Chapitre 1 Aventures du peintre
Je suis peintre d’histoire, et j’ai passé quelque temps dans la famille d’un prince étranger, à sa maison de campagne, située à quinze milles de Rome, au milieu des paysages les plus intéressants de l’Italie. La villa s’élève sur les hauteurs de l’ancien Tusculum. Dans le voisinage on voit les ruines des maisons de campagne de Cicéron, de Sylla, de Lucullus, de Rufin, et d’autres fameux Romains, qui venaient là se reposer de leurs travaux, au sein d’un doux et délicieux loisir. Du fond de bosquets enchanteurs, que rafraîchit la brise embaumée des montagnes, l’œil découvre un paysage romantique, plein de souvenirs de poésie et d’histoire : les montagnes d’Albe, Tivoli, jadis le séjour favori d’Horace et de Mécène, la vaste campagne de Rome, déserte et mélancolique, avec les sinuosités du Tibre, et le dôme de Saint-Pierre, qui s’élève au milieu, monument construit, pour ainsi dire, sur le tombeau de la reine des nations.
J’aidais le prince, dans les recherches qu’il faisait parmi les ruines classiques dont il était entouré ; ses travaux furent couronnés du succès : nous déterrâmes les débris de plus d’une admirable statue, et les fragments de la plus élégante architecture, monuments du goût et de la magnificence qui régnaient dans les anciens palais de Tusculum. La villa et ses jardins se décorèrent de statues, de bas-reliefs, de vases, de sarcophages arrachés du sein de la terre.
La manière de vivre à cette maison de campagne était douce et tranquille, variée par d’amusantes occupations et par des loisirs pleins de charme. Chacun passait la journée selon son caractère et ses goûts ; au coucher du soleil, nous nous réunissions tous à un dîner où régnait la plus franche gaieté.
C’était le 4 novembre, après une journée magnifique ; nous nous étions rassemblés dans le salon, au premier son de la cloche du dîner. La famille vit avec surprise l’absence du chapelain du prince. Après l’avoir attendu vainement, on se mit enfin à table. On supposa d’abord qu’il avait prolongé sa promenade ordinaire, et la première partie du dîner se passa tranquillement ; mais quand, le dessert eut été servi, sans que l’ecclésiastique fût de retour, les inquiétudes devinrent très vives. On craignait qu’il ne se fût trouvé mal dans une allée du bois, ou qu’il ne fût tombé entre les mains des voleurs. Non loin du château, à l’autre extrémité d’une petite vallée, s’élevaient les montagnes des Abruzzes, véritable citadelle pour les brigands. En effet, peu de temps auparavant, ils avaient infesté le voisinage, et Barbone, fameux chef de bandits, avait souvent été rencontré dans les endroits solitaires de Tusculum. On connaissait les téméraires entreprises de ces misérables ; les objets de leur cupidité ou de leur vengeance n’étaient pas même en sûreté dans les palais. Jusqu’à présent, ces bandes avaient respecté les propriétés du prince ; mais la seule idée de se trouver si près de ces dangereux scélérats suffisait pour inspirer des alarmes.
À l’approche de la nuit, les frayeurs de la société redoublèrent. Le prince donna l’ordre d’envoyer des gardes forestiers et des domestiques, avec des flambeaux, à la recherche de son aumônier. Ils venaient de partir, quand un léger bruit, dans le corridor du rez-de-chaussée, se fit entendre. La famille dînait au premier étage. et les domestiques restés au château étaient occupés du service. Il n’y avait en ce moment au rez-de-chaussée que la femme de charge, la blanchisseuse et trois ouvriers des champs, qui se reposaient et qui causaient avec les femmes.
J’entendis le bruit au-dessous de nous, et le croyant occasionné par le retour du prêtre, je sortis de table et je descendis en toute hâte l’escalier, dans l’espoir de recueillir quelque nouvelle qui pût calmer l’inquiétude du prince et de la princesse. Je touchais au dernier degré, lorsque je vis devant moi un homme habillé comme les bandits ; une carabine à la main, un stylet et des pistolets à la ceinture ; sa physionomie exprimait à la fois la terreur et la férocité ; il s’élança sur moi, en s’écriant d’un air de triomphe, Voilà le Prince !
Je sus aussitôt dans quelles mains j’étais tombé, mais je tâchai de garder mon sang-froid et ma présence d’esprit. Un coup d’œil jeté à l’autre extrémité du corridor me fit voir plusieurs brigands vêtus et armés de la même manière que celui qui m’avait saisi. Ils gardaient les deux femmes et les ouvriers. Le brigand, qui me tenait fortement au collet, me demanda plusieurs fois si j’étais le prince ou non ; son but était évidemment d’enlever le propriétaire du palais et de lui extorquer une forte rançon. Il enrageait de ne recevoir que des réponses vagues, car je sentais combien il était important de l’induire en erreur.
L’idée me vint tout à coup de m’arracher de ses griffes : je n’avais point d’armes, à la vérité, mais j’étais vigoureux, et ses compagnons se trouvaient encore éloignés. Par un effort soudain je pouvais me débarrasser de lui, et m’élancer sur l’escalier, où il n’oserait me suivre seul. Cette idée fut exécutée aussitôt que conçue. Le brigand avait la gorge découverte, je la saisis de la main droite ; et je serrai de la main gauche le bras qui tenait la carabine. La promptitude de mon attaque le prit au dépourvu, et cette manière de l’étouffer paralysait toutes ses forces : il suffoquait, il chancelait : je sentais que sa main se relâchait, et j’étais sur le point de me dégager et de m’élancer sur l’escalier, avant qu’il pût revenir à lui, quand je me sentis tout à coup saisir par derrière.
Je fus contraint de lâcher prise. Le brigand, une fois délivré, tomba sur moi avec furie ; il me donna plusieurs coups de crosse de carabine, dont l’une me blessa grièvement au front et me couvrit de sang. Il profita de mon étourdissement pour me voler ma montre, ainsi que tous les objets de prix que j’avais sur moi.
Quand je repris mes sens, j’entendis la voix du chef des brigands ; il s’écriait : Quello è il Principe ; siamo contenti ; andiamo. (C’est le prince, cela nous suffit ; partons !) La bande m’entoura aussitôt et m’entraîna hors du palais, emmenant aussi mes trois ouvriers.
Je n’avais pas de chapeau, et le sang coulait de ma blessure : je m’efforçai néanmoins de l’étancher avec mon mouchoir de poche, que je liai autour de ma tête. Le capitaine de la bande me conduisait en triomphe, croyant que j’étais le prince. Nous étions déjà bien loin, quand un des ouvriers le détrompa. Sa rage fut terrible ; il était trop tard pour retourner au château et pour tâcher de réparer son erreur ; car depuis ce temps, l’alarme aurait été donnée et tout le monde serait sur ses gardes. Il me lança un regard féroce… il jura que je l’avais trompé, que je lui avais fait manquer sa fortune… et il me dit de me préparer à la mort. Les autres brigands étaient également furieux. Je les vis porter la main à leurs poignards, et je savais que la menace de la mort est rarement une vaine démonstration chez ces scélérats. Les ouvriers s’aperçurent du danger où m’avait mis leur révélation, et ils s’empressèrent d’assurer le capitaine que j étais un homme pour lequel le prince paierait une grosse rançon. Cet avis arrêta les bandits. Quant à moi je ne puis dire que je fusse fort effrayé de leurs menaces. Je ne cherche pas à me vanter d’un grand courage ; mais nos dernières révolutions m’ont tellement familiarisé avec le malheur, et j’ai vu la mort de si près dans tant de scènes de péril et de désastre, que je me suis en quelque sorte endurci contre toute crainte. L’homme qui risque souvent sa vie finit par en faire aussi peu de cas que le joueur en fait de son argent. À leurs menaces de mort, je répondis que le plus tôt serait le mieux. Cette réponse parut étonner le capitaine, et la perspective d’une rançon que lui faisaient entrevoir les ouvriers, eut sans doute encore plus d’effet sur lui. Il réfléchit un moment, prit des manières plus calmes ; et faisant un signe à ses compagnons qui attendaient mon arrêt de mort. « En avant, dit-il, nous examinerons cela plus tard, à loisir. »
Nous descendîmes rapidement vers la route de la Molara, qui mène à Rocca-Priori. Au milieu de la route est une auberge isolée. Le capitaine ordonna de faire halte, à la distance d’une portée de pistolet, et enjoignit le plus profond silence. Il s’approcha du seuil de la porte, seul et à pas de loup. Il examina l’extérieur de la maison avec beaucoup d’attention, et, revenant ensuite à la hâte, il fit signe à sa troupe de se remettre en route sans bruit. On a su depuis que c’était une de ces infâmes auberges qui servent secrètement de retraite aux bandits. Le cabaretier était d’intelligence avec ce capitaine, et très probablement avec les chefs des différentes bandes. Quand des patrouilles et des gendarmes logeaient dans la maison, les brigands en étaient avertis par un signal convenu placé sur la porte. S’il n’y avait aucun signal, ils pouvaient entrer sans crainte et ils étaient sûrs d’être les bienvenus.
Après avoir suivi la route un peu plus loin, nous la quittâmes pour prendre le chemin des montagnes boisées qui entourent Rocca-Priori. Notre marche fut longue et pénible ; nous fîmes bien des détours et bien des circuits ; enfin nous gravîmes une rude montée, couverte d’une épaisse forêt : arrivé au centre, on me dit de m’asseoir à terre. Aussitôt que j’eus obéi, les brigands, à un signal de leur chef, m’entourèrent ; et, en étendant de l’un à l’autre leurs amples manteaux, ils formèrent une espèce de pavillon, auquel leurs corps servaient, pour ainsi dire, de colonnes. Le capitaine alors battit le briquet, et, l’on alluma un flambeau. Les manteaux étaient étendus, afin d’empêcher que la lumière ne fût aperçue dans la forêt. Quelque inquiétante que fût ma position, je ne pus voir sans admiration l’effet pittoresque de cette tente de draperies de couleurs sombres, relevées par les nuances brillantes du costume des brigands, par l’éclat de leurs armes et la variété de leurs traits fortement prononcés ; tout cet ensemble était vraiment théâtral. Le capitaine prit une écritoire et me présentant une plume et du papier, il m’ordonna d’écrire sous sa dictée. J’obéis. C’était une demande rédigée avec toute l’éloquence des bandits : « Que le prince envoyât trois mille dollars pour ma rançon, sans quoi ma mort serait la conséquence immédiate d’un refus. »
Je connaissais assez le caractère décidé de ces brigands pour être assuré que ce n’était pas là une vaine menace. Leur seul moyen de se faire accorder leurs demandes est de rendre inévitable l’application de la peine. Cependant je voyais également bien l’absurdité de cette prétention et l’inconvenance du ton qu’ils avaient pris.
Je parlai dans ce sens au capitaine, et je l’assurai que jamais on n’accorderait une somme si extravagante ; « que je n’étais ni l’ami ni le parent du prince : mais simplement un artiste employé à peindre quelques tableaux ; que je n’avais d’autre rançon à offrir que le prix de mes travaux, et que, si cela ne suffisait pas, ma vie était à leur disposition ; que j’y attachais peu d’importance. »
Je mettais d’autant plus de hardiesse dans cette réponse, que je savais combien le sang-froid et la fermeté font impression sur ces gens-là. Il est vrai que vers la fin de mon discours, le capitaine porta la main à son stylet ; mais il se retint ; et prenant la lettre avec humeur, il la plia et m’ordonna d’un ton péremptoire, de l’adresser au prince. Ensuite il chargea un des ouvriers de la porter à Tusculum ; ce paysan promit de revenir le plus tôt possible.
Les brigands se disposèrent alors à dormir ; on me dit que je pouvais en faire autant. Ils étendirent à terre leurs grands manteaux et se couchèrent autour de moi. L’un d’eux était posté en sentinelle à quelque distance, et on le relevait de deux heures en deux heures. La singularité de ce bivouac sauvage dans les montagnes, parmi des êtres sans foi ni loi, dont la main semblait toujours prête à saisir le stylet, et près de qui la vie était toujours si exposée et si précaire, suffisait pour bannir le sommeil. La fraîcheur du sol et de la rosée contribuait cependant encore plus que les causes morales à troubler mon repos. Les brises lointaines de la Méditerranée rendaient la nuit extrêmement froide. Il me vint à l’esprit d’essayer un expédient : j’appelai un de mes compagnons de captivité, un des ouvriers, et je le fis coucher à côté de moi ; chaque fois que je sentais un de mes membres s’engourdir, je l’approchais du corps de mon robuste voisin, et je lui empruntais ainsi une portion de sa chaleur. Je parvins, par ce moyen, à jouir de quelques instants de sommeil.
Le jour parut enfin, et je fus réveillé de mon léger assoupissement par la voix du chef. Il m’ordonna de me lever et de le suivre : j’obéis. En examinant sa physionomie avec attention, elle me sembla un peu adoucie : il m’aida même à gravir l’épaisse forêt, à travers les ronces et les rochers. L’habitude avait fait de lui un vigoureux montagnard ; mais moi j’avais beaucoup de peine à franchir ces hauteurs escarpées. Nous arrivâmes enfin au sommet de la montagne.
Là je sentis tout à coup se réveiller en moi l’enthousiasme de mon art ; et à l’instant j’oubliai mes fatigues et mes dangers, à ce magnifique spectacle du lever du soleil au milieu des montagnes des Abruzzes. C’était sur ces hauteurs qu’Annibal avait campé, lors de sa première campagne en Italie ; c’était de là qu’il avait montré à ses soldats la position de Rome. L’œil y embrasse une immense étendue de pays ; au bas, la colline de Tusculum, avec ses ville et ses ruines sacrées ; d’un côté les hauteurs sabines, de l’autre, les montagnes d’Albe : et au-delà de Tusculum et de Frascati, s’étend l’immense campagne de Rome, avec ses longues files des tombeaux, traversées çà et là par un aqueduc en ruines ; au milieu enfin s’élèvent les tours et les dômes de la ville éternelle.
Imaginez ce tableau éclairé par les rayons dorés du soleil levant, et frappant mes regards du sein des forêts imposantes des Abruzzes : imaginez ce terrain, sauvage, rendu plus sauvage encore par des groupes de bandits armés et vêtus d’une manière si bizarre et si pittoresque ; et vous ne serez pas étonnés que l’enthousiasme d’un peintre l’emportât pour un moment sur toute autre sensation.
Les bandits furent surpris de mon admiration pour une scène que l’habitude leur rendait si familière. Je profitai de la halte qu’ils faisaient en cet endroit, pour prendre un cahier de papier à dessiner, et tracer une esquisse du paysage. Le point élevé où je me trouvais assis était sauvage et solitaire, et séparé de la colline de Tusculum par une vallée qui a près de trois milles d’étendue, quoique l’extrême pureté de l’atmosphère fît paraître la distance moins forte. Cette élévation offrait une des meilleures retraites aux brigands, parce qu’elle réunissait à la facilité d’un coup d’œil sur le pays d’alentour, l’avantage d’être couverte de forêts et très éloignée de toute habitation humaine.
Tandis que je prenais cette esquisse, mon attention fut détournée pendant quelques instants par des cris d’oiseaux et des bêlements de moutons. Je regardai autour de moi, mais je ne vis aucun de ces animaux. Les cris se répétèrent ; ils semblaient venir du sommet des arbres. En regardant avec plus d’attention, j’aperçus cinq ou six brigands perchés au haut des chênes qui croissent sur la crête de la montagne exposée au vent, et qui dominent sans obstacle une vue très étendue. De là, les voleurs jetaient les yeux de tout côté, comme autant de vautours. Ils promenaient leurs regards dans le fond de la vallée, communiquant entre eux par des signes ou par des mots que le voyageur pouvait prendre pour les cris des faucons et des corbeaux, ou pour le bêlement des troupeaux de la montagne. Après avoir reconnu les environs, et après avoir terminé leur étrange conversation, ils descendirent de leur observatoire aérien, et ils revinrent près de leurs prisonniers. Le capitaine posta trois de ses hommes sur les trois flancs nus de la montagne, et il resta pour nous garder avec celui qui paraissait le plus affidé de ses compagnons.
Je tenais à la main mon livre d’esquisses ; le capitaine me le demanda, et après l’avoir parcouru de l’œil, il fut convaincu que j’étais réellement un peintre, comme je l’avais annoncé. Je crus voir briller en lui un rayon de bienveillance, et je résolus d’en tirer parti. Je savais que les hommes les plus corrompus ont leur bon côté et quelque endroit accessible que l’on finit par trouver, si l’on veut les étudier avec soin. En effet, le caractère d’un brigand italien est un singulier mélange. À des traits de férocité sans bornes, il réunit quelquefois des traits de douceur et de bonté ; il n’est pas toujours radicalement méchant ; mais il est souvent entraîné à ce genre de vie par quelque crime non prémédité, effets de ces violents éclats de passion auxquels le tempérament italien est si disposé. Alors il est forcé de se rendre aux montagnes, ou bien, selon leur expression technique, andare in campagna ; il devient un brigand de profession ; mais, ainsi que le soldat quand il n’est pas dans l’action, il peut déposer ses armes et sa colère, et redevenir un homme comme tout autre.
Je saisis l’occasion que m’offraient quelques remarques du capitaine sur mes esquisses, pour entrer en conversation avec lui. Je le trouvai sociable et communicatif. Bientôt je me sentis tout à fait à mon aise. J’avais cru apercevoir en lui une teinte d’amour-propre, dont je résolus de profiter ; j’affectai un air d’insouciance et de franchise, et je lui dis qu’en ma qualité d’artiste, je me piquais de me connaître en physionomie ; que je croyais découvrir dans ses traits et dans toute sa personne quelque chose qui révélait l’homme digne d’une plus haute destinée ; qu’il n’était pas fait pour exercer la profession qu’il avait embrassée ; qu’il possédait des talents et des qualités propres à une sphère plus élevée : qu’il n’avait qu’à changer de genre de vie, et que dans une carrière honorable, le même courage et les mêmes talents qui le rendaient aujourd’hui un objet de terreur, lui assureraient les applaudissements et l’admiration de la société.
Je ne m’étais pas trompé sur le caractère de cet homme : mes paroles le touchèrent et l’enflammèrent en même temps. Il saisit ma main, la pressa, et me répondit avec une forte émotion : « Vous avez deviné la vérité ; vous m’avez bien jugé. » Il se tut un moment ; puis, en faisant une espèce d’effort, il reprit : Je vous conterai quelques détails de ma vie ; et vous verrez que ce fut par l’injuste oppression des autres, plutôt que par mes propres crimes, que je me trouvai jeté dans les montagnes. J’ai cherché à servir mes concitoyens, et ils m’ont chassé de leur société. » Nous nous assîmes sur le gazon, et le brigand me rapporta les anecdotes suivantes.
q