc. de l’Hist. de Paris_, t. XVII, p. 341-343).
[218] Ce _Lancelot_, qu’il faut peut-être identifier avec un _Guérin_ de Lorris (cf. H. Moranvillé, _Mém. de la Soc. de l’Hist. de Paris_, t. XVII, p. 395-396), se montre au service du duc d’Anjou en mars 1371 (_Bibl. Nat., Pièces orig._ vol. 1755).
[219] Un Guillaume de Beaulieu, cité comme écuyer en 1429 dans Rymer (t. X, p. 435), ne semble pas devoir s’identifier avec celui-ci.
[220] L’escarmouche où fut pris Guillaume des Bordes eut lieu le 4 juillet 1379 entre Montebourg et Cherbourg; elle est racontée avec détails dans la première rédaction adoptée par Buchon à la fin du premier livre (t. I, p. 720-721; cf. Kervyn, t. IX, p. 137-139). Guillaume des Bordes fut interné à la tour de Londres, par un mandement adressé au connétable Alain de Buxhull, en date du 12 mai 1380 _(Rec. Off., Close Rolls, 3 Rich. II_, m. 4). Le 30 août 1380, sa rançon est attribuée à Thomas de Felton (_Rec. Off., Patent Rolls, 4 Rich. II_, part 1, m. 22).
[221] A la date du 25 mai et du 20 juin 1379, une somme de 100 sols est accordée à Jean Clewell pour conduire de Weymouth à Londres Olivier du Guesclin, deux écuyers et un valet (_Rec. Off., Issue Rolls, 2 Rich. II_, m. 8).
En Auvergne et en Limousin le pays souffre des incursions anglaises: le château de Ventadour[222] est vendu six mille francs à un chef breton, Geoffroi Tête-Noire[223], par Ponce du Bois, écuyer du comte de Ventadour, à la condition que le comte pourra se retirer, avec sa famille et ses armes et bagages, à Montpensier[224], près d’Aigueperse[225], en Auvergne. Geoffroi prend possession du château, et s’empare par la suite de nombreuses places en Auvergne, en Rouergue, en Limousin, en Querci, en Gévaudan, en Bigorre et en Agenois. D’autres capitaines anglais[226] accompagnent Geoffroi Tête-Noire: Mérigot Marchès, qui prend le château de Chalusset[227], le bâtard de Carlat, le bâtard Anglais, le bâtard de Caupenne, Raymond de Sort[228], Gascon, et Pierre le Béarnais. P. 140, 141, 319.
[222] Corrèze, commune de Moustier-Ventadour. Le château fut remis à Geoffroi Tête-Noire dans les derniers mois de 1378 (_Dictionnaire statistique... du Cantal_, t. IV, p. 286).
[223] En 1379, l’année suivante, Tête-Noire prenait Chalus (_Dict. statistique... du Cantal_, t. IV, p. 286); nous le retrouvons en Nivernais; et Philippe de Jaucourt organise la résistance contre lui (J. Finot, _Recherches sur les incursions des Anglais_, p. 116).
[224] Puy-de-Dôme, arr. de Riom.
[225] Puy-de-Dôme, arr. de Riom.
[226] Voy. dans Durrieu (_Les Gascons en Italie_, p. 17, note 1) une liste de villes occupées par les Anglais dans le centre de la France.
[227] Chalusset (Haute-Vienne) est pris par Mérigot Marchès dans les derniers mois de 1378 (_Dict. statistique... du Cantal_, t. IV, p. 286). Mérigot Marchès, qui doit finir tragiquement plus tard, neveu de Pierre le Béarnais, capitaine de Chalusset, avait soutenu en 1353-1354 la cause du roi Jean (Duplès-Agier, _Rég. crim. du Parlement_, t. II, p. 184, note 1); en 1378 il est en Angleterre, qu’il ne quitte qu’après le 16 octobre 1378, date à laquelle ses biens sont confisqués en France (_Arch. Nat._, JJ 113, fol. 158 vº). L’année suivante Marchès est capitaine au lieu dit Roc de Borde en Limousin; il s’empare de l’abbaye de Lartige près de Noailhac (Corrèze); mais au bout de huit jours, le sénéchal de Limousin reprend l’abbaye et fait prisonnier Mérigot Marchès, qui est enfermé à Limoges. Au 2 août 1381, sa captivité dure depuis plus d’un an et demi (_Arch. Nat._, JJ 119, fol. 164).
[228] Ramonet de Sort devient plus tard allié du comte d’Armagnac, avec Raymond de Caupène (Dom Vaissete, t. IX, p. 932, note), accorde une trêve d’un an le 3 avril 1388 (_Ibid._, p. 931, note) et traite les 8 et 15 janvier 1389 (Durrieu, _Les Gascons en Italie_, p. 21, note 1).
Dans une de ses chevauchées, Mérigot Marchès, avec onze de ses compagnons, se dirige vers Alleuze, près de Saint-Flour, château qui appartient à l’évêque de Clermont; il le prend par surprise, puis se rend à Saint-Flour. Peu de temps après il s’empare par échellement du château et de la terre de Vallon[229]. De la sorte les garnisons de Chalusset, de Carlat[230], d’Alleuze[231] et de Ventadour sont anglaises, et quand elles se réunissent au nombre de cinq à six cents lances, elles ravagent le pays. Pour les combattre, elles trouvent devant elles les seigneurs d’Apchier et de Solleriel, le bâtard de Solleriel et un écuyer de Bourbonnais, Gourdinet[232], qui un beau jour fait prisonnier Mérigot Marchès et le rançonne à 5000 francs. P. 141 à 143, 319.
[229] Allier, arr. de Montluçon.
[230] Cantal, arr. d’Aurillac. En octobre 1379, les négociations (voy. plus haut, p. XXVI, note 62) pour le rachat de Carlat occupé par Perducat d’Albret (Dom Vaissete, t. IX, p. 871) réussirent (_Arch. Nat._, JJ 115, fol. 139 vº): les Anglais avaient évacué la ville à la Noël (_Ibid._, JJ 118, fol. 228); ils la reprirent depuis et l’occupèrent encore longtemps (Kervyn, t. XII, p. 352).
[231] Cantal, arr. de Saint-Flour. En 1387 Marchès occupait encore ce château, qu’il remet au comte d’Armagnac (H. Moranvillé, _Bibl. de l’Éc. des Ch._, t. LIII, p. 79). Les autres châteaux sont aussi occupés par les chefs de compagnies (cf. Kervyn, t. XIII, p. 352).
[232] Sans doute le même que Gourdinot, capitaine de Tracros en 1375 pour le roi d’Angleterre, que cite la _Chronique du bon duc Loys de Bourbon_ (p. 94-95).