L’IMPRESSION INSTANTANÉE,
Ou la communication des couleurs par la volonté.
Je présentais au public plusieurs flacons remplis de diverses couleurs, et j’annonçais que, par un procédé nouveau, je pouvais faire passer des liquides colorés à travers un faible ruban de soie, à quelque distance que ce fût.
Je mettais alors au milieu des spectateurs un petit pupitre sur lequel j’étendais un linge.
Messieurs, disais-je, voici un cachet communiquant par un léger cordon à cette bouteille qui est pleine d’une liqueur rouge; veuillez essayer d’en imprimer l’empreinte en pressant sur l’étoffe.
Un des spectateurs essayait, mais en vain; l’étoffe restait entièrement blanche.
--Pour faire passer le liquide jusque dans le cachet, ajoutais-je avec un grand sérieux, il manque une formalité; il faut que j’en donne le commandement. Je le fais en ce moment. Essayez maintenant, je vous prie.
En effet, le nom gravé sur le cachet s’imprimait en beaux caractères rouges; mais sitôt que je donnais un ordre contraire, on avait beau appliquer le cachet, le liquide ne passait plus.
Je prenais ensuite un autre flacon contenant du bleu, j’y attachais le ruban par une de ses extrémités, et afin qu’on fût bien assuré qu’il n’y avait aucune préparation dans le cachet, je priais un spectateur d’attacher une clé à l’autre bout du ruban. Ces conditions remplies et le commandement en étant donné, on pouvait écrire sur le linge avec la clé comme si c’eût été un pinceau.
Je terminais cette expérience en faisant subitement changer un bouquet de roses blanches en roses d’un rouge très vif.
[Illustration]
LE COFFRE TRANSPARENT,
Ou les Pièces voyageuses.
Ce tour avait pour but de montrer avec quelle facilité je pouvais faire passer invisiblement des pièces de monnaie d’un endroit à un autre.
J’empruntais huit pièces de cinq francs que je faisais marquer avec beaucoup de soin par les spectateurs, puis je les mettais ostensiblement dans un vase en cristal que je tenais à la main.
Je posais un autre vase sur une table à l’extrémité de ma scène et j’annonçais qu’en frappant avec ma baguette sur celui où se trouvaient les pièces, une d’elles en sortirait à chaque coup pour passer dans le verre vide.
Effectivement, au son que ma baguette produisait sur le cristal, une pièce en sortait pour passer dans l’autre vase, et l’on en entendait le son argentin.
Au lieu de faire passer la huitième comme les autres, je la sortais du vase et je la remettais entre les mains d’une dame, en la priant de bien la serrer pour l’empêcher de s’échapper.
Mais à l’instant où frappant sur la cloche, je disais: partez, la pièce emprisonnée sortait de la main et on l’entendait rejoindre ses compagnes.
Pour terminer l’expérience d’une manière concluante, je suspendais à de minces cordons de soie accrochés au plafond, un coffre de cristal transparent. Je le faisais balancer dans l’espace et lorsqu’il se trouvait à son plus grand éloignement de la scène, j’y envoyais les pièces que l’on voyait parfaitement arriver dedans.
A chacune de ces expériences, l’identité des pièces était constatée.
Représenté pour la première fois le 4 septembre 1849.
[Illustration]
LE GARDE-FRANÇAISE,
Ou la Colonne au gant.
On apportait sur une table un petit automate revêtu du costume de Garde-Française: il portait un mousquet et se tenait au port d’arme prêt à recevoir un commandement.
En automate bien appris, il commençait par saluer respectueusement l’assemblée, et après s’être débarrassé de son arme, il envoyait de la main droite quelques baisers aux jeunes enfants qu’il apercevait dans la salle.
J’empruntais à plusieurs dames de l’assemblée quatre bagues et un gant blanc, j’en faisais un paquet et je le mettais dans le petit fusil que j’avais préalablement chargé et amorcé.
--Tenez, disais-je à mon Garde-française, je vous rends votre arme contenant un gant et quatre bagues; montrez maintenant votre adresse, en envoyant tous ces objets sur ce point de mire. Je lui montrais une colonne en cristal qui se trouvait sur une autre table.
L’automate mettait en joue, posait le doigt sur la gâchette, visait et, au signal que je lui en donnais, faisait feu. Les objets contenus dans le fusil étaient projetés sur la colonne, et le gant, gonflé comme s’il eût été porté par une main invisible se dressait sur le sommet du cristal, étalant à chacun de ses doigts une des bagues qui m’avaient été confiées.
Je variais quelquefois l’expérience. Je mettais dans le fusil une seule bague et deux cartes choisies secrètement par des spectateurs. L’automate dirigeait son arme vers un vase de fleurs que je lui indiquais, et lorsqu’il faisait feu, un petit amour sortait du milieu des roses en battant des ailes et portait à la main une torche allumée au bas de laquelle la bague était accrochée. Quant aux deux cartes, elles avaient dévié de leur chemin et s’étaient fixées sur ma poitrine.
[Illustration]
LE PATISSIER DU PALAIS-ROYAL.
Voyez ce charmant petit automate; à l’appel de son maître il vient sur le seuil de sa porte, et, fournisseur aussi poli que pâtissier habile, il salue et attend les commandes de sa clientèle. Des brioches chaudes et sortant du four, des gâteaux de toute espèces, des sirops, des liqueurs, des glaces, etc., sont aussitôt apportés par lui que commandés par les spectateurs, et quand il a satisfait à toutes les demandes, il aide son maître dans ses tours d’escamotage.
Une dame, par exemple, a-t-elle mis secrètement sa bague dans une petite boîte qu’elle ferme à clé et qu’elle garde entre ses mains? à l’instant même le pâtissier lui apporte une brioche dans laquelle se trouve la bague qui vient de disparaître de la boîte.
Voici une autre preuve de son intelligence.
Une pièce d’or lui est remise dans une petite corbeille par un spectateur, qui lui dit ce qu’il doit prendre sur cette pièce en francs et centimes. Il s’enferme chez lui, et quelque compliqué que soit son compte, il fait son calcul et rapporte en monnaie le reste de la somme.
Enfin une loterie comique est tirée, et c’est encore le pâtissier qui est chargé de la distribution des lots.
Aussi intéressante par sa complication que par la gaîté qu’elle apportait parmi les spectateurs, cette pièce était la mieux goûtée de mes expériences et terminait toujours brillamment ma séance.
Le pâtissier du Palais-Royal a été représenté pour la première fois à l’ouverture de mon théâtre.
[Illustration]
DIAVOLO ANTONIO,
Le Voltigeur au Trapèze.
J’avais donné à cet automate le nom de Diavolo Antonio, célèbre acrobate, dont j’avais cherché à imiter les périlleux exercices. Seulement l’original était un homme, et la copie n’avait que la taille et les traits d’un enfant.
J’apportais mon jeune artiste de bois entre mes bras, comme je l’eusse fait pour un être vivant, je le posais sur le bâton d’un trapèze, et là je lui adressais quelques questions auxquelles il répondait par des signes de tête.
--Vous ne craignez pas de tomber?
--Non.
--Etes-vous bien disposé à faire vos exercices?
--Oui.
Alors, aux premières mesures de l’orchestre, il saluait gracieusement les spectateurs, en se tournant vers toutes les parties de la salle, puis se suspendant par les bras, et suivant la mesure de la musique, il se faisait balancer avec une vigueur extrême.
Venait ensuite un instant de repos, pendant lequel il fumait sa pipe, après quoi il exécutait des tours de force sur le trapèze, tels que de se soulever à la force des bras et de se tenir la tête en bas, tandis qu’il exécutait avec les jambes des évolutions télégraphiques.
Pour prouver que son existence mécanique était en lui-même, mon petit Diavolo abandonnait la corde avec ses mains, se pendait par les pieds, et quittait bientôt entièrement le trapèze.
Cet automate a paru pour la première fois sur mon théâtre le 1er octobre 1849.
[Illustration]
LE VASE ENCHANTÉ,
Ou le Génie des Roses.
Au commencement de cette petite scène, qui tenait de la féerie, on apercevait sur une table placée au milieu de ma scène, un vase étrusque orné de pierreries, d’un travail et d’un goût exquis. Il était surmonté de branches et de feuilles de rosier.
Je priais une dame de choisir une carte dans un jeu et de l’enfermer dans une petite boîte que je lui présentais. Aussitôt la carte sortait de la boîte, revenait entre mes mains et se trouvait remplacée par un charmant canari.
J’enfermais ce petit oiseau dans une cage.
--Mesdames, disais-je ensuite, ce serin est tellement obéissant, que lorsque je vais lui en donner l’ordre, il sortira à travers les barreaux de sa cage pour aller se percher sur le bouquet qui couronne ce vase. Afin de le mieux attirer, je vais faire pousser des fleurs sur ce feuillage.
J’étendais alors ma baguette sur le rosier et l’on voyait apparaître de petits boutons qui grossissaient à vue d’œil, s’épanouissaient insensiblement, et devenaient de magnifiques roses.
Ce prestige ne s’était pas plus tôt accompli, que le serin disparaissait de la cage et se montrait sur le sommet du rosier en gazouillant de toute la force de son gosier.
Là, selon le désir des spectateurs, il chantait tel air qu’on lui désignait. Lorsque chacun avait entendu le morceau de son choix, le musicien s’envolait, et rentrait dans la coulisse.
Pour terminer cette charmante scène, le vase s’ouvrait en plusieurs parties, formait un élégant kiosque dans lequel un Indien exécutait, avec la plus rare perfection, sur une corde raide, des danses acrobatiques.
[Illustration]
LA CORNE D’ABONDANCE.
Parmi les modifications que j’avais apportées aux séances des prestidigitateurs qui m’avaient précédé, j’ai signalé, dans le cours de cet ouvrage, le genre de cadeaux que j’offrais au public comme souvenir de mes séances.
Comte et ses émules faisaient des distributions de jouets d’enfants et de sucreries qui se trouvaient invariablement dans un chapeau. Je pensai qu’il était peu convenable d’offrir des éventails, des fleurs et des bonbons, en les faisant sortir d’une source qui n’était pas toujours d’une propreté irréprochable, et pour obvier à cet inconvénient, j’inventai la corne d’abondance.
Je présentais au public une sorte de grand cornet qui s’ouvrait en deux parties, afin qu’on pût mieux en visiter l’intérieur, puis dès qu’il était refermé, j’en retirais des bonbons et des fleurs.
C’est aussi de ce cornet que je faisais sortir des journaux comiques, des albums, des quadrilles illustrés, etc.
Je m’étais exercé à lancer ces différents objets avec une sûreté de direction telle qu’ils arrivaient immanquablement aux personnes même les plus éloignées de ma scène.
Cette distribution, ainsi que celle de la bouteille inépuisable, produisait dans la salle une animation des plus plaisantes. C’était à qui posséderait un de ces cadeaux, et l’on m’adressait de tous côtés des supplications télégraphiques auxquelles je me faisais un devoir de répondre.
TABLE.
Pages.
INTRODUCTION DANS LA DEMEURE DE L’AUTEUR I
PRÉFACE 1
CHAP. Ier. Un horloger raccommodeur de soufflets.--Intérieur d’artiste.--Les leçons du colonel Bernard.--L’ambition paternelle.--Premiers travaux mécaniques.--Ah! si j’avais un rat!--L’industrie d’un prisonnier.--L’abbé Larivière.--Une parole d’honneur.--Adieu mes chers outils! 5
CHAP. II. Un badaud de province.--Le docteur Carlosbach, escamoteur et professeur de mystification.--_Le sac au sable, le coup de l’étrier._--Je suis clerc de notaire, les _minutes_ me paraissent bien longues.--Un petit automate.--Protestation respectueuse.--Je monte en grade dans la basoche.--Une machine de la force... d’un portier.--Les canaris acrobates.--Remontrance de Me Roger.--Mon père se décide à me laisser suivre ma vocation 15
CHAP. III. Le cousin Robert.--L’événement le plus important de ma vie.--Comment on devient sorcier.--Mon premier escamotage.--_Fiasco_ complet.--Perfectibilité de la vue et du toucher.--Curieux exercice de prestidigitation.--Monsieur Noriet.--Une action plus ingénieuse que délicate.--Je suis empoisonné.--Un trait de folie 31
CHAP. IV. Je reviens à la vie.--Un étrange médecin.--Torrini et Antonio: un escamoteur et un mélomane.--Les confidences d’un meurtrier.--Une maison roulante.--La foire d’Angers.--Une salle de spectacle portative.--J’assiste pour la première fois à une séance de prestidigitation.--_Le coup de piquet de l’aveugle._--Une redoutable concurrence.--Le signor Castelli mange un homme vivant 45
CHAP. V. Confidences d’Antonio.--Comment on peut provoquer les applaudissements et les ovations du public.--Le comte de ...., banquiste.--Je répare un automate.--Atelier de mécanicien dans une voiture.--Vie nomade: heureuse existence.--Leçons de Torrini; ses principes sur l’escamotage.--Un _grec_ du grand monde, victime de son escroquerie.--L’escamoteur Comus.--Duel aux coups de piquet.--Torrini est proclamé vainqueur.--Révélations.--Nouvelle catastrophe.--Pauvre Torrini! 65
CHAP. VI. Torrini me raconte son histoire.--Perfidie du chevalier Pinetti.--Un escamoteur par vengeance.--Course au succès entre deux magiciens.--Mort de Pinetti.--Séance devant le pape Pie VII.--Le chronomètre du cardinal ***.--Douze cents francs sacrifiés pour l’exécution d’un tour.--Antonio et Antonia.--La plus amère des mystifications.--Constantinople 84
CHAP. VII. Suite de l’histoire de Torrini.--Le Grand-Turc lui fait demander une séance.--Un tour merveilleux.--Le corps d’un jeune page coupé en deux.--Compatissante protestation du Sérail.--Agréable surprise.--Retour en France.--Un spectateur tue le fils de Torrini pendant une séance.--Folie: Décadence.--Ma première représentation.--Fâcheux accident pour mes débuts.--Je reviens dans ma famille 115
CHAP. VIII. Des Acteurs prodiges.--J’arrive à Paris.--Mon mariage.--Comte.--Etudes sur le public.--Un habile directeur.--Les billets roses.--Un style musqué.--_Le Roi de tous les cœurs._--Ventriloquie.--Les mystificateurs injustifiés.--Le père Roujol.--Jules de Rovère.--Origine du mot _prestidigitateur_ 131
CHAP. IX. Les automates célèbres.--Une mouche d’airain.--L’homme artificiel.--Albert-le-Grand et saint Thomas-d’Aquin.--Vaucanson; son canard; son joueur de flûte; curieux détails.--L’automate joueur d’échecs; épisode intéressant.--Catherine II et M. de Kempelen.--Je répare le Componium.--Succès inespéré 153
CHAP. X. Les supputations d’un inventeur.--Cent mille francs par an pour une écritoire.--Déception.--Mes nouveaux automates.--Le premier physicien de France; décadence.--Le choriste philosophe.--Bosco.--Le jeu des gobelets.--Une exécution capitale.--Résurrection des suppliciés.--Erreur de tête.--Le serin récompensé.--Une admiration _rentrée_.--Mes revers de fortune.--Un mécanicien cuisinier 178
CHAP. XI. Le pot-au-feu de l’artiste.--Invention d’un automate écrivain-dessinateur.--Séquestration volontaire.--Une modeste villa.--Les inconvénients d’une spécialité.--Deux _Augustes visiteurs_.--L’emblême de la fidélité.--Naïvetés d’un maçon érudit.--Le gosier d’un rossignol mécanique.--Les _Tiou_ et les _rrrrrrrrouit_.--Sept mille francs en faisant de la limaille 193
CHAP. XII. Un _grec_ habile.--Ses confidences.--Le _Pigeon_ cousu d’or.--Tricheries dévoilées.--Un magnifique _truc_!--Le génie inventif d’un confiseur.--Le prestidigitateur Philippe.--Ses débuts comiques.--Description de sa séance.--Exposition de 1844.--Le Roi et sa famille visitent mes automates 215
CHAP. XIII. Projets de réformes.--Construction d’un théâtre au Palais-Royal.--Formalités.--Répétition générale.--Singulier effet de ma séance.--Le plus grand et le plus petit théâtre de Paris.--Tribulations.--Première représentation.--Panique.--Découragement.--Un prophète infaillible. Réhabilitation.--Succès 239
CHAP. XIV. Etudes nouvelles.--Un journal comique.--Invention de la _seconde vue_.--Curieux exercices.--Un spectateur enthousiaste.--Danger de passer pour Sorcier.--Un sacrilége ou la mort.--Art de se débarrasser des importuns.--Une touche électrique.--Une représentation au théâtre du Vaudeville.--Tout ce qu’il faut pour lutter contre les incrédules.--Quelques détails intéressants 258
CHAP. XV. Petits malheurs du bonheur.--Inconvénients d’un théâtre trop petit.--Invasion de ma salle. Représentation gratuite.--Un public consciencieux.--Plaisant escamotage d’un bonnet de soie noire.--Séance au château de Saint-Cloud.--La cassette de Cagliostro.--Vacances.--Etudes bizarres 281
CHAP. XVI. Nouvelles expériences.--La _Suspension éthéréenne_, etc.--Séance à l’Odéon.--_Un double accroc._--La protection d’un entrepreneur de succès.--1848.--Les théâtres aux abois.--Je quitte Paris pour Londres.--Le directeur Mitchell.--La publicité anglaise.--_Le grand Wizard._--Les moules à beurre servant à la réclame.--Affiches singulières.--Concours public pour le meilleur calembour 298
CHAP. XVII. Le théâtre Saint-James.--Invasion de l’Angleterre par les artistes français.--Une fête patronnée par la reine.--Le Diplomate et le Prestidigitateur.--Une Recette de 75,000 francs.--Séance à Manchester.--Les spectateurs au carcan.--_Wat à capital curaçao._--Montagne humaine.--Cataclysme.--Représentation au palais de Buckingham.--Un repas de Sorciers 316
CHAP. XVIII. Un régisseur optimiste.--Trois spectateurs dans une salle.--Une collation magique.--Le public de Colchester et les noisettes.--Retour en France.--Je cède mon théâtre. Voyage d’adieu.--Retraite à Saint-Gervais.--Pronostic d’un Académicien 344
CHAP. XIX. VOYAGE EN ALGÉRIE.--Convocation des chefs de tribus.--Fêtes.--Représentation devant les Arabes.--Enervation d’un Kabyle.--Invulnérabilité.--Escamotage d’un Maure.--Panique et fuite des spectateurs.--Réconciliation.--La secte des Aïssaoua.--Leurs prétendus miracles.--Excursion dans l’intérieur de l’Algérie.--La demeure d’un Bach-Agha.--Repas comique.--Une soirée de hauts dignitaires Arabes.--Mystification d’un Marabout.--L’Arabe sous sa tente, etc. etc.--Retour en France.--Conclusion 356
UN COURS DE MIRACLES.--S’enfoncer un poignard dans la joue;--Manger des feuilles de figuier de Barbarie;--Se mettre le ventre sur le côté tranchant d’un sabre;--Jouer avec des serpents;--Se frapper le bras, en faire jaillir du sang, et le guérir instantanément;--Manger du verre pilé;--Avaler des cailloux, des tessons de bouteille, etc.;--Marcher sur du fer rouge, et se passer la langue sur une plaque rougie à blanc 406
Gravures et description des expériences 421
FIN DE LA TABLE.
Imp. LECHENE, à Blois.
· · ·
Fautes corrigées:
poussant la rorte=> poussant la porte {pg v}
surgit tout à coup dans esprit=> surgit tout à coup dans mon esprit {pg 12}
soulier dans de mes bas=> soulier dans un de mes bas {pg 12}
aussi ne se passsait-il=> aussi ne se passait-il {pg 16}
très habilemement embouchée=> très habilement embouchée {pg 16}
sembla se recueilir=> sembla se recueillir {pg 17}
l’homme de cette affreuse calamnité=> l’homme de cette affreuse calamité {pg 20}
la scène est tranformée=> la scène est transformée {pg 21}
O Carlorsbach=> O Carlosbach {pg 21}
des câhteaux voisins=> des châteaux voisins {pg 21}
mais, plus je résistai=> mais, plus je résistais {pg 27}
j’aillais demander=> j’allais demander {pg 27}
art pourle quel=> art pour lequel {pg 33}
mon irristible penchant=> mon irrésistible penchant {pg 34}
au seul de sa boutique=> au seuil de sa boutique {pg 35}
bonlanger de rentrer=> boulanger de rentrer {pg 36}
de la sience=> de la science {pg 37}
de la prestidigition=> de la prestidigitation {pg 37}
frappe de la falicité=> frappé de la facilité {pg 37}
faire une promade=> faire une promenade {pg 42}
balloté dans une voiture=> ballotté dans une voiture {pg 44}
je ne pus reprimer un mouvement=> je ne pus réprimer un mouvement {pg 48}
un aveu si innatendu=> un aveu si inattendu {pg 50}
complément rétabli=> complétement rétabli {pg 51}
Je vous le dirai vololontiers=> Je vous le dirai volontiers {pg 58}
plus grands théâtres l’Italie=> plus grands théâtres d’Italie {pg 67}
je cédasse pas=> je ne cédasse pas {pg 74}
Les confidences de Zilbermann=> Les confidences de Zilberman {pg 75}
au devant au moi=> au devant de moi {pg 98}
une représentation que dois donner=> une représentation que je dois donner {pg 88}
terme de théâtre, s’apelle=> terme de théâtre, s’appelle {pg 92}
s’apelle le=> s’appelle le {pg 92}
s’intalla dans le théâtre=> s’installa dans le théâtre {pg 97}
C’est ainsi que j’écraisai=> C’est ainsi que j’écrasai {pg 98}
rigeurs extrêmes=> rigueurs extrêmes {pg 98}
nous goutâmes pendant=> nous goûtâmes pendant {pg 115}
mon viel ami=> mon vieil ami {pg 130}
prestiditateur=>prestidigitateur {pg 131}
ma convocation pour=> ma vocation pour {pg 131}
d’une bien petit fortune=> d’une bien petite fortune {pg 132}
montres et des pendule=> montres et des pendules {pg 134}
l’eutrême prudence=> l’extrême prudence {pg 137}
ainsi que celui _prestidigitation_=> ainsi que celui de _prestidigitation_ {pg 151}
Qus d’actions de grâce=> Que d’actions de grâce {pg 154}
barbotte avec son bec=> barbote avec son bec {pg 157}
qde le lecteur se rassur=> que le lecteur se rassur {pg 160}
snr 80 centimètres=> sur 80 centimètres {pg 163}
qne ses courtisans=> que ses courtisans {pg 168}
le fait de tout ceux=> le fait de tous ceux {pg 179}
de ma petite fortune=> de sa petite fortune {pg 183}
un pigon blanc=> un pigeon blanc {pg 191}
je fis servis=> je fis servir {pg 216}
un constraste=> un contraste {pg 217}
effet de douner un nom=> effet de donner un nom {pg 217}
épanchement famillier=> épanchement familier {pg 217}
tant de grace=> tant de grâce {pg 219}
loin de moi de sur la table=> loin de moi sur la table {pg 221}
eu suivant pour le dix=> en suivant pour le dix {pg 224}
galeries et un amphitéâtre=> galeries et un amphithéâtre {pg 231}
compâtissait à la douleur=> compatissait à la douleur {pg 228}
la plus importance de toutes=> la plus importante de toutes {pg 240}
je tremblais comme un fant=> je tremblais comme un enfant {pg 247}
ce mal n’était rien comparaison=> ce mal n’était rien en comparaison {pg 254}
une ces dispositions=> une de ces dispositions {pg 262}
de la suprise=> de la surprise {pg 265}
le pallier du théâtre=> le palier du théâtre {pg 274}
sur le devant la scène=> sur le devant de la scène {pg 274}
signes auquels on peut=> signes auxquels on peut {pg 279}
j’eus réelment=> j’eus réellement {pg 294}
dont les effet=> dont les effets {pg 299}
aux appplaudissements qui=> aux applaudissements qui {pg 303}
bouteillle inépuisable=> bouteille inépuisable {pg 312}
les dames patronesses=> les dames patronnesses {pg 324}
féérique=> féerique {pg 325}
jettasse=> jetasse {pg 325}
et l’afflence était=> et l’affluence était {pg 326}
demander une réprésentation=> demander une représentation {pg 338}
la plus haute distiction=> la plus haute distinction {pg 340}
Mou régisseur=> Mon régisseur {pg 346}
mon établisssement=> mon établissement {pg 353}
Wiesbaden, Hombourg=> Wiesbaden, Hambourg {pg 353}
Retour en Ffance=> Retour en France {pg 356}
répondit que le Gouvernenement=> répondit que le Gouvernement {pg 360}
malheureureux offret=> malheureux coffret {pg 368}
face a face=> face à face {pg 373}
et et ensuite=> et ensuite {pg 374}
adresssant à chacun=> adressant à chacun {pg 374}
marque d’approbabation=> marque d’approbation {pg 375}
pour nos étonner=> pour nous étonner {pg 378}
notre bachelier ès-ciences=> notre bachelier ès-sciences {pg 382}
sur la tapis=> sur le tapis {pg 386}
Bon-Allem a deviné=> Bou-Allem a deviné {pg 387}
à à se débarrasser=> à se débarrasser {pg 388}
Tu n’a rien=> Tu n’as rien {pg 392}
marmotaient des prières=> marmottaient des prières {pg 394}
Quant la stéarine fut=> Quand la stéarine fut {pg 394}
parmi lequels était=> parmi lesquels était {pg 410}
J’ai dit que le prestigitateur=> J’ai dit que le prestidigitateur
pièces de monaie=> pièces de monnaie
l’idendité des pièces=> l’identité des pièces
sur un autre table=> sur une autre table
sur la gachette=> sur la gâchette
Seulement l’orinal=> Seulement l’original
Le prestigitateur Philippe=> Le prestidigitateur Philippe
le guérir instanténément=> le guérir instantanément
· · ·
NOTES:
[1] Comus eut plus tard un concurrent redoutable dans Cotte dit Conus, qui était également doué d’une extrême habileté.
[2] Le jeu est divisé en quatres parties égales, par quatre cartes plus larges que les autres, de sorte que l’on peut couper où cela est nécessaire pour l’organisation du jeu.
Voici l’ordre des cartes avant d’être coupées: Dame, neuf, huit, _sept de trèfle_. As, roi, valet, dix, dame, neuf, huit, _sept de cœur_. As, roi, valet, dix, dame, neuf, huit, _sept de pique_. As, roi, valet, dix, dame, neuf, huit, _sept de carreau_. As, roi, valet, dix de trèfle. Les quatre sept sont des cartes larges.
Lorsque l’adversaire a nommé la couleur dans laquelle il veut être repic et que nous supposerons être trèfle, on coupe au sept de cette couleur et on lui laisse la liberté de donner par deux ou par trois. De plus, les cartes étant une fois données, on laisse l’adversaire choisir celui des deux jeux qu’il préfère. Si celui-ci a donné les cartes par deux et qu’il ait gardé son jeu, on écarte: les neuf de pique, de cœur et de carreau et deux dames quelconques. La rentrée donne quinte majeure en trèfle, quatorze d’as et quatorze de rois.
Si, au contraire, l’adversaire a choisi le jeu du premier en cartes, on écartera: les sept de cœur, de pique et de carreau et deux huit quelconques. La rentrée produira la même quinte en trèfle, quatorze de dames et quatorze de valets.
Si l’adversaire a préféré donner les cartes par trois, et qu’il garde son jeu, on écartera: le roi, le huit et le sept de cœur, le neuf et le huit de pique, afin d’avoir par la rentrée: la quinte majeure en trèfle, une tierce à la dame en carreau; trois as, trois dames et trois valets.
Si, au contraire, il choisit le jeu du premier en cartes, on écartera: la dame et le neuf de cœur, le valet et le sept de pique et l’as de carreau. On aura par la rentrée cette même quinte majeure en trèfle, une tierce au neuf en carreau, trois rois et trois dix qui feront soixante.
[3] Cette séance valut à Comte le titre de _Physicien du Roi_.
[4] Voir un ouvrage intitulé: Machines approuvées par l’Académie Royale des Sciences. Tome VI, pages 133 et 137.
[5] Les secrets du Grand-Albert, ouvrage rempli d’absurdités, et faussement attribué à Albert-le-Grand.
[6] Après la mort de Vaucanson, ses œuvres furent dispersées et se perdirent; Le canard seul, après être resté longtemps dans un grenier à Berlin, revit le jour en 1840, et fut acheté par un nommé Georges Tiets, mécanicien, qui employa quatre ans à le remettre en état.
[7] L’automate joueur d’échecs jouait de la main gauche, défaut que l’on a faussement attribué à l’inadvertance du constructeur.
[8] J’ai cette affiche en ma possession; je la tiens de M. Hessler, neveu du docteur Osloff, qui m’a communiqué également ces détails et ceux qui suivent.
[9] Maëlzel était grand mangeur et non gastronome, comme on l’a dit; cette mort par suite d’indigestion le prouve.
[10] Depuis cette époque Bosco a modifié l’ornementation de sa scène. Ses tapis ont changé de couleur, les bougies sont moins longues, mais la tête de mort, la boule, le costume et la séance sont restés invariablement les mêmes.
[11] C’est une sorte de panacée universelle pour le peuple anglais.
[12] Instrument que l’on met dans la bouche pour imiter la voix de Polichinelle.
[13] Ce tour, ainsi que celui de l’éclairage électrique, avaient été imaginés par un physicien nommé Her Dôbler; c’est de lui que Philippe les tenait.
[14] Voir la figure et la description de l’expérience à la fin du volume.
[15] Petite trappe.
[16] Je n’ai jamais donné de séance sans avoir, en cas d’événement, un double de mes vêtements.
[17] Les théâtres possèdent un privilége émané du ministère de l’Intérieur; les spectacles ont une permission de la préfecture.
[18] Ce petit incident n’empêcha pas le jury de m’accorder une médaille d’argent pour mes automates. Onze ans plus tard, à notre exposition universelle de 1855, je recevais une médaille de première classe pour de nouvelles applications de l’électricité à la mécanique.
[19] J’avais cru jusque-là que le type du cheval arabe était d’être petit et délicat. On trouve en Algérie d’excellents chevaux de toute grandeur et de toute force.
[20] En terme de théâtre, on désigne les spectateurs par le nom de la place qu’ils occupent. Ainsi une ouvreuse dira: mon avant-scène vient de sortir avec sa dame sous le bras; ma stalle nº 20 s’est trouvée malade, etc.
[21] Village arabe.
[22] Maisonnette construite en branches d’arbre.
[23] L’Arabe ne boit jamais pendant son repas; il attend pour cela qu’il soit fini.
[24] Pièces de cinq francs.
[25] Voir pour la description des instruments désignés ci-dessus: _Le Traité d’électricité_ de M. E. Becquerel; _Exposé de l’électricité_, par M. le Cte du Moncel; et _le Cosmos_.
[26] Acide sulfurique.
[27] On peut aussi mettre impunément ses doigts dans du plomb fondu en les trempant préalablement dans l’éther.--(Note de l’auteur).
[28] On se rappelle que j’ai signalé cette particularité à propos de mes études sur l’escamotage.
[29] Sauf cette précaution, qui était indispensable, je soupçonne fort M. Boutigny d’avoir voulu m’effrayer un peu pour me punir de mon incrédulité.
[30] Un de mes bons amis, M. Bouly, de Cambrai, avocat distingué, auteur de plusieurs ouvrages archéologiques très estimés, amateur passionné des arts en général et de l’escamotage en particulier, est l’auteur de ce tour ingénieux. La cage sortant du carton est entièrement de son invention. Les autres prestiges que j’ai ajoutés à cette expérience ne peuvent rien ôter au mérite de l’idée première.