‹ Chroniques de J. Froissart, tome 10/13Chapitre 2 sur 13 · CHAPITRE XI.

CHAPITRE XI.

_1380, septembre._ ENTRÉE EN BRETAGNE DE L’ARMÉE DU COMTE DE BUCKINGHAM.--_4 novembre._ COURONNEMENT DU ROI CHARLES VI A REIMS.--_Du commencement de novembre au 2 janvier 1381._ SIÈGE DE NANTES PAR LES ANGLAIS.--HIVERNAGE DES ANGLAIS EN BRETAGNE.--_15 janvier et 4 avril._ TRAITÉ DE PAIX ENTRE LE ROI DE FRANCE ET LE DUC DE BRETAGNE.--_11 avril._ LES ANGLAIS ÉVACUENT LA BRETAGNE; BUCKINGHAM RENTRE EN ANGLETERRE (§§ 169 à 192).

La nouvelle de la mort du roi Charles V arrive à Buckingham au moment où, après avoir traversé la Sarthe à Noyen, il fait reposer ses gens à Poillé[1]; elle parvient en même temps au Mans[2], au quartier général de l’armée française, dont les chefs se dispersent pour courir aux informations. Les Anglais poursuivent leur route par Saint-Pierre-sur-Erve[3] et par Argentré[4], passent la Mayenne au milieu de marécages dangereux et s’arrêtent à Cossé[5], pour attendre les instructions du duc de Bretagne[6].

[1] Sarthe, arr. de la Flèche.

[2] Le duc de Bourgogne commandait l’armée royale au Mans; ce ne fut que le 13 octobre 1380 que les troupes furent licenciées par le duc d’Anjou, régent, qui retint seulement les hommes d’armes de Clisson, de Jean de Beuil et de Pierre de la Rocherousse (_Bibl. nat., Clair._ vol. 23, nº 1665).

[3] Mayenne, arr. de Laval.

[4] Mayenne, arr. de Laval.

[5] Cossé-le-Vivien, Mayenne, arr. de Château-Gontier. C’est à tort que Kervyn a identifié cette ville avec Changé (arr. de Laval).

[6] Dès le mois de septembre, on préparait en Angleterre l’envoi de renforts à l’armée de Buckingham, et Thomas Credy était chargé d’arrêter des navires pour le passage des troupes en Bretagne (_Rec. Off., Queen’s Rem., Misc., Navy_ 610/11).

Le duc, qui se trouve à Hennebont, mécontent de l’hostilité continue de ses villes et particulièrement de Nantes, à l’approche des Anglais, députe vers Buckingham ses conseillers habituels: Bertrand de Montbouchier, Étienne Guyon, Guillaume Tannegui, Eustache de la Houssaie, Geoffroi de Kerimel et l’élu de Léon[7], pour lui demander de venir à Rennes conférer ensemble.

[7] La chronologie des évêques de Saint-Pol-de-Léon est assez indécise à cette date, d’autant que les archives du Finistère, comme a bien voulu nous le dire notre confrère, M. J. Lemoine, ne renferment aucun acte ni aucune mention d’évêque de ce diocèse entre 1364 et 1390. A en croire Fr.-Alb. Le Grand (_Vie, gestes, mort et miracles des saincts de la Bretaigne..._, 1637, p. 484), il s’agirait ici de Pierre Ouvroin, élu évêque en 1370 et mort en 1385, prélat qui «n’estoit pas encore sacré en 1380.» Malheureusement, pour cette partie de sa notice, l’auteur ne paraît pas avoir eu d’autre source que le texte même de Froissart, dans lequel il identifie «l’esleu de Lion» avec Pierre Ouvroin; et, quelque vraisemblable que soit son hypothèse, il ne saurait être cru sans preuves.

Cette ambassade rejoint à Châteaubourg[8] l’armée anglaise, qui de Cossé, à travers la forêt de la Gravelle[9], avait gagné Vitré[10], puis Châteaubourg, sûre désormais de ne plus être poursuivie par les Français. P. 1 à 3, 297, 298.

[8] Ille-et-Vilaine, arr. de Vitré.

[9] Mayenne, arr. de Laval.

[10] Ille-et-Vilaine, ch.-l. d’arr.

Après de longs pourparlers au cours desquels Buckingham se plaint de ne pas être accueilli en Bretagne comme il s’y attendait d’après les conventions passées, rendez-vous est pris pour Rennes, où les Anglais arrivent au bout de quelques jours. Mais ils n’y peuvent entrer et les portes de la ville ne s’entr’ouvrent que pour loger le comte et quelques barons avec lui. Ils attendent ainsi plus de quinze jours la venue du duc de Bretagne, qui multiplie ses excuses plus ou moins sincères.

Les Nantais profitent de ce répit pour obtenir des quatre oncles du roi, ayant alors le gouvernement du royaume, six cents lances de renfort, qui les mettent en état de soutenir un siège[11]. P. 4 à 6, 298, 299.

[11] Ce fut seulement après le sacre du roi que les ducs, apprenant la marche de 7,000 Anglais sur Nantes, «ordonnèrent que Chastelmorand «et le Barrois, qui avoient quatre cens hommes d’armes en la frontière de Pouencé, près d’Angers, menassent leurs gens dedans Nantes et qu’ils se hastassent avant que les Anglois y parvenissent et qu’ils chevauchassent jour et nuit. Ainsi le firent, et furent à Nantes premiers que les Anglois quelques trois heures» (_Chronique du bon duc Loys_ p. 120). Ils eurent facilement accès à la Tour neuve, commandée par Guillaume Leet, mais n’obtinrent que par force les clefs de la ville, gardées par un chanoine, ami des Anglais, comme beaucoup des habitants. Ils furent bientôt renforcés par Pierre de Beuil et 200 hommes d’armes (_Ibid._, p. 123).

Las d’attendre, le comte de Buckingham envoie vers le duc de Bretagne comme messagers: Robert Knolles, Thomas de Persi et Thomas Trivet, accompagnés de cinq cents lances, tandis que lui-même, avec le restant de ses hommes, s’achemine vers Combourg[12] par Saint-Sulpice[13]. Le duc, qui s’était décidé à quitter Vannes, où il était allé en partant de Hennebont, rencontre les trois chevaliers et se dirige avec eux sur Rennes. Entrevue à Hédé[14] du duc et de Buckingham; dîner à la Mézière[15]; longues conférences à Rennes entre le duc et les envoyés du comte. P. 6 à 8, 299, 300.

[12] Ille-et-Vilaine, arr. de Saint-Malo.

[13] Saint-Sulpice-la-Forêt, Ille-et-Vilaine, arr. de Rennes.

[14] Ille-et-Vilaine, arr. de Rennes.

[15] Ille-et-Vilaine, arr. de Rennes.

Finalement le duc de Bretagne s’engage à venir mettre le siège devant Nantes, quinze jours au plus tard après l’arrivée des forces anglaises sous les murs de cette ville, et à fournir les barques nécessaires. Le comte revient de Hédé prendre acte de cette convention à Rennes, et le duc retourne à Hennebont, tandis que les Anglais mettent quinze jours encore à faire leurs préparatifs[16].

[16] Les désertions commençaient a décimer l’armée anglaise, et un mandement, daté de Northampton le 10 novembre 1380, ordonne l’arrestation d’hommes d’armes revenus de France et de Bretagne avant l’expiration de leur service (_Rec. Off., Close Rolls_ 227, m. 27 vº).

De leur côté, les Nantais, ayant à leur tête Jean le Barrois des Barres[17], Jean de Châteaumorand[18], le sire de Tournemine[19] et autres, s’apprêtent à la défense. P. 8, 9, 300.

[17] Jean des Barres, dit le Barrois, que nous avons déjà vu à Troyes en 1380 dans l’armée du duc de Bourgogne (t. IX, p. CVII, note 3), appartenait à la maison du duc de Bourbon. Avant cette date, il avait, en 1375, assisté à la chevauchée d’Auvergne; nous le retrouvons ici, aux côtés de son cousin germain Jean de Châteaumorand, à Nantes et à Vannes. La _Chronique du bon duc Loys_ nous le montre successivement à la bataille de Rosebecque (1382), à l’Écluse (1386), puis en Espagne, en Bordelais, en Bretagne (1387), enfin en Barbarie (1390) et à Gênes auprès de Boucicaut.

[18] Jean de Châteaumorand, l’inspirateur, peut-être le véritable auteur de la _Chronique_ de Cabaret d’Orville, était en 1370 écuyer de la maison du duc de Bourbon, dont il portait «continuellement» le pennon. Après avoir fait, en 1375, la chevauchée d’Auvergne et accompagné B. du Guesclin à son passage en Bourbonnais, en 1380, nous le retrouvons à Nantes et à Vannes. Il prend dès lors part à toutes les expéditions où figure le duc de Bourbon, qui l’envoie souvent en ambassade, et la _Chronique du bon duc Loys_ s’étend longuement sur ses exploits. Elle ne mentionne cependant pas son rôle en Orient (voy. Delaville Le Roulx, _la France en Orient_, p. 302, 360, etc.). Jean de Châteaumorand, qui fut sans doute fait chevalier à l’occasion du couronnement de Charles VI (Chazaud, _Chr. du bon duc Loys_, p. XIII-XIV), figure, en 1385, comme chambellan du duc de Bourbon, et, en 1388, comme chambellan du roi; en 1389, il est au service du duc de Touraine (_Bibl. nat., Pièces orig._ vol. 699).

[19] Un _Jean_ de Tournemine, écuyer de Charles d’Orléans, est, en 1410, au service du roi sous les ordres de Richemont (_Bibl. nat., Pièces orig._ vol. 2867).

Pendant ce temps, à Reims, le dimanche 4 novembre 1380, a lieu le couronnement du jeune roi Charles, entouré de ses quatre oncles, les ducs d’Anjou, de Berry, de Bourgogne et de Bourbon[20], des ducs de Brabant, de Bar, de Lorraine, etc. Le comte de Flandre[21] et le comte de Blois s’étaient excusés. La veille, le samedi, le jeune roi avait fait son entrée solennelle, au milieu d’un concours immense de seigneurs et de jeunes écuyers, comme ses cousins de Navarre, d’Albret, de Bar et d’Harcourt, qu’il devait le lendemain armer chevaliers; il avait veillé une grande partie de la nuit dans l’église Notre-Dame. Le dimanche, le roi est sacré par l’archevêque de Reims, en présence de tous les seigneurs et d’Olivier de Clisson, le nouveau connétable[22]. Pour célébrer son avènement, il ordonne que toutes impositions, aides, gabelles, fouages, subsides et autres impôts grevant le peuple seront abolis[23].

[20] Ne pouvant s’entendre sur l’interprétation de l’ordonnance de Charles V (août 1374) qui avait fixé la succession royale, les quatre oncles du roi convoquèrent au Parlement, le 2 octobre 1380, un conseil où figurèrent, à leur côté, la reine Blanche, la duchesse d’Orléans, les comtes d’Eu, d’Artois, de Tancarville, d’Harcourt, de Sancerre, de Brene, Charles de Navarre, les archevêques de Rouen, de Reims et de Sens, les évêques de Laon, Beauvais, Agen, Paris, Langres, Bayeux, Thérouanne, Évreux, Meaux et Chartres, et autres prélats et barons (_Arch. nat._, X1a 1471, fol. 382 vº). Ce conseil décida, après avoir donné le titre de régent au duc d’Anjou et confié la garde du roi aux ducs de Bourgogne et de Bourbon, de couronner au plus tôt le jeune Charles VI (_Religieux de Saint-Denis_, t. I, p. 16). Une violente dispute eut lieu entre le duc d’Anjou et le duc de Bourgogne, le jour même du couronnement, à propos de la préséance (_Ibid._, p. 30 et 32).

[21] Le comte de Flandre était occupé par le siège de Gand, qu’il voulut quitter, dit la _Chronique des Quatre Valois_ (p. 290), pour aller assister au sacre du roi, «mais les Flamens ne vouldrent souffrir qu’il laissast leur host durant ledit siege devant Gant».

[22] Olivier de Clisson ne fut officiellement nommé connétable de France que par lettres patentes du 28 novembre 1380 (Dom Lobineau, _Preuves de l’hist. de Bretagne_, t. II, p. 610); mais il avait prêté serment au roi dès le 21 octobre (_Bibl. nat., Brienne_ vol. 259, p. 27), «en especial contre le roy d’Angleterre». Nous trouvons, à la date du 8 novembre, une quittance donnée au service du connétable de France (_Bibl. nat., Clair._ vol. 36, nº 2725).

[23] Le roi promit à Reims de supprimer les aides, mais il ne tint cette promesse qu’à son retour à Paris, sous la menace d’une émeute (_Religieux de Saint-Denis_, t. I, p. 44; _Grandes Chroniques_, t. VI, p. 472; _Ordonn._, t. VI, p. 527): «Le juedi après la Saint Martin d’hiver» (15 novembre), «le roi nostre sire abati les aydes ayans cours en son royaume, par le conseil de nos seigneurs de son sang» (_Arch. nat._, X1a 1471, fol. 443; voy. aussi _Petit Thalamus_, p. 401, la _Chr. des Quatre Valois_, p. 291). Cette suppression des aides fut suivie à Paris (_Arch. nat._, JJ 147, fol. 108) et au dehors (_Ibid._, JJ 148, fol. 55) d’excès de tous genres contre les Juifs, qui venaient, en octobre, d’obtenir du roi la confirmation des lettres que Charles V avait données en leur faveur (_Arch. nat._, JJ 118, fol. 11 et 22). Ces excès n’avaient pas encore pris fin en décembre 1380, puisqu’à la date du 19 de ce mois on voit un Jean Beaudouin arrêtant un Juif «pour avoir de lui une ou deux pintes de vin, ainsi que compagnons ont acoustumé de demander aux Juifs, quant ilz sont trouvez sanz rouelle ou sauf conduit» (_Arch. nat._, JJ 118, fol. 93 vº). Une nouvelle émeute contre les Juifs avait lieu à Paris en janvier 1381 (_Ibid._, fol. 139).

Après la messe, le roi dîne au palais, sous une tente, avec ses oncles et les prélats; il est servi par des hauts barons montés sur des destriers caparaçonnés d’or: les sires de Couci, de Clisson, Gui de la Trémoïlle, l’amiral de France[24], et autres.

[24] M. Terrier de Loray (_Jean de Vienne_, p. 158, note 2) cite une quittance donnée par l’amiral, à la date du 4 novembre, «estant à la poursuite des Anglais», ce qui rend sa présence au sacre de Reims assez douteuse.

Le lundi, le roi se rend pour dîner à l’abbaye de Saint-Thierri[25], près de Reims; il retourne ensuite à Paris où il est bien accueilli par les habitants[26].

[25] Marne, arr. de Reims.

[26] C’est le dimanche 11 novembre que le roi rentra à Paris «à grant solempnité... et fu la ville encourtinée, et furent joustes faites au palais, le lundi et le mardi, des chevaliers et escuiers qui y estoient» (_Grandes Chroniques_, t. VI, p. 472).

Après ces fêtes, les oncles du roi se partagent le gouvernement: le duc de Berri a le Languedoc; le duc de Bourgogne la Picardie et la Normandie; le duc d’Anjou reste auprès de son neveu, pour diriger en son nom le royaume[27]. Sur la demande des ducs de Brabant et d’Anjou, le comte de Saint-Pol peut rentrer en France[28], où il s’établit dans son château de Bohain[29]. P. 9 à 13, 300, 301[30].

[27] A la date du 19 novembre 1380, le duc de Berri est nommé lieutenant général du roi en Guyenne, Toulousain, Languedoc, Berri, Poitou et Auvergne, avec faculté de disposer dans ces pays des finances du roi (_Bibl. nat., Brienne_ vol. 259, fol. 219-222 vº). Le duc d’Anjou, qui s’était déjà fait attribuer la majeure partie du trésor royal, reçoit en don (25 décembre 1380) les restes des forfaitures des Navarrais (_Arch. nat._, JJ 121, fol. 120). L’accord définitif pour le gouvernement du royaume eut lieu le 28 janvier 1381: un conseil de régence de douze personnes était nommé; la garde du roi et de Mr de Valois était confiée aux ducs de Bourgogne et de Bourbon; le duc d’Anjou avait la présidence du conseil (_Bibl. nat._, ms. fr. 6537, fol. 45, _orig._).

[28] Le comte de Saint-Pol vint à Paris demander grâce au roi, et, soutenu par de puissants amis, entre autres le sire de Couci, obtint la restitution de ses biens (_Chronographia regum francorum_, p. p. H. Moranvillé, t. III, p. 2). Il ne put, malgré ses efforts, arriver à perdre Bureau de la Rivière, auquel il reprochait sa disgrâce (_Religieux de Saint-Denis_, t. I, p. 36 et 38).

[29] Aisne, arr. de Saint-Quentin.

[30] Ici se placent, dans l’édition de Johnes, deux chapitres nouveaux, dont nous reparlerons à propos des §§ 210 et 216.

Le duc de Bretagne, comme nous l’avons dit, avait quitté Rennes et se dirigeait, avec les seigneurs de Montbouchier, de Montraulieu et tous ses conseillers, vers Hennebont et Vannes. Le comte de Buckingham, passant par Châtillon[31], Bain[32] et Nozay[33], arrive en quatre jours aux faubourgs de Nantes où il se loge à la porte Sauvetout; Guillaume de Latimer, connétable de l’armée, Gautier Fitz-Walter et Raoul Basset se logent à la porte Saint-Pierre; Robert Knolles et Thomas de Persi à la porte Saint-Nicolas; Guillaume de Windsor et Hugues de Calverley à la poterne de Richebourg.

[31] Châtillon-sur-Seiche, Ille-et-Vilaine, arr. de Rennes.

[32] Ille-et-Vilaine, arr. de Redon.

[33] Loire-Inférieure, arr. de Châteaubriant.

Ils sont aussitôt inquiétés par les défenseurs de la ville, Jean le Barrois des Barres en tête[34], qui, la veille de la Saint-Martin (10 novembre), les surprennent à la porte Saint-Pierre. P. 13 à 15, 301, 302.

[34] Aux défenseurs de la ville était venu se joindre, avec ses hommes d’armes, Pierre de Beuil, dont le père, Jean de Beuil, était engagé, le 12 décembre 1380, par le connétable de Clisson pour la guerre de Bretagne (_Bibl. nat., Clair._ vol. 23, nº 1665).

Le surlendemain (12 novembre), nouvelle escarmouche du côté de la Loire, que soutiennent Jean de Harleston, Guillaume de Windsor et Robert Knolles. P. 15, 16, 302.

Le 18 novembre, les Français font une sortie par la porte Sauvetout; mais les Anglais, gardés par les troupes allemandes, se défendent bien: ils n’en perdent pas moins un de leurs chefs, Thomas de Rhodes, et se laissent faire six prisonniers. P. 16, 17, 302.

Le siège dure toujours, et le comte de Buckingham reste sans nouvelles du duc de Bretagne, malgré les messagers qu’on lui envoie et que guettent sur les chemins les gens du pays. Le duc, en effet, ne peut décider ses hommes à venir avec lui assiéger Nantes: ils refusent de faire guerre et dommage sur la terre de Bretagne, pour le service des Anglais, alors que la cour de France, qu’on voulait effrayer tout d’abord, semble disposée à respecter leurs anciennes coutumes.

D’autre part, les hauts barons, les seigneurs de Clisson, de Dinan, de Laval, de Rochefort, le vicomte de Rohan, menacent le duc de lui faire eux-mêmes la guerre, s’il vient assiéger Nantes; ils lui conseillent, au contraire, de se soumettre au jeune roi de France, qu’il ne peut haïr comme son père[35]. P. 17 à 19, 302, 303.

[35] D’après le _Religieux de Saint-Denis_ (t. I, p. 58 et 60), c’est surtout à l’intervention du sire de Beaumanoir qu’est due la reprise des négociations, commencées du vivant même de Charles V (_Grandes Chroniques_, t. VI, p. 473).

Sous les murs de Nantes les escarmouches continuent; le soir de la Notre-Dame des Avents (8 décembre), dans une sortie contre Guillaume de Cosyngton[36] et les hommes de guet, le seigneur d’Amboise[37] est fait chevalier par Amauri de Clisson[38], cousin-germain du connétable. P. 19, 20, 303.

[36] Ce _Cosyngton_, qui ne peut être le Guillaume figurant en 1313 dans Rymer (t. III, p. 406), doit être identifié avec _Étienne_ de Cosyngton, bien connu déjà, qui, d’après la _Chronique du bon duc Loys de Bourbon_ (p. 124), fut fait prisonnier dans cette sortie.

[37] Pierre II, seigneur d’Amboise, vicomte de Thouars en 1397, mort en 1422.

[38] Amauri de Clisson, qui prend part plus tard à l’expédition de Gueldre, figure comme chevalier bachelier, avec deux autres chevaliers et six écuyers, dans une revue reçue à Corenzich le 1er octobre 1388. Une quittance à son nom, de 129 francs, porte la date du 27 septembre de la même année (_Bibl. nat., Pièces orig._ vol. 789).

Le jeudi d’avant la Noël (20 décembre)[39], les Anglais sont encore attaqués par le Barrois des Barres et le seigneur de Cholet[40]; ils perdent un de leurs chevaliers, Hugues Tyrel[41], mais, malgré leur désir, ils n’osent dégarnir leurs postes pour envoyer, sous bonne escorte, de nouveaux messagers rappeler au duc ses engagements. P. 20 à 22, 303, 304.

[39] A la date du 18 décembre 1380, le roi Richard appointe John Orewell pour arrêter vingt vaisseaux destinés à aller porter secours _par la Loire_ à l’armée de Buckingham (_Rec. Off., Lord Treas. Rem., For. Rolls_ nº 2).

[40] Yves de Cholet mourait en 1390 sous les murs de Carthage pendant l’expédition de Barbarie (_Religieux de Saint-Denis_, t. I, p. 668).

[41] Rymer cite au moins deux Anglais de ce nom. Il faut sans doute identifier celui dont il s’agit ici avec Hugh Tyrrel, capitaine, en 1374, du château d’Auray en Bretagne et garde du château de Carisbrooke dans l’île de Wight en 1377 (Rymer, t. VII, p. 51 et 147).

La veille de Noël (24 décembre), grande escarmouche, où se distinguent du côté anglais Yves Fitz-Warin et Guillaume Drayton[42]; le chevalier français, Tristan de la Jaille, est fait prisonnier par un écuyer de Hainaut, Thierri de Sommaing[43]. P. 22, 23, 304.

[42] Nous retrouvons ce personnage en Flandre en 1385 au service du roi d’Angleterre (Rymer, t. VII, p. 488).

[43] Les Nantais surprirent l’ennemi et détruisirent la mine qu’il faisait depuis plusieurs jours. Tristan de la Jaille, prisonnier, fut sans doute échangé, car il figure plus loin aux joutes de Vannes. Au dire de la _Chronique du bon duc Loys_, Thierri de Sommaing fut tué dans cette escarmouche (p. 125).

Pendant les fêtes de Noël, les hostilités cessent. P. 23, 24, 304.

Depuis plus de deux mois, les Anglais sont sous les murs de Nantes. Le comte de Buckingham décide alors de lever le siège et d’aller avec toutes ses troupes trouver le duc à Vannes. L’armée anglaise part donc le 2 janvier[44], passe par Nort[45], Moisdon[46], Teillais[47], Bain, traverse la Vilaine et arrive à Lohéac[48] un samedi (12 janvier); de là par Guer[49], Mauron[50], la Trinité[51], elle vient traverser l’Oust à Brehan[52], et campe sur la rive droite de la rivière.

[44] Malgré les pillages nombreux auxquels ils se livraient (_Religieux de Saint-Denis_, t. I, p. 62), les Anglais avaient grand’peine à se ravitailler; aussi la disette de vivres, jointe à «une maladie de cours de ventre qui fort les acoura» (_Chr. du bon duc Loys de Bourbon_, p. 127), fut la véritable cause de la levée du siège de Nantes.

[45] Loire-Inférieure, arr. de Châteaubriant.

[46] Loire-Inférieure, arr. de Châteaubriant.

[47] Ille-et-Vilaine, arr. de Redon.

[48] Ille-et-Vilaine, arr. de Redon.

[49] Morbihan, arr. de Ploërmel.

[50] Morbihan, arr. de Ploërmel.

[51] La Trinité-Porhoët, Morbihan, arr. de Ploërmel.

[52] Morbihan, arr. de Ploërmel.

Effrayés de l’approche des Anglais, les habitants de Vannes demandent conseil au duc de Bretagne qui les rassure et les engage à ouvrir leurs portes au comte, sous la condition qu’il ne logera que quinze jours dans leur ville. Lui-même, le lendemain, il sort de Vannes au-devant de Buckingham qui, après un arrêt à Brehan, avait, la nuit précédente, couché à Saint-Jean[53].

[53] Saint-Jean-Brevelay, Morbihan, arr. de Ploërmel.

Le duc s’excuse auprès du comte de son manque de parole: il invoque les résistances qu’il a rencontrées chez ses vassaux et les menaces des seigneurs de Clisson, de Laval et autres hauts barons. La saison, du reste, est avancée; mieux vaut attendre l’été pour recommencer la campagne. Le comte, bien accueilli par les habitants de Vannes, jure de n’y séjourner que quinze jours et est logé au château de la Motte[54], tandis que le duc s’en va à son château de Sucinio[55], d’où il échange des visites avec le comte.

[54] Ce château ducal, à Vannes, fut rebâti au XIIIe, puis au XVIIe siècle pour devenir le palais épiscopal, et servit de préfecture après la révolution; il a été presque complètement démoli en 1866.

[55] Château situé à Sarzeau, Morbihan, arr. de Vannes.

Les lieutenants de Buckingham devaient, d’après les conventions, être logés avec leurs hommes à Hennebont[56], à Quimper-Corentin[57] et à Quimperlé[58]; mais ils ne peuvent réussir à se faire ouvrir les portes de ces villes et sont forcés de se cantonner dans les faubourgs, où ils souffrent du froid et du manque de vivres[59].

[56] Morbihan, arr. de Lorient.

[57] Quimper, Finistère, ch.-l. de dép.

[58] Finistère, ch.-l. d’arr.

[59] Les barons bretons n’avaient pas consenti à laisser entrer les Anglais dans les villes; ils ne leur avaient laissé que la campagne et les faubourgs et les avaient obligés à s’approvisionner à prix d’argent auprès des habitants (_Religieux de Saint-Denis_, t. I, p. 58).

Harcelées sans cesse par les garnisons des châteaux de Kaer[60] et de Guéméné-Guingamp[61], appartenant au vicomte de Rohan, et par celles des châteaux de Josselin[62], de Montaigu[63] et de Moncontour[64], appartenant au seigneur de Clisson, menacées par les forces du connétable qui occupe le pays[65], n’osant ni s’en aller ni se porter mutuellement secours, les troupes anglaises en sont réduites à se contenter de l’intervention douteuse du duc de Bretagne. P. 24 à 30, 304 à 306.

[60] Château situé à Locmariaquer, Morbihan, arr. d’Aurai.

[61] Aujourd’hui Guéméné-sur-Scorf, Morbihan, arr. de Pontivi.

[62] Morbihan, arr. de Ploërmel.

[63] Vendée, arr. de la Roche-sur-Yon.

[64] Côtes-du-Nord, arr. de Saint-Brieuc.

[65] Les troupes qu’avait rassemblées Olivier de Clisson étaient importantes; à la date du 1er août 1380, nous voyons figurer dans une montre passée à Château-Josselin deux chevaliers bannerets, trente-deux chevaliers bacheliers et cent soixante-cinq écuyers (Dom Morice, _Mémoires_, t. II, col. 254-255).

Le duc, en effet, durant ce temps, négocie la paix à Paris avec le roi de France, par l’entremise du vicomte de Rohan, de Charles de Dinan, de Gui de Laval et de Gui de Rochefort, aux conseils desquels il se rend, craignant qu’une fois établis en Bretagne, les Anglais n’en veuillent plus sortir. P. 30 à 32, 306, 307.

Les Anglais ignorent[66] tout cela et passent leur temps en joutes. On se rappelle le combat de Gauvain Michaille et de Janekin Cator dans la forêt de Marchenoir[67]. A cette occasion, plusieurs défis avaient été échangés entre chevaliers anglais et français, mais le comte de Buckingham avait ajourné ces joutes, qui, une fois encore, sous les murs de Nantes, n’avaient pu avoir lieu.

[66] Malgré l’opinion du _Religieux de Saint-Denis_ (t. I, p. 56), les Anglais ignorèrent si bien les négociations de paix entreprises par les barons bretons, qu’à la date des 21 et 24 décembre 1380, Thomas Credy et Walter Leicester étaient chargés de réunir des navires destinés à transporter des troupes en Bretagne en même temps qu’en Portugal (_Rec. Off., Issue Rolls_ 302, m. 13; _Queen’s Rem., Misc., Nuncii_ 632/12). Dès le mois de février 1381, Thomas de Felton s’apprêtait à partir pour la Bretagne avec 900 hommes d’armes et 900 archers, «pro fortificatione Thome, comitis Buk. et exercitus regis...» (_Ibid., Issue Rolls_ 303, m. 12). L’insurrection des communes empêcha son départ ainsi que celui de Jean des Roches, de Pierre Veel et de Robert Passelewe, qui, de Dartmouth, devaient aller au-devant de Buckingham (_Rec. Off., Lord Treas., Rem., For. Acc._ 5, m. 11 rº et m. 20 vº).

[67] Voy. t. IX, p. 272-274 et 278-279.

Quand les Anglais sont cantonnés à Vannes et aux environs, les chevaliers français veulent à tout prix tenir leurs engagements, et, grâce à un sauf-conduit donné par le connétable de France, des passes d’armes mettent en présence à Château-Josselin des chevaliers des deux nations, entre autres le Galois d’Aunoi[68] et Guillaume Clynton[69], Lionnel d’Airaines[70] et Guillaume Frank[71]. P. 32 à 34, 307, 308.

[68] Voy. sur Robert d’Aunoi, dit le Galois, que Kervyn confond avec son père Philippe, la notice détaillée de M. H. Moranvillé dans le _Songe véritable_, p. 93-96 (Extrait des _Mémoires de la Soc. de l’Hist. de Paris_, t. XVII).

[69] La _Chronique du bon duc Loys_ fait mourir ce «banneret» anglais sous les murs de Nantes. Il est probable qu’elle commet une erreur, car en avril 1399, nous voyons un Guillaume Clynton accompagnant le roi Richard en Irlande et intervenant, en 1406, à l’acte réglant la succession du roi Henri IV (Rymer, t. VIII, p. 78 et 463).

[70] Peu de temps auparavant, le 1er octobre 1380, Lionnel d’Airaines assistait à une revue à Ardres (_Bibl. nat., Clair._ vol. 5, nº 238).

[71] Ce chevalier anglais est sans doute le même que _Jean_ Franc, que la _Chronique du bon duc Loys_ fait mourir à tort dans une escarmouche du siège de Nantes, puisque nous le retrouvons plus tard en Barbarie en 1390. Le témoignage de Cabaret est du reste ici comme ailleurs assez sujet à caution, car parmi les chevaliers anglais tués en même temps que Franc, il cite Thomas Trivet, qui ne mourut qu’en 1388 d’une chute de cheval (Froissart, éd. Kervyn, t. XII, p. 251-252).

Les joutes se continuent à Vannes, en présence du comte de Buckingham et des principaux chefs anglais[72]. P. 34, 35, 308.

[72] La _Chronique du bon duc Loys_ parle longuement de ces joutes de Vannes, où devaient primitivement figurer quinze hommes d’armes de l’hôtel du duc de Bourbon contre quinze Anglais (p. 127-128) et combattre à outrance. Les champions, réduits à cinq de chaque côté, par suite de la fatigue des chevaliers anglais (p. 130), ne portent pas tout à fait les mêmes noms que dans Froissart. Ce sont, du parti anglais: Wautier Cloppeton, Édouard de Beauchamp, Thomas de Hennefort, Brisselai et Jean de Traro; du parti français: Jean de Châteaumorand, le Barrois, le bâtard de Glarains, le vicomte d’Aunai et Tristan de la Jaille.

Joute des seigneurs de Pouzauges et de Vertaing; le seigneur de Pouzauges est blessé. Joute de Jean d’Aubrecicourt et de Tristan de la Jaille. Joute du bâtard de Clarens[73] et d’Édouard de Beauchamp[74], remplacé par Janekin Stonckel. P. 35 à 37, 308, 309.

[73] De la maison du duc de Bourbon, le bâtard de Clarens se trouvait en Bretagne, après avoir fait la campagne d’Auvergne, en 1375, et accompagné B. du Guesclin en Bourbonnais en 1380. En 1382, il assiste à la bataille de Rosebecque et, en 1386, il fait partie des chevaliers partant porter secours à l’évêque de Metz, Pierre de Luxembourg.

[74] D’après la _Chronique du bon duc Loys_ (p. 131), Éd. de Beauchamp était ivre, ce qui l’empêcha de fournir sa joute. Cet écuyer fit, en 1386, la campagne d’Espagne au service du roi de Castille (Rymer, t. VII, p. 490).

Joute de Janekin Cloton[75] et de Jean de Châteaumorand. Janekin Cloton est jugé trop faible pour lutter. P. 37, 38, 309.

[75] Le même sans doute que le _Gautier_ Clopton de la _Chronique du bon duc Loys_, que Rymer cite à la date de 1397 (t. VIII, p. 10).

Il est remplacé par Guillaume de Faringdon[76], qui blesse à la cuisse Jean de Châteaumorand. P. 38, 39, 309, 310.

[76] La joute de Jean de Châteaumorand et de Guillaume de Faringdon eut lieu le lendemain de celle où avait figuré Janekin Cloton.

Tandis que les Anglais, logés à Vannes et aux environs, sans autre ravitaillement que ce qui leur vient des îles de la Manche et de Cornouailles, attendent la fin de l’hiver pour recommencer la guerre avec de nouveaux renforts, les barons bretons continuent à Paris leurs négociations en vue de la paix, désirée surtout par le duc d’Anjou qui prépare son expédition d’Italie[77].

[77] Grâce aussi au duc de Bourgogne, allié par sa femme au duc de Bretagne (_Religieux de Saint-Denis_, t. I, p. 60).

On arrive enfin à une entente: le duc de Bretagne s’engage à faire évacuer son duché par les Anglais, auxquels il fournira des navires. Ceux d’entre eux qui appartiennent à la garnison de Cherbourg seront libres de retourner par terre avec un sauf-conduit. Le duc viendra en France faire hommage au roi[78]. P. 39 à 42, 310, 311.

[78] Le traité de paix, par lequel le duc de Bretagne fait sa soumission au roi, est signé le 15 janvier 1381 à Vincennes. Par cet acte, le duc de Bretagne demande pardon au roi et s’engage à lui faire hommage; il promet son concours contre les ennemis du roi de France et particulièrement les Anglais; il paie une indemnité de 200,000 francs (Dom Lobineau, _Hist. de Bretagne_, t. II, col. 610 et suiv.). Olivier de Clisson ratifie ce traité le 23 février, remettant aux mains du roi son différend avec le duc de Bretagne, qui, le 4 avril, à Guérande, appose son sceau au traité en présence des commissaires royaux: Jean le Fèvre, évêque de Chartres, Arnaud de Corbie, premier président au Parlement, Pierre de Chevreuse, Jean le Mercier et Jean Tabary, secrétaire du roi (H. Moranvillé, _Étude sur Jean le Mercier_, p. 85). Ce n’est que le 27 septembre, à Paris, que le duc de Bretagne prête hommage au roi (Dom Morice, _Hist. de Bretagne_, t. I, p. 384). Charles VI n’avait pas attendu cette date pour accorder une rémission générale aux partisans du duc de Bretagne à Saint-Denis, le 2 mars 1381 (_Arch. nat._, JJ 118, fol. 187).

Quand les Anglais apprennent que la paix est conclue entre le roi de France et le duc de Bretagne, ils s’en montrent fort mécontents. Après de longues explications et excuses de la part du duc[79], le comte de Buckingham quitte Vannes le 11 avril 1381[80] et s’embarque aussitôt: il part le soir même pour l’Angleterre, refusant une dernière entrevue que lui demande le duc. P. 42 à 44, 311.

[79] Pour apaiser Buckingham, le duc avait, le 11 avril, fait dresser un acte par lequel ses barons s’engageaient à refuser de combattre les Anglais, si le roi de France voulait y forcer le duc. Buckingham feignit de se contenter de cet acte et partit (Dom Morice, _Hist. de Bret._, t. I, p. 384).

[80] Walsingham (_Hist. angl._, t. I, p. 444) prétend que le duc de Bretagne donna de l’argent aux Anglais pour obtenir leur départ. L’armée anglaise était alors bien diminuée par les maladies (_Religieux de Saint-Denis_, t. I, p. 66): de 6,000 hommes qu’elle comptait devant Nantes, elle n’en avait guère plus de 3,000 (_Chr. du bon duc Loys_, p. 35), et avait perdu tous ses chevaux (Walsingham, t. I, p. 444). Le paiement des gages de Buckingham (9,000 livres) et celui de ses chevaliers est daté de Brest, 30 avril 1381 (_Rec. Off., Lord Treas. Rem., For. Acc._ 4, m. 40 vº et 50 vº). Le 2 mai, le comte de Buckingham arrive à Falmouth avec 1,069 hommes; le reste de ses gens débarque dans d’autres ports de Cornouailles (_Rec. Off., Lord Treas. Rem., For. Acc._ 4, m. 40 vº).

Le connétable fait donner des sauf-conduits aux Anglais qui retournent à Cherbourg; parmi eux se trouvent les chevaliers Jean Burley, Yves Fitz-Warin, Guillaume Clynton et l’écuyer Nicolas Clifford[81]. Ce dernier rencontre à Château-Josselin un écuyer du comte de la Marche, Jean Boucinel, qui l’avait défié autrefois à Valognes. Un nouveau défi a lieu, et, malgré les résistances de Clifford, le connétable, pris comme arbitre, décide que le lendemain le combat se fera. P. 44 à 47, 311, 312.

[81] A ces noms, il faut ajouter ceux de Guillaume de Windsor, qui part pour Cherbourg le 5 mars, de Guillaume de Faringdon et de Massy de Podyngton, qui s’apprêtent à le rejoindre, le 30 mai (_Rec. Off., Early Chancery Rolls_ 325, m. 13 et 2).

Jean Boucinel est tué par Clifford. Les Anglais, sous la conduite du Barrois des Barres, s’acheminent vers Cherbourg. P. 47 à 51, 312, 313.