‹ Contes d'un voyageur Tome IIChapitre 8 sur 8 · Télécharger la suite :

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1.On trouve ce mot taboué (taboo’d) dans les Voyages autour du monde, par le capitaine Cook, et certes il n’a pas le moindre rapport avec le mot tatoué (bariolé de figures bizarres, imprégnées dans la peau), quoiqu’en aient pu dire de savantes traductions, dont l’exactitude et la fidélité sont vantées par des journalistes qui n’entendent pas les langues étrangères ! Les insulaires de la mer du Sud faisaient un commerce d’échange avec les navigateurs ; mais, quelquefois l’équipage trouvait que sur certaines parties de la côte, ou en des endroits particuliers de l’intérieur, les habitants et les denrées avaient disparu et que les Européens n’y pouvaient entamer aucune affaire : les naturels du pays expliquaient cette singularité, en disant que c’était un terrain taboué. Cook a figuré, par les syllabes taboo’d, le son équivalent que produisait, pour l’oreille d’un Anglais, ce mot employé chez les insulaires, quand ils voulaient rendre compte de l’obstacle dont se plaignait le voyageur. Le taboué répond donc à un blocus fictif ou à une espèce d’interdit. Le personnage qu’on fait parler ici rappelle que de prétendus connaisseurs ont mis hors de la loi, par cette espèce d’excommunication, plus d’une réputation littéraire, longtemps considérée comme au-dessus de toute atteinte.

En effet, il plaît à quelques écrivains de la nouvelle école de condamner Pope et Addisson, qu’ils trouvent trop peu Anglais ; de même qu’en France, de jeunes romantiques dédaignent Racine et Boileau, dont le style est probablement trop français. Lord Byron n’a pas donné dans ce travers : il professe la plus haute admiration pour l’élégant et correct auteur de l’Essai sur la Critique, le Boileau de l’Angleterre. À ses yeux, Pope est le premier des poètes anglais. Cette préférence pour des barbares, à peine intelligibles, paraît tout aussi sensée aux hommes éclairés, chez nos voisins d’outre-mer, que nous trouverions juste et raisonnable de placer Ronsard au-dessus de Voltaire, ou de prédire que la postérité négligera les ouvrages de Montesquieu, et de Jean-Jacques Rousseau pour la prose renouvelée des Gaulois, qu’admire tout seul l’éditeur du Solitaire. Ce sujet a été traité avec une grande supériorité d’esprit et de talent, pour ce qui concerne la littérature anglaise, dans un excellent article de M. Jeffrey, sur les œuvres dramatiques de Ford. Voyez la Revue d’Édimbourg, de 1812.

(Note du traducteur.)

2.Cut and come again, couper de grandes tranches et y revenir encore : expression proverbiale qui s’applique partout où il y a ce qu’on appelle abondance de bien. (Note du traducteur.)

1.Sidrach, Misach et Abdenago, comme on les appelle dans la Vulgate catholique, sont trois jeunes Israélites dont un ange a sauvé les jours. (Voyez le prophète Daniel, chap. 5.). Leurs noms, qui se trouvent toujours ensemble, forment pour les lecteurs de la Bible, une espèce de raison sociale. Chez les protestants, les personnages de l’Ancien Testament sont aussi connus que les quatre fils Aymon. Rien n’est donc plus simple, pour un lecteur anglais, que cette allusion à l’interminable signature de certaines maisons de commerce, dans la librairie de Londres. On voit sur les titres de leurs livres, que l’ouvrage est imprimé pour compte d’une société dont les associés principaux et commanditaires sont indiqués tout au long. À Paris, on met chez un tel et compagnie. La crainte des railleurs empêcherait de fournir, quand même il y aurait lieu, une petite liste d’associés, jusqu’à concurrence de cinquante syllabes. (Note du traducteur.)

2.Le Porto, ou plutôt vin d’Oporto (en Portugal), ordinairement mêlé d’eau-de-vie commune ; le claret, vin ordinaire de Bordeaux, rendu meilleur par une certaine quantité de Cognac ; le vin de Champagne mousseux, avec ou sans mélange de cidre ; et les vins de Bourgogne, premières qualités (Pommard, Nuits, Volnay, etc.), qu’on altère plus difficilement ; telle est l’hiérarchie vineuse reconnue chez les gourmets anglais. La prééminence est surtout établie d’après le prix coûtant. (Note du traducteur.)

3.« He attends to the joints ; the other attends to the jokes. » A joint est un gros morceau de viande, un énorme roast-beef, ou quelque autre friandise de ce genre. Il n’est pas question ici d’articulations, de jointures, comme si l’on découpait une volaille. Le sens de cette plaisanterie, ou la consonance forme une espèce de jeu de mots fortuit, serait tout aussi bien rendu si l’on disait : « L’un s’occupe de la bonne chère et l’autre des bons mots. » (Note du traducteur.)

4.Garreteer, pauvre diable qui habite un galetas, un grenier (garret). Nous avons vu d’habiles écrivains rendre ce mot par journaliste en anglais gazeteer. On ne conçoit pas que quelqu’un fasse un pareil contresens à Paris : c’est connaître encore moins les usages du monde que le dictionnaire ; mais cela n’empêche pas d’être vanté comme traducteur par les journalistes, qui n’y entendent pas malice. (Note du traducteur.)

5.Un rédacteur de sermons n’est pas un prédicateur ; il s’agit de ces éloquents fournisseurs qui travaillent à prix fixe pour MM. les orateurs sacrés. On se rappelle que certain évêque d’Autun, non pas de nos jours, mais du siècle de Louis XIV, payait ainsi argent comptant sa réputation d’homme habile ; au moins, s’il faut s’en rapporter à l’épigramme connue :

On dit que l’abbé Roquette

Prêche les sermons d’autrui :

Moi, qui sais qu’il les achète,

Je soutiens qu’ils sont à lui.

(Note du traducteur.)

1.A six pence, pièce de 12 sous et demi de France. Les 20 shillings valent 25 francs, au pair : le shilling, ou pièce de 1 franc 25 centimes, se divise en 12 pence. Le mot pence étant le pluriel anglais du mot penny, on ne peut lui donner un s pour terminaison dans les livres français. (Note du traducteur.)

2.Hogarth, admirable peintre de caricatures. (Note du traducteur.)

3.Voici le texte original de ces couplets, bien faiblement rendus dans cette traduction, qui n’a d’autre mérite que d’être à peu près littérale :

Merrily, merrily push round the glass,

And merrily troll the glee ;

For he who won’ t drink till be wink, is an ass ;

So, neighbour, I drink to thee.

Merrily, merrily fuddle thy nose,

Until it right rosy shall be ;

For a jolly red nose, I speak under the rose,

Is a sign of good company.

4.Jack, diminutif de John, Jean, et non pas Jacques, comme ce mot se traduit quelquefois par des savants. (Note du traducteur.)

1.C’est-à-dire une femme de lettres. (Note du traducteur.)

2.Lieu à jamais célèbre par la naissance de Shakespeare. (Note du traducteur.)

3.The Pleasures of Imagination, poème de feu Akenside ; the Pleasures of Hope, poème de M. Campbell, aujourd’hui rédacteur du New Monthly Magazine, un des meilleurs journaux littéraires qu’il y ait en Europe ;the Pleasures of Memory, poème de M. Rogers, aimable vieillard, qui, par la douceur et l’élégance de ses mœurs, autant que par la finesse de son esprit, rappelle le souvenir de l’ingénieux Fontenelle, tandis que par son talent poétique il se place à un rang très élevé, où n’atteignit jamais le philosophe normand. (Note du traducteur.)

4.Bernard Lintot est un des plus anciens imprimeurs libraires anglais dont on ait conservé le souvenir. (Note du traducteur.)

5.Le village d’Islington est surnommé le joyeux Islington (merry Islington) dans quelques chansons du temps de la reine Elisabeth. (Note du traducteur.)

6.Nom d’amitié que l’on donnait à Goldsmith ; espèce de diminutif de son nom de famille, qui signifie orfèvre. (Note du traducteur.)

7.Walter Raleigh, personnage célèbre dont les aventures, le génie et les voyages appartiennent à l’histoire, mais qui est peut-être aujourd’hui plus connu encore par les romans de sir Walter Scott. (Note du traducteur.)

8.On appelle bailif, en Angleterre, les individus chargés d’exécuter la contrainte par corps, pour dettes : ce mot n’est donc pas du tout l’équivalent du mot français bailli. MM. les bailifs exercent les fonctions confiées autrefois, en France, aux sergents, et maintenant aux huissiers et à leurs recors, dans les départements, et aux gardes du commerce à Paris. (Note du traducteur.)

9.Shepherd’s fields, champs des bergers, est un nom propre qui ne devrait pas plus se traduire que les noms de nos villages ou châteaux, tels que Bellevue, Eaubonne, etc. mais on a voulu éviter quelquefois de hérisser de mots anglais une traduction déjà suffisamment chargée de noms intraduisibles. (Note du traducteur.)

10.Gnomes in the dark gold mine. Citation d’une charmante chanson de M. Moore. (Note du traducteur.)

11.Jack Straw était un des collaborateurs du fameux chef de révoltés Jack Cade, sous le règne de Henri VI, contemporain de Jeanne d’Arc, pucelle d’Orléans. (Note du traducteur.)

12.Under the green wood tree. Citation d’une ancienne chanson aussi connue chez les Anglais que Charmante Gabrielle en France. (Note du traducteur.)

13.Tous braconniers, voleurs de grands chemins, ou quelque chose d’approchant, aussi bien que Robin Hood et ses dignes émules dont on a parlé plus haut. Ces personnages figurent dans de vieilles ballades anglaises. (Note du traducteur.)

14.En anglais Turpentine, ce qui explique mieux le jeu de mots dans ce sobriquet donné à Turpin. (Note du traducteur.)

15.La prison criminelle de Londres. (Note du traducteur.)

16.Poème de M. Thomas Moore. (Note du traducteur.)

17.Ale, bière anglaise, dont le nom se prononce comme le mot français aile. Ce passage rappelle quelques vers du pauvre diable, de Voltaire :

Ma triste voix chantait, d’un gosier sec,

Le vin d’Aï, le Frontignan, le Grec,

Buvant de l’eau, dans un vieux pot à bière.

(Note du traducteur.)

18.Aux audiences de police, tenues aujourd’hui par sir Richard Birnie, et où l’on entend plaider chaque jour les causes les plus plaisantes.

Les Anglais désignent les rédacteurs de ces sortes d’articles sous le titre de creeper, (être qui rampe) ; aucun dictionnaire ne fait mention de ce nom de métier. (Note du traducteur.)

1.Assemblées nombreuses. (Note du traducteur.)

2.C’est le mot de Louis XIV, en voyant le marquis de Cavoie se promener avec Racine. (Note du traducteur.)

1.Sweet uses of adversity. Citation de Shakespeare, dans la pièce intitulée As you like it. (Note du traducteur.)

1.Poète du temps de Charles II. (Note du traducteur.)

2.Les bas-bleus. Voyez les notes précédentes sur ce mot. (Note du traducteur.)

3.Les vies des poètes anglais, par Johnson. (Idem.)

4.Jean, l’homme de fer : sobriquet anglais de ce domestique. (Note du traducteur.)

5.Personnage, assez connu d’un roman de la Bibliothèque bleue, intitulé Valentin et Ourson. Ce chef-d’œuvre est traduit dans toutes les langues. (Note du traducteur.)

6.Chez les protestants, il n’est pas d’obligation rigoureuse d’assister à l’office du dimanche : beaucoup de personnes, très dévotes d’ailleurs, se contentent de lire elles-mêmes la Bible, que le prédicateur explique à son auditoire. (Note du traducteur.)

7.Le Cantique des Cantiques, comme on l’appelle dans la Vulgate, poème qui, dans le sens littéral, est très peu chaste. (Note du traducteur.)

8.Deux des grands théâtres de Londres. (Note du traducteur.)

9.Never stood in such a presence. Citation de Douglas, pièce dramatique de M. Hume. (Note du traducteur.)

10.Simon Snug, dans le rôle du lion, dans le Midsummer night’s dream de Shakespeare. (Note du traducteur.)

11.Le prince Hal, personnage du Henri V de Shakespeare. (Note du traducteur.)

12.Beauty unadorned is orned the most, passage aussi connu que le vers,

Et la grâce plus belle encor que la beauté.

(Note du traducteur)

13.A little more than kin, but less than kind. Citation du Hamlet de Shakespeare. (Note du traducteur.)

14.Dans la Venise sauvée, d’Otway. (Note du traducteur.)

15.47

16.Ce passage de l’auteur original est intraduisible : to put one’s head to the chancery. est une phrase technique dans la noble profession des boxeurs. Quand un de ces messieurs réussit à serrer sous un bras, contre sa poitrine, le cou de son adversaire, de manière à lui couper la respiration et à l’étouffer, en même temps que de l’autre poing il frappe le crâne et le nez, sans que le malheureux vaincu, ait la moindre chance de sortir de cette position, les amateurs disent que c’est une tête mise à la chancellerie, allusion à ces interminables procès qui sont pendants au tribunal du lord chancelier, et qu’on n’espère jamais tirer de là, du vivant des plaideurs. Il paraît inutile de donner de pareilles notes, chaque fois que l’on rencontre un mot de l’argot des boxeurs, ou des parieurs aux courses de chevaux. C’est bien là qu’il faut suivre le conseil d’Horace :

.......................... et quæ

Desperat tractala nitescere posse, relinquit.

(Note du traducteur.)

17.Preying upon her damask cheek, citation, en parodie, de cet admirable passage de Shakespeare, dans la pièce intitulée Twelfth night, or what you will :

.............. She never told her love,

But let concealment, like a worm i’thebud,

Feed on her damask cheek...

(Note du traducteur.)

18.And had the world before us, where to choose.

C’est un des beaux vers du Paradis perdu, de Milton. (Note du traducteur.)

19.Whittington est un ancien maire de Londres, dont l’histoire, vraie ou fabuleuse, est connue de tous les enfants de la Grande-Bretagne. On raconte qu’étant simple apprenti et se voyant maltraité par son maître, il prit la fuite et ne s’arrêta qu’à l’endroit dont notre texte fait mention. Là il écouta le son des cloches de Bow, et s’imagina qu’elles lui disaient : Va-t-en chez toi, tu seras maire.(Note du traducteur.)

20.Voyez les notes précédentes sur ce mot, qui signifie à peu près femme savante, ou pédantes. (Note du traducteur.)

21.Association de tous les amateurs du noble art de boxer, des courses de chevaux, des paris de toute espèce ; réunion dans laquelle se trouvent des hommes de toutes les classes de la société. Le motfancy, littéralement, signifie conception bizarre, fantaisie, caprice, imagination  il est intraduisible dans le sens qu’il a ici. (Note du traducteur.)

22.Joseph Manton, communément nommé Joe Manton, est un célèbre armurier, comme M. Le Page, à Paris. (Note du traducteur.)

23.Tom le badaud, qui regarde d’un air ébahi et un peu à la dérobée. C’est à peu près là ce qu’on représente sur les enseignes où se trouve l’inscription PeepingTom. (Note du traducteur.)

24.Un tandem est un cabriolet à deux chevaux, attelés l’un devant l’autre, au lieu de marcher de front comme les chevaux des cabriolets à timon ou à pompe. (Note du traducteur.)

25.« Like Niobe, al tears. » Citation du Hamlet, de Shakespeare.

(Note du traducteur.)

26.En général les Fives-Courts sont des endroits où l’on s’exerce à un jeu de balles, nommé fives ; ici, en particulier, c’est le nom propre d’un de ces jeux de paume, à Londres. (Notes du traducteur.)

27.On peut être lord, sans être comte, marquis ou duc. (Note du traducteur.)

28.Le Trésor du Parnasse, le plus joli des recueils, l’Almanach des Muses, l’Almanach des Grâces, ou, si l’on veut, les Leçons de Littérature et de Morale.(Note du traducteur.)

29.Le Château des Doutes et le géant Désespoirfigurent dans un roman religieux, intitulé the Pilgrim’s progress, qui fait partie de la Bibliothèque bleue, et dont l’auteur s’appelle Jean Bunyan. (Note du traducteur.)

Une édition

Achevé d'imprimer en France le 5 Novembre 2016.