Chapitre 8 L’ouverture de la « Semiramis »
Parmi nos camarades d’enfance, que nous voyions seulement l’hiver et de loin en loin, le plus près de nos cœurs et le plus rare s’appelait Rémi Ravel. Il portait des cols brodés, larges, et des blouses de velours noir, et je pense que l’élégance de son costume n’était point étrangère à la joie que nous éprouvions en l’apercevant dans les allées du jardin public.
« Ravel ! Veux-tu jouer au loup ? Au voleur ? À la diligence attaquée ? Tiens, tu es le voyageur ; moi, je suis le brigand ; je vais me cacher. »
Il acceptait ce que nous voulions, avec son sourire un peu triste ; mais il se lassait vite, et bien qu’il eût à peu de chose près notre âge, il avait l’air de nous trouver trop jeunes.
Ravel n’avait ni frère ni sœur ; il n’avait même ni père ni mère. Seulement il possédait trois oncles, tous trois vieux garçons ou veufs sans enfants, entre lesquels il vivait, aimé sans doute, disputé, mais au fond bien abandonné. Quand il se promenait à côté de l’un d’eux, on ne pouvait s’empêcher de calculer la grande distance d’âge qu’il y avait de l’enfant à son protecteur.
Ils avaient bien deux cents ans à eux trois, ce qui leur donnait à chacun près de soixante-dix ans, un peu plus, un peu moins, car ils n’étaient pas jumeaux. L’oncle Antoine, qui était en même temps le tuteur de Rémi Ravel, possédait un château où il n’invitait jamais personne que ses frères, dans un pays de vignes et de bois. Ses vendanges l’absorbaient en automne, la taille des ceps au printemps, le soin de ses futaies en hiver, et il ne se reposait guère l’été, voulant juger lui-même du progrès du raisin ou de l’honnêteté du tonnelier, qui cerclait, étanchait, mêchait et parait ses futailles. Dès l’aube il était debout, maigre, peu causant, peu commode, l’œil noir sous les cheveux blancs en brosse, et redouté comme un intendant de ceux qu’il employait, parce qu’il savait leur métier mieux que ceux qui le savaient le mieux. On le disait avare. La vérité est qu’il dépensait le moins possible pour les autres, mais qu’il aimait la bonne chère, et les vins de son cru, et la gaieté d’un dîner d’amis, c’est-à-dire d’un dîner en compagnie de « mon frère Sylvain » et de « mon frère Jean ».
Sylvain, propriétaire dans un autre canton, moins soucieux de son bien, vivait surtout à la ville, chauve, replet, rougeaud, la peau luisante comme le blanc de l’œil, drôle à voir passer, drôle à entendre une fois, mais pas deux, parce qu’il se répétait. Il promenait l’enfant deux heures par semaine, en vertu d’une convention qu’il avait faite avec Antoine, disant : « Il héritera, je veux qu’il m’ait connu. »
Quant à l’oncle Jean, le cadet, il avait dissipé sa fortune on ne sait où, et il était le plus donnant des trois, du moins par l’intention. Souvent on le surprenait avec Ravel, mais pour quelques minutes seulement. Il l’abordait dans la rue, quand l’enfant revenait de la classe ; il l’embrassait sur les promenades publiques ; il achetait un petit pain au lait, qu’il émiettait avec Rémi dans le bassin aux cygnes du mail ; il s’ingéniait à trouver des prétextes pour l’attendre, les soirs de sortie, à la porte du tuteur. Rémi ne le voyait guère que de cette façon, par lutte et par ruse ; car il était bien établi, dans la pensée d’Antoine et de Sylvain, que le cadet, ancien pilotin qui avait gardé la barbiche des marins, ancien flibustier dans les mers de Chine, ancien colon en Australie, ancien toutes sortes de choses, et au demeurant pauvre comme Job, ne pouvait avoir qu’une détestable influence sur une imagination jeune. Aux vacances, lorsque Rémi retrouvait l’oncle Jean, au château de la Vineuse, deux ou trois jours par année, c’étaient des parties de promenade et de braconnage, et des récits, et des cadeaux qui ravissaient l’enfant. L’oncle Jean lui taillait des arcs dans les gaulis d’Antoine, lui perçait des canons à vent dans des branches de sureau, lui offrait des nids de tourterelle, des sifflets de paille, des appeaux en buis tourné. À chaque fois il ajoutait un gros soupir ; car il vivait d’une pension que ses frères lui servaient, la plus maigre possible, à cause de sa grande prodigalité.
Rémi allait atteindre ses treize ans, à la fin du mois de juillet, lorsqu’il me dit :
« Grandes nouvelles ! Tu es invité à la Vineuse ! Je pars avec mon oncle Antoine et mon oncle Sylvain, ce soir, dans le grand omnibus où on dort si bien. Et jeudi, – mon oncle Jean sera là, – tu pourras venir passer la journée. Nous furetterons !
— C’est donc pour te récompenser de tes prix ?
— Et il y a mieux, mon cher. Mon oncle Antoine m’a dit, avec des airs, tu sais, qu’il n’a pas tous les jours : « Rémi, puisque tu as bien travaillé cette année, je veux te récompenser. Tu auras une surprise, jeudi. Elle arrivera de Paris par chemin de fer. »
— De Paris ! As-tu deviné ce que c’était ?
— Mon oncle Jean lui-même ne le sait pas. Moi, je pense que c’est un fusil. »
Nous causâmes un peu de temps de cette journée, qui serait merveilleusement amusante. Rémi exultait. Au moment de nous séparer, je le vis subitement devenir triste et comme honteux.
« Il faut que je te prévienne, par exemple, dit-il, que tu me verras probablement faire une chose qui m’humilie beaucoup.
— Vraiment, mon pauvre Rémi, et on t’y oblige ?
— Oui, toutes les fois que mes trois oncles sont réunis. Tu ne te moqueras pas de moi ?
— Bien sûr. Qu’est-ce que tu fais donc ?
— Je tourne l’ouverture de Sémiramis. »
J’ignorais absolument ce que cela signifiait. « Ouverture de Sémiramis » ne me disait rien, parce que je ne connaissais d’autre Sémiramis que la reine d’Assyrie, guerrière fabuleuse, dont je ne me rappelais même aucun trait, si ce n’est qu’elle était appelée, dans le haut d’une page de mon histoire ancienne, « la fille d’Atergatis. » Je pris une physionomie dégagée pour répondre :
« Tu as grand tort ; à ta place, je la tournerais de bonne humeur.
— Je voudrais t’y voir ! J’ai l’air d’un esclave pendant ce temps-là. Et on me fait recommencer quelquefois.
— Ah ! si on te fait recommencer, c’est différent. »
Il me serra la main. Et je trouvai les trois jours qui suivirent d’une mortelle longueur.
Le jeudi matin, de bonne heure, j’arrivai à la Vineuse. L’oncle Jean et Rémi m’attendaient à la gare. Nous allâmes saluer M. Antoine, en pourparlers avec son jardinier devant un semis de pourpier, et M. Sylvain, qui avait la goutte, et qui la soignait en fumant, assis sur un fauteuil de rotin et les jambes étendues sur un autre, devant le perron couvert de lierre. Toute la maison, d’ailleurs, une vieille construction mansardée, était tapissée de plantes grimpantes, si bien qu’on ne voyait qu’un immense toit rond, posé sur des feuilles.
« Ce qu’il y a de moineaux, le soir, là-dedans ! » me dit Rémi.
Nous avions les mêmes goûts en architecture. Et je vis bien que l’oncle Jean les partageait ; car nous partîmes, sans rien visiter, pour les garennes et les bois, avec trois chiens bedonnants, grognants, rhumatisants, qui n’obéissent à rien, ni à cor, ni à cri, ni à fouet, avec un garde, deux furets, douze poches, et la joie prodigieuse de nos treize ans lâchés en liberté.
Dieu ! la belle journée ! Nous revînmes fourbus, la tête papillotante de trop de soleil et de trop de rires. Les oncles étaient de bonne humeur. Ils dînèrent longuement, royalement, surtout le goutteux, qui professait que les régimes de médecine, comme les écoliers, doivent avoir deux mois de vacances. Rémi était presque joyeux, ce qui lui arrivait rarement à la maison. On le plaisanta sur ses joues de jeune fille anémique, sur ses goûts tranquilles, dont il s’était départi, sur le soin qu’il avait de ses mains, à présent déchirées par les ronces. Il acceptait tout gaiement. Son grand col de guipure et sa pâleur lui donnaient l’air d’un petit prince mélancolique.
« Qu’est-ce que tu feras plus tard, galopin ? » demanda l’oncle Sylvain, qui pelait sa troisième pêche.
La jolie figure de Rémi s’assombrit.
« Je ne sais pas, mon oncle.
— Tu ne sais pas ! Tu ne sais pas ! À ton âge, moi, je savais bien que je ne ferais rien. C’est une vocation comme une autre.
— Plus facile que les autres, insinua l’oncle Jean.
— Moins dangereuse que d’essayer de tout, riposta le gros homme. Je te dis qu’à treize ans on doit penser à quelque chose, sauf à n’en rien faire plus tard. Mais voilà : Rémi reçoit toute espèce de conseils, et il n’entend ni à hue, ni à dia. Belle éducation ! »
L’oncle Sylvain était jaloux de l’oncle Jean.
« Mes frères, dit M. Antoine, si nous prenions le café au salon ? »
À ce mot, qui terminait régulièrement les dîners d’apparat de la Vineuse, Rémi devint plus pâle encore, et je rencontrai ses yeux, qui me semblèrent me répéter sa plainte des jours passés :
« Tu me verras faire une chose qui m’humilie beaucoup. »
Les trois oncles, le maigre, le goutteux et le pilotin, traversèrent en procession l’espace qui séparait la table de la porte du salon. M. Antoine ouvrit la porte, M. Sylvain passa, puis M. Jean, puis nous deux, et enfin le maître de la maison, derrière nous, ferma l’appartement.
C’était une vaste pièce, qui aurait pu être assez belle s’il y avait eu, pour la faire vivre et parler, comme toutes choses parlent en ce monde, une autre âme que celle du vieux garçon. Quatre portraits d’ancêtres tout récents, notables du premier empire ou de la restauration, des tentures de soie de Chine à dragons d’or, une table de laque, des meubles d’acajou, une pendule avec la tête en bronze de Socrate, un parquet en lames de bois précieux, nuancés, transparaissant sous la couche de cire blonde et tel que je n’en ai pas vu d’autre : mais nulle part de goût, pas une fleur, pas une trace de pensée dans le pli d’un rideau ou dans l’ordre des chaises. Dix-huit sièges formaient le carré autour des murs. Une petite odeur de caverne flottait sous les plafonds. Les oncles marchaient avec respect.
Ils s’assirent en demi-cercle, le dos tourné à la cheminée, et la face vers le piano. Dans leurs mouvements, dans la disposition des fauteuils et l’ordre des préséances, – l’oncle Antoine au milieu, – on devinait une habitude et une sorte de rite. La lumière du couchant mourait sur les dragons d’or des rideaux. Les trois chiens du chenil commençaient à hurler à la lune qui montait derrière les arbres, dans la campagne dont le grand silence semblait s’être communiqué à nous tous.
J’étais resté avec Rémi près du piano, un vaste meuble carré, couvert d’une housse en tapisserie à moitié relevée, et qui offrait une anomalie singulière. Le clavier était dissimulé sous un rouleau de tôle peinte ou de bois, je ne distinguais pas bien à cause de la demi-obscurité du salon. On eût dit un fût de colonne couché sur les touches blanches et sur les touches noires. Je n’osais pas interroger Rémi, enfoncé dans l’ombre de l’instrument, perdu dans les plis lourds de la housse et tout courbé sur la chaise, comme s’il eût voulu échapper au regard de ses oncles.
Ceux-ci, remuant lentement leurs cuillers de vermeil qui faisaient trois phares minuscules près de la cheminée, humaient en silence leur café.
« Si nous écoutions un peu de musique ? dit l’oncle Antoine. Qu’en pensez-vous, mes frères ? »
Je vis l’inclination de tête de Sylvain et de Jean, et en même temps, près de moi, la figure pâle, irritée, de Rémi Ravel, qui s’était levé. L’enfant n’eut qu’à étendre le bras. Il saisit une poignée de cuivre attachée à l’extrémité du rouleau, et, les yeux sur la fenêtre du milieu, rayée par un nuage rouge où tremblaient des cimes d’arbres, il se mit à tourner la manivelle. Une fusée de notes partit du clavier. Le piano, frappé par le mécanisme savant que cachait le rouleau, tressaillit, lança des accords, des trilles, des gammes rapides, des mélodies au milieu desquelles sonnait, douloureusement, le fausset d’une corde de boyau détendue ou d’un fil de cuivre avarié. Vieux piano, vieille musique, vieux auditeurs, vieux soleil mourant, et cette main d’adolescent qui tournait, souple et longue comme une patte d’écureuil !
L’oncle Antoine battait la mesure du bout de sa bottine, et la jubilation était inscrite sur son mince visage, entre ses deux favoris blancs. Jean se contenait difficilement et regardait Rémi. L’oncle Sylvain, rouge, se balançait d’arrière en avant.
« Délicieux, ce Rossini ! On ne se lasse pas d’entendre son ouverture de Sémiramis ! Est-ce perlé ! Plus vite, donc, galopin, plus vite ! »
La petite main pressa le mouvement.
« Piano à présent ! Piano ! Tu ne comprends donc pas cette musique-là ! »
Oh ! non, il ne comprenait pas, mon pauvre Rémi. Depuis son enfance qu’il tournait le même air, devant les mêmes oncles autoritaires, dans le grand salon morne, une invincible horreur de son rôle l’avait saisi. La manivelle, le rouleau, étaient devenus pour lui des instruments de supplice. Sa tête songeuse en rêvait la nuit. Son imagination exaltée lui représentait ce mouvement machinal comme un travail d’esclave, humiliant, odieux. Et il se taisait, par la peur qu’il avait de Sylvain et d’Antoine.
« Allegro ! criait Sylvain. Tu ne vois donc pas que c’est le duo, le duo d’amour ! »
La petite main obéit encore.
Et puis, dans le silence admiratif des trois vieux garçons, peu à peu, les derniers accords tombèrent. Un bruit de déclanchement annonça que le rouleau cessait d’agir. La manivelle s’arrêta. Rémi demeura debout, n’osant plus se retourner de mon côté.
Il y eut un temps de recueillement. Et l’oncle Antoine, tirant un cordon de sonnette, dit avec solennité :
« Rémi, je t’avais annoncé une surprise. La voici. »
Un domestique apporta une grande boîte, et la mit aux pieds de son maître. Celui-ci l’ouvrit, enleva un objet lourd et enveloppé de papier, de copeaux, de ficelles, et que je ne distinguais pas bien. Rémi, comme s’il se défiait des générosités de son oncle, n’avait pas bougé, n’avait pas tourné la tête, et, boudeur, fixait le nuage, devenu couleur de pourpre violette.
Le vieillard, penché, déroulant les cordes et les paquets de rognures, avait l’air de débarrasser une momie de ses bandelettes. Enfin, soulevant la chose, la présentant, les deux bras tendus :
« Mon petit, dit-il, j’ai pensé que l’ouverture de Sémiramis était un peu fatiguée, que nous l’avions tous trop souvent entendue, et j’ai acheté un nouveau rouleau, pour te récompenser. C’est le Prophète, de Meyerbeer, un grand compositeur aussi. Allons, viens le chercher, et tourne-nous ça. »
Rémi le regarda sans bouger, regarda son oncle Sylvain, et dit : « Non. »
Il était blême, et il s’appuyait d’une main au piano, mais sans cesser de faire face à ses deux oncles.
Ceux-ci s’étaient dressés.
« Qu’est-ce que cela veut dire, monsieur ? dit l’oncle Antoine.
— Ah ! mais, tu vas tourner, galopin ! dit l’autre, ou tu diras pourquoi ! »
Ces formes qui s’avançaient dans l’ombre presque complète, cette colère des attitudes et des voix, me firent peur. J’étais un peu en avant de Rémi.
« Laissez-le, messieurs ! m’écriai-je.
— Non pas ! » dit sévèrement l’oncle Sylvain en étendant son gros bras pour saisir celui de Rémi.
Mais Rémi se renfonça dans l’encoignure du piano, et de sa voix nette, toute frémissante, il dit :
« Je ne tournerai pas ! Ne me touchez pas ! Je m’en irai d’ici !
— Rémi, dit l’oncle Antoine, je te donne cinq minutes…
— Jamais ! cria Rémi. À présent je ne tournerai plus jamais. Et si vous voulez savoir ce que je ferai plus tard, eh bien ! Je serai officier, parce que je serai libre, parce que je commanderai !
— Laissez-le donc ! interrompit l’oncle Jean, qui traversa l’appartement et s’approcha à son tour. Vous voyez bien que vous l’exaspérez, cet enfant ! »
La colère des deux oncles se tourna contre leur frère Jean.
« Voilà ton œuvre ! voilà tes exemples ! C’est toi qui lui donnes ces idées d’indiscipline et de vagabondage. Toi qui devrais nous aider, tu l’excites contre nous ! Ah ! nous sommes récompensés de notre indulgence ! »
J’entrevis des bras levés, des têtes qui s’agitaient, un groupe confus d’hommes en mouvement. Au milieu des apostrophes échangées et des menaces, un coup de sonnette formidable retentit dans les corridors voisins.
« Apportez de la lumière ! » cria la voix de M. Antoine.
Tout bruit cessa. Lorsque le salon fut illuminé par la flamme de deux lampes, et que le domestique se fut retiré, Jean le pilotin, Jean le flibustier, les poings serrés, appuyé à l’angle de la fenêtre du milieu, avait la physionomie résolue et méprisante d’un soldat qui va se battre, si on le provoque davantage. Je remarquai qu’en ce moment Rémi lui ressemblait.
L’oncle Antoine se tenait au milieu du salon, et l’oncle Sylvain un peu en retrait. M. Antoine regardait du côté de la fenêtre :
« Toi, dit-il avec une froideur voulue, tu ne reparaîtras plus à la Vineuse. De pareilles scènes ne se reproduiront pas. »
Puis, se tournant vers Rémi, dont j’entendais la respiration précipitée, tout contre moi :
« Vous, monsieur, montez vous coucher, et tout de suite ! »
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Je fus reconduit à la gare par M. Sylvain, qui me fit ses excuses de la conduite de son neveu.
Rémi n’est pas devenu soldat. Je crois qu’il a tourné encore plusieurs fois l’ouverture de Sémiramis et même celle du Prophète. Mais l’oncle Jean n’a plus jamais reparu à la Vineuse.
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