I - II - L’AVEU
ÉBLOUISSEMENT
La Nuit, sur le grand mystère, Entr’ouvre ses écrins bleus: Autant de fleurs sur la terre Que d’étoiles dans les cieux!
On voit ses ombres dormantes S’éclairer, à tous moments, Autant par les fleurs charmantes Que par les astres charmants.
Moi, ma nuit au sombre voile N’a, pour charme et pour clarté, Qu’une fleur et qu’une étoile: Mon amour et ta beauté!
J’ai perdu la forêt, la plaine Et les frais avrils d’autrefois... Donne tes lèvres: leur haleine, Ce sera le souffle des bois!
J’ai perdu l’Océan morose, Son deuil, ses vagues, ses échos; Dis-moi n’importe quelle chose: Ce sera la rumeur des flots.
Lourd d’une tristesse royale, Mon front songe aux soleils enfuis... Oh! cache-moi dans ton sein pâle! Ce sera le calme des nuits!