‹ Chroniques de J. Froissart, tome 11/13Chapitre 6 sur 17 · CXXII).

CXXII).

[238] Messire Hugues de Montmorenci, seigneur de Beausault, banneret, figure dans une revue tenue à Arras, le 27 avril 1385 (_Bibl. nat._, _Pièces orig._ vol. 2031), et reçoit à l’Écluse, le 8 mai 1385, ses gages pour lui, 5 chevaliers bacheliers et 27 écuyers (_Jean de Vienne_, p. CXX). En 1401, il est chambellan du duc d’Orléans (_Bibl. nat._, _Coll. de Bastard_, p. 48).

[239] Robert de Wavrin, chevalier, reçoit à Arras, le 27 avril 1385, ses gages, pour lui, un autre chevalier et trois écuyers (_Jean de Vienne_, p. CXXV). C’était le petit-fils d’un autre Robert de Wavrin, seigneur de Saint-Venant, qui avait cédé au roi en 1364 le château de l’Écluse-en-Pailleul pour 3,000 francs d’or (_Bibl. nat._, _Pièces orig._ vol. 3048).

[240] Charles d’Ivri, chevalier, reçoit ses gages à Arras, le 27 avril 1385, pour lui, deux autres chevaliers et 5 écuyers (_Jean de Vienne_, p. CXVII).

[241] Messire Guillaume de Courci, chevalier banneret, figure dans une montre tenue à Saint-Johnston, le 28 octobre 1385, avec un chevalier bachelier et 6 écuyers (_Jean de Vienne_, p. CXII).

[242] Chambellan du duc d’Orléans en 1401 (_Bibl. nat._, _Coll. de Bastard_, p. 48). Un _Henri_ de Ferrières est, en 1377, châtelain de Pont-de-l’Arche (_Bibl. nat._, _Pièces orig._ vol. 1131).

[243] Jean de Fontaines, chevalier, figure dans une montre tenue à Édimbourg, le 3 août 1385, avec 2 chevaliers et 6 écuyers (_Jean de Vienne_, p. CXIII). Chambellan du duc d’Orléans, il est envoyé à Asti, en mars 1394, payer les gens d’armes de Couci. Il assiste en mai de la même année au siège de Vaufenières et devient gouverneur d’Asti, où il est encore en juin 1401. En 1408, il fait un voyage à Tours, et, en 1411, il reçoit des montres de gens d’armes (_Bibl. nat._, _Coll. de Bastard_, p. 58, 147, 152, 175, 180-183; _Pièces orig._ vol. 1184).

[244] Guillaume de Braquemont, dit Braquet, reçoit ses gages à l’Écluse, le 7 mai 1385, pour lui, 5 chevaliers et 47 écuyers (_Jean de Vienne_, p. CV). Chambellan du duc d’Orléans, lieutenant général au duché de Luxembourg et maréchal d’Orléans, seigneur du Pont-Tranquart, il est capitaine de Chauni-sur-Oise en 1402 (_Bibl. nat._, _Coll. de Bastard_, p. 16, 31, 48, 56, 68, 150, 185, 190).

[245] Il s’agit sans doute ici d’un _Gaucourt_ ou d’un _Jaucourt_.

[246] Étienne de _Landri_ (et non de _Landom_, non plus que de _Landuri_ p. 268), chevalier, est, le 3 août 1385, à Édimbourg dans la montre de Jean de Blaisi (_Jean de Vienne_, p. CII).

[247] Messire Gui la Personne est sous les ordres de Jean de Fontaines, chevalier, le 3 août 1385, à Édimbourg (_Jean de Vienne_, p. CXIII).

[248] Messire Guillaume de Cauroi, chevalier, figure dans une montre tenue le 3 août 1385 à Édimbourg (_Jean de Vienne_, p. CVII). En mai 1383, il était en Picardie sous les ordres des sires de Couci et de Sempi (_Bibl. nat._, _Clair._ vol. 24, nº 1783).

[249] Messire Jean de Hangest, banneret, figure dans une revue tenue à Saint-Johnston, le 28 octobre 1385, avec 2 chevaliers bacheliers et 17 écuyers (_Jean de Vienne_, p. CXV). On le trouve, en novembre 1397, seigneur de Heugueville, chambellan et conseiller du roi (_Bibl. nat._, _Coll. de Bastard_, p. 38).

[250] Un Aubert de Hangest, qui ne peut être le jeune chevalier dont il s’agit ici, figure dans une montre tenue à Pontorson le 1er février 1356 (_Bibl. nat._, _Pièces orig._ vol. 1474), monté sur un cheval bai «estellé,» c’est-à-dire marqué d’une étoile.

[251] Ce personnage est, sans aucun doute, le même que celui que nous retrouvons plus loin (p. 257) au siège de Werk, sous le nom de Weri _Gastelin_, qu’il faut lire _Gascelin_.

Le mois de mai est beau; la trêve a pris fin[252]. La petite expédition profite d’un bon vent pour cingler vers l’Écosse, au grand ennui des Anglais[253]. P. 197 à 199, 404, 405.

[252] Du 23 mars au 30 avril 1385, l’évêque de Hereford vint à Calais pour entamer de nouvelles négociations de paix (_Rec. Off._, _Issue Rolls_ 208, m. 22; 209, m. 2; _Queen’s Rem._, _Nuncii_ 319/15) qui n’aboutirent, d’après Walsingham (t. II, p. 127), qu’à une courte trêve.

[253] Après d’assez longues hésitations, Jean de Vienne part le 20 mai 1385 (_Jean de Vienne_, p. 189) avec ordre d’attendre en Écosse les secours du sire de Couci et de Louis de Sancerre (_Relig. de Saint-Denis_, t. I, p. 350).

L’expiration de la trêve a ramené les préparatifs de guerre. Jean Bourchier, capitaine de Gand, aidé de Pierre du Bois, de François Ackerman et de Pierre de Wintere garnit la ville de Gand ainsi que le château de Gavre. Il trouve d’utiles auxiliaires contre le châtelain d’Ath, Baudouin de la Motte[254], dans les _Porcelets_ de la Raspaille, bande de routiers pillards, réfugiés dans le bois qui porte ce nom[255]. P. 199, 200, 405, 406.

[254] Nous voyons figurer le chevalier Baudouin de la Motte, à la date du 15 juin 1384, dans le _Cartulaire des comtes de Hainaut_ (t. II, p. 338).

[255] Ce bois est situé entre Renaix, Grammont, Enghien et Lessines.

Grâce au duc de Bourgogne, les principales villes de Flandre sont en bon état de défense, sous la haute direction du grand bailli de Flandre, Jean de Jeumont, qui en toute occasion se montre implacable contre les Gantois[256]. Il ne réussit pas toujours cependant. Dans une expédition qu’il tente contre les Quatre-Métiers, avec le concours des chevaliers de la garnison d’Ardembourg, Gui de Pontallier, maréchal de Bourgogne, Rifflard de Flandre[257], Henri d’Antoing, Jean de Montigni et autres, il n’a pas l’avantage, et perd plusieurs des siens. Le vicomte de Meaux est envoyé à Ardembourg pour renforcer la garnison. P. 200 à 202, 406, 407.

[256] Walsingham fait allusion aux mauvais traitements que les Français faisaient subir aux Flamands (t. II, p. 120).

[257] Un des bâtards du comte de Flandre.

La guerre est partout, aussi bien entre la France et l’Angleterre qu’entre la Castille et le Portugal[258]. La duchesse d’Anjou, qui prend le titre de reine de Naples et de Jérusalem, est à Avignon, auprès du pape, avec son fils Louis[259]. Conseillée par le sire de Couci et Jean de Bueil, soutenue par les bandes de Bernardon de la Salle, elle attend, pour reconquérir son comté de Provence, l’arrivée du duc de Berri[260] et des troupes royales que lui amène Louis de Sancerre, maréchal de France. Marseille et la plus grande partie de la Provence s’est déclarée pour elle[261]; mais Aix et Tarascon[262] ne veulent pas la reconnaître.

[258] Le récit des hostilités de l’Espagne et du Portugal et de l’élection du nouveau roi de Portugal est donné par Froissart dans le troisième livre de ses Chroniques.

[259] La duchesse d’Anjou et ses deux fils arrivent à Avignon le 25 avril 1385 (_Petit Thalamus_, p. 410). Le 21 mai, jour de la Pentecôte, le pape donne au jeune roi, qui lui fait hommage, l’investiture du royaume de Sicile (_Journal de J. le Fèvre_, t. I, p. 111).

[260] Le duc de Berri arrive le 13 juin. Aussitôt la duchesse, pour s’assurer le concours de Bernardon de la Salle, cherche à recueillir les 50,000 florins qu’elle lui doit déjà et une nouvelle somme de 20,000 florins pour parer aux événements. Le pape consent sur ces 70,000 florins à en payer 36,000; la reine paiera le reste (Durrieu, _les Gascons en Italie_, p. 149-151).

[261] Le jeune roi entre à Marseille le 19 août 1385 (_Journal de J. le Fèvre_, t. I, p. 155).

[262] Le 12 juillet Bernardon est envoyé pour recevoir la soumission de Tarascon (Durrieu, _les Gascons en Italie_, p. 151-152), où le roi entre le 4 décembre (_Journal de J. le Fèvre_, t. I, p. 205).

En Italie, ses intérêts sont soutenus par le comte de Conversano et par Jean de Luxembourg[263]. P. 202, 203, 407, 408.

[263] Thomas de Sanseverino, qui avait recueilli les restes de l’armée du duc d’Anjou, avait, par un concours de circonstances imprévues, contracté alliance avec le pape Urbain, que Charles de Durazzo assiégeait dans Nocera (7 juillet 1385). C’eût été un coup de maître de s’emparer de ce nouvel allié, Urbain, et de le livrer à Clément. Un routier allemand, le comte Conrad, y songea, ainsi que Bernardon de la Salle qui vint en Italie pour tenter la chose. Tout échoua par le manque d’argent. Urbain put s’échapper de Nocera, et Charles de Durazzo se fit couronner roi de Hongrie (Durrieu, _les Gascons en Italie_, p. 152-156). Le 5 février 1386, il mourait à Bude, assassiné par le comte Stefano (_Journal de J. le Fèvre_, t. I, p. 245), alors que la duchesse d’Anjou, avec l’aide de P. de Bueil, s’apprêtait à recommencer la lutte.

Vers le même temps se place l’arrestation, puis la mise à mort[264] de Barnabo Visconti, par son neveu Jean Galéas, qui s’empare de ses états et devient maître de toute la Lombardie. P. 203 à 207, 408 à 410.

[264] D’après le _Journal de Jean le Fèvre_ (t. I, p. 218), Barnabo Visconti mourut le 17 décembre 1385; l’_Art de vérifier les dates_ donne la date du 18.

Revenons au duc de Bourbon, qui, accompagné de son neveu, Jean d’Harcourt, a quitté Moulins et se dirige sur Niort, où a lieu le rassemblement de ses hommes d’armes. Guillaume de Neilhac, sénéchal de Saintonge, profite de quelques jours de répit pour assiéger et prendre en Angoumois le château d’Aigre[265]. P. 207, 208, 410.

[265] Charente, arr. de Ruffec.

Le duc arrive à Niort[266], où l’attendent son cousin le comte de la Marche, le vicomte de Thouars, Aimeri de Rochechouart, sénéchal de Limousin, et les barons de Poitou et de Saintonge, ainsi que Guillaume de Neilhac, qui vient de s’emparer d’Aigre.

[266] C’est le 1er juin qu’était convoquée à Niort la noblesse de Poitou, de Berri, d’Auvergne, de Limousin, de Rouergue et de Saintonge.

L’armée se compose de 700 lances, soit, avec les Génois et les valets, 2,000 combattants; elle est commandée par Jacques Poussart[267] et Jean Bonne-Lance. On décide d’assiéger Montlieu[268], sur le chemin de Bordeaux; la ville est prise facilement. Le duc de Bourbon remonte alors vers le nord; prend en passant les petits forts de la Tronchette[269] et d’Archiac[270], puis vient mettre le siège devant Taillebourg[271], défendu par le gascon Durandon de la Parade. P. 208, 209, 410, 411.

[267] Un Jacques Poussart est qualifié de docteur ès lois dans un certain nombre d’actes du XIVe siècle. Ce ne semble pas être celui dont il s’agit ici. Voy. P. Guérin, _Arch. hist. du Poitou_, t. XXI, p. 421, n. 1.

[268] Charente-Inférieure, arr. de Jonsac.--L’ordre dans lequel s’effectua la chevauchée du duc de Bourbon n’est pas le même dans Cabaret d’Orville (_Chr. du bon duc Loys de Bourbon_, p. 136-144) et dans Froissart, qui en reparle plus loin (p. 252). D’après un document cité par M. P. Guérin (_Arch. hist. du Poitou_, t. XXI, p. 391, n. 1), fixant la prise de Montlieu au 15 août 1385, c’est l’itinéraire fourni par Cabaret d’Orville qui semblerait préférable. La chevauchée, qui dura près de six mois, se serait donc faite dans l’ordre suivant: _Taillebourg_, _Bourg-Charente_, _Jarnac_, _le Fan_ (Charente, commune de Sireuil; juin 1385), _la Tronchette_, _Archiac_ et _Montlieu_. Pour la suite, voy. p. LVIII, n. 289, et LXIII, n. 318.

[269] Il nous a été impossible d’identifier ce nom de lieu avec une localité actuelle.

[270] Charente-Inférieure, arr. de Jonsac.

[271] Charente-Inférieure, arr. de Saint-Jean-d’Angély.

Les Français s’emparent d’abord du pont de Taillebourg et sont maîtres ainsi de la rivière. P. 209, 210, 411, 412.

Mais ils ont grand’peine à s’emparer du château, qu’ils assiègent plus de neuf semaines. Durandon, espérant être secouru par l’armée anglaise, que doit mener à Bordeaux, puis en Navarre et en Castille, le duc de Lancastre, résiste jusqu’au bout. Il apprend plus tard que l’expédition est remise à un autre temps, toutes les forces anglaises étant réservées pour s’opposer aux attaques multiples de la France en Bretagne, en Normandie et en Écosse. Les ports sont mis en état de défense, et l’amiral anglais, Richard d’Arundel, tient la mer avec près de 100 bateaux chargés de combattants. P. 210 à 212, 412, 413.