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CHAPITRE IV - L’EFFROYABLE RÉVÉLATION

Le temps passa. La tristesse fut à nouveau gravée pour toujours sur les traits de la fille du bon duc. On ne vit plus désormais ensemble elle et Conrad. Le duc s’en affligea. Mais avec les semaines successives, les couleurs revinrent aux joues de Conrad, son ancienne vivacité brilla dans ses yeux, il continua à administrer le royaume avec une sagesse lucide et mûrissante chaque jour.

Un bruit étrange, bientôt, se glissa dans le palais. Il grandit, et se propagea. Les racontars de la cité le répandirent. Il pénétra dans tout le duché. Et l’on entendait chuchoter: «La dame Constance a donné naissance à un fils?»

Quand ce bruit parvint aux oreilles du seigneur de Klugenstein, il agita par trois fois son casque à panache autour de sa tête, en criant:

«Longue vie au duc Conrad! Los! Sa couronne est sûre maintenant. Detzin s’est acquitté de sa mission. Le brave scélérat a bien mérité sa récompense!»

Il partit semer la nouvelle au large et au loin. Pendant quarante-huit heures, il n’y eut pas une âme dans la baronnie qui ne dansât et ne chantât, ne banquetât et n’illuminât, pour célébrer le grand événement, le tout aux frais généreux et gais du vieux Klugenstein.

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