Chapitre 13 La jument bleue
« Emporte bien ta mante, petit, de peur d’avoir froid !
— Je l’ai sur le bras.
— Emporte tes sabots !
— Ils me pendent au cou.
— Emporte ta houssine, de peur des loups qui rôdent !
— Elle est attachée à mon poignet, mère, et solide comme un de mes doigts.
— Bonne nuit pour toi !
— Bonne nuit pour vous ! »
Tous les soirs, quand Jean-Marie Bénic du pays des Côtes partait avec ses juments, la mère ne manquait pas de lui adresser ces recommandations. Elle était veuve, avec cinq fils dont il était le dernier, jeune gars qui allait atteindre ses dix-huit ans. La ferme, abritée par une ceinture de bois que le vent tourmentait, n’était séparée que par là des plages où les vagues écumaient, sonnaient et sautaient pendant trois saisons de l’année. Elle s’appelait la Grénetière, et on pouvait la dire assez mal nommée, car le froment poussait médiocrement dans ces terres salées ; on n’y voyait de belles moissons que celles de sarrasin, qui levaient drues leurs tiges rouges et leurs fleurs couleurs de nuages d’été, où les abeilles font leur miel. D’ailleurs beaucoup de genêts, beaucoup d’ajoncs, et des marécages, et des terrains perdus où le vent semait et où la gelée d’hiver récoltait toutes sortes d’herbes inutiles. Mais les prairies étaient superbes, plantées de touffes pressées et gaillardes qui donnaient du foin, du regain et de l’arrière-regain, sans compter cinq mois de pâture ; prés humides, cela va de soi, prés qui tournaient entre des coteaux boisés et que traversait un ruisseau à peine gros comme le poing dans le temps chaud, qui s’étendait en nappe et formait comme un lac après les pluies d’automne.
Là vivaient en liberté, depuis la fin de juin jusqu’au milieu de novembre, les six juments qui faisaient l’orgueil et la richesse de la Grénetière. Il était impossible d’en voir de plus belles dans le pays des Côtes, où cependant la race des chevaux est renommée. Un homme de haute taille n’arrivait pas à la hauteur de leur garrot. Leur trot valait le galop de plusieurs autres. Pour le pelage, bien qu’il fût quelque peu varié, il se rapprochait de la teinte de l’ardoise, et il y avait même une pouliche de trois ans, la préférée de Jean-Marie Bénic, dont la robe était vraiment bleue, avec une étoile au milieu du front. Les marchands disaient tous :
« Vendez-nous votre pouliche, maîtresse Bénic !
— Nenni, bonnes gens ; vous ne l’aurez pas.
— Alors l’empereur la prendra !
— Il est trop loin.
— L’empereur n’est jamais loin, maîtresse Bénic. Il a besoin d’hommes. Il connaît, à Paris, l’âge de votre jument, et son nom, et son poil. Croyez-moi, vendez-la ! »
Elle refusait, car elle avait confiance qu’on ne lui enlèverait pas la Nielle, sa belle pouliche bleue, qui déjà commençait à tirer la charrue, et qui pouvait trotter trois heures durant sans un repos. Assurément elle savait que l’empereur levait des hommes et les envoyait à la guerre : un de ses fils était sur le Rhin, un autre aux frontières d’Espagne. Elle entendait sans cesse parler de batailles gagnées, de villes prises, de canons enlevés, de Te Deum, de massacres et de butin ; au fond du cœur elle souhaitait la fin de ces victoires qui coûtaient leurs fils à tant de pauvres femmes comme elle, et qui laissaient les plus heureuses sans aide, avec des champs trop grands, des récoltes qui périssaient faute de bras pour les enlever ; mais elle ne croyait pas que l’empereur eût connaissance de la beauté de la Nielle, ni de sa vitesse, ni de son poil bleu et de l’étoile blanche du front.
« Bonne nuit pour toi, mon gars ! disait-elle. Va sagement, et garde-toi du loup ! »
Et Jean-Marie, à cheval sur la plus vieille des juments, partait en sifflotant pour passer la nuit dans les prés. Il aimait cela. Il s’était construit une cabane de branches, sur un talus adossé au bois, d’où il découvrait presque toute la prairie, et là, couvert d’un vieux manteau, son chien Fine-Oreille à ses pieds, il dormait d’un sommeil interrompu au moindre bruit. La nuit l’enveloppait d’ombre et de brume ; mais il reconnaissait même alors la présence de ses chevaux et le lieu où ils pâturaient, au souffle de leurs naseaux et au rythme lent de leurs foulées. Quand le vent était trop froid, il les emmenait dans une saulaie dont les feuilles ne remuaient que les jours de tempête. En tout temps, il faisait trois rondes avant le lever du soleil, afin que ses juments ne restassent pas couchées sur le flanc dans l’herbe trempée de pluie ou de rosée. Un hennissement l’éveillait, ou un cri d’oiseau, ou le piétinement des animaux qui se rassemblent à l’approche d’un danger. Et seul il sortait de la cabane, fouettant d’une certaine manière qui effrayait les loups et rassurait les bêtes. Elles accouraient à lui dès qu’elles l’apercevaient. Il les flattait de la main. La pouliche bleue quelquefois posait sa tête sur l’épaule du jeune gars, et lui la caressait, disant : « Foi de Jean-Marie, la Nielle, tu resteras toujours à la Grénetière ; tu es trop belle pour la guerre. »
Il se trompait. Le temps vint bientôt de cette séparation. Un ordre fut publié prescrivant d’amener à la ville, pour être examinés par une commission d’officiers, tous les chevaux et juments âgés de quatre ans. La Nielle avait quatre ans depuis quelques semaines. Les derniers jours de mars, pluvieux, traversés de tempêtes de neige et de grêle, rendaient les chemins presque impraticables. La désolation régna pendant toute une semaine chez la veuve de la Grénetière. Ses trois fils présents l’entouraient, le soir, à la chandelle, et discutaient ce qu’il y avait à faire. Les deux aînés, grisonnants déjà, étaient d’avis de cacher la Nielle dans les bois si profonds et sans aucune percée qui entouraient la ferme. Le cadet ne disait rien. Pourtant, la veille du jour fixé pour la conscription des chevaux, sa mère lui demanda :
« Cadet, tu ne parles pas ; mais tu dois avoir une idée ?
— J’en ai une, en effet, qui ne ressemble pas à celle de mes frères.
— Dis-la, cadet.
— Mère, j’ai trop peur de vous faire pleurer.
— Pauvre cadet ! dit la mère en l’embrassant, ceux qui pleurent ne sont pas les plus malheureux : ce sont ceux qui ne s’aiment pas.
— Eh bien ! Mère, je pense que nous ne pourrons pas longtemps cacher la Nielle dans les bois, qu’elle sera découverte, et que l’aîné de mes frères ira peut-être en prison. Il vaut mieux la donner à l’empereur, qui a besoin d’elle, et puisque mon tour viendra bientôt de partir moi aussi pour la guerre, m’est avis que nous partions tous deux, la Nielle et moi. Je veillerai sur elle, je la soignerai.
— Mon gars, tu déraisonnes ! Jamais un simple cavalier ne montera la jument bleue. On la donnera à un officier, et j’aurai tout perdu, mon fils et ma Nielle.
— Laissez-moi aller ; j’ai réfléchi à tout, la nuit, en gardant mes bêtes. Vous verrez un jour revenir la Nielle avec Jean-Marie Bénic, qui aura des galons sur ses manches. Je me sens soldat, et je vous jure, pour l’avoir menée contre le loup, que la Nielle est brave aussi. »
Il parlait d’une manière si ferme et si décidée, que la veuve, sans avoir le courage de dire oui, ne crut cependant pas sage de dire non. Elle pleura, comme l’avait prévu Jean-Marie, et resta longtemps assise sur le banc de la grande salle de la Grénetière, donnant des conseils à son fils, et plusieurs fois les mêmes, mais avec plus d’amour et de larmes à chaque fois. Pour les frères, qui étaient de bons cœurs aussi, malgré leurs mines dures, ils regardèrent plus d’une demi-heure la mère et le cadet sans rien dire du tout, et gagnèrent le lit en laissant sur la table leurs deux bolées de cidre toutes pleines.
Le lendemain, avant le jour, Jean-Marie Bénic alla dans l’écurie détacher la Nielle, et, sautant sur le dos de sa belle jument, la pressant avec ses talons, il la conduisit une dernière fois au pré.
« Je veux que tu pâtures encore l’herbe de notre Grénetière, disait-il, et je veux revoir, moi, pour lui dire adieu, la place où je t’ai si souvent gardée. »
Personne n’était levé, même dans cette ferme où le coq ne chantait pas le premier d’habitude. La campagne basse était toute blanche de brouillard, et les bois, aux deux extrémités de la prairie, se voyaient à peine, comme à travers un voile de fin lin. Jean-Marie, qui n’avait mis à sa jument ni bride ni licol, la mena le long du ruisseau où poussaient des menthes et des trèfles aussi hauts que le genou, et, laissant brouter la bête, il regardait avec émotion les belles bandes de pré qu’il ne faucherait ni ne fanerait d’ici plusieurs années ; et ces bois sombres, pareils à des fumées dans la brume, qui auraient perdu plusieurs fois leurs feuilles, et grandi, et poussé avant qu’il ne revînt ; et derrière eux il devinait de souvenir toute la métairie, que jamais il n’avait quittée, les terres où l’avoine semée de sa propre main dépassait déjà le remblai des sillons et roulait au vent de mer, les jachères, les landes, le bouquet de pins sur la dune, les sentiers autour des champs, déserts et tendus de fils d’araignées.
« Mange ton saoul, la Nielle, disait-il, car tu n’auras plus de menthe ni de trèfle à l’armée de l’empereur. »
C’était un prétexte pour lui de ne pas partir encore. Il croyait rester pour sa jument, et en vérité le cœur lui manquait.
Comme le matin se levait, et que les pointes de chênes devenaient rouges à la crête des collines, Jean-Marie Bénic monta debout sur la Nielle afin de voir plus loin ; il but ensuite un peu d’eau du ruisseau pour s’en rappeler le goût, et, quand un premier rayon de soleil toucha l’herbe du pré, le jeune homme, avec un cri sauvage comme si on l’eût blessé, mit la jument au galop et fila vers la ville.
À deux heures, il se présentait devant la commission d’achat, sous les arbres de la promenade publique. Il y avait là des centaines de paysans qui tenaient leurs chevaux par la bride, et qui déploraient la guerre en comptant leur argent. Plusieurs dirent :
« Voyez la jument de la Grénetière : l’empereur n’en a pas de plus jolie ! Elle sera traversée par les balles ; oh ! la triste guerre ! Elle sera tuée par les boulets. Voyez-la, comme elle passe avec un orgueil dans les yeux ! »
La Nielle, en effet, avait la tête levée, hennissait et piaffait. Le commandant qui présidait la regardait venir au milieu des clameurs, et admirait aussi la taille et l’air crâne de Jean-Marie Bénic.
« Jument d’officier, fit-il, jument de colonel pour le moins. Je te donne le maximum du tarif, mon garçon ; es-tu content ?
— Non.
— Qu’est-ce qu’il te faut ?
— M’engager dans le régiment où servira la Nielle. Je ne veux pas la quitter. »
Le commandant, qui avait de terribles moustaches blanches et l’air bon enfant, se prit à rire ; puis tout à coup une larme lui vint aux yeux, sans être annoncée, et il dit, tendant la main à Jean-Marie :
« Voilà un brave, j’en jurerais.
— On fera de son mieux, la Nielle et moi », répondit le gars.
Quatre jours plus tard ils étaient du même régiment, loin du pays des Côtes, loin de la ferme bretonne où ils avaient grandi l’un et l’autre.
Et cela fit un bon soldat et une bonne jument de guerre.
La Nielle était échue au colonel du régiment, un homme jeune que l’empereur emmenait partout à sa suite. Quels beaux voyages depuis dix ans ! Il avait vu toute l’Europe, moins les îles ; il connaissait la couleur de tous les drapeaux ; il avait reçu de sa main les clefs de plusieurs villes ; il était revenu sans blessure de vingt charges à la tête de ses lanciers, et toutes les trois fois, régulièrement, il montait d’un grade sur l’ordre de celui qui savait tout et n’oubliait personne : brigadier, maréchal des logis, marchef, sous-lieutenant, lieutenant, capitaine, commandant, colonel. Il avait pris chaque galon, tantôt de laine et tantôt d’argent, à la pointe de la lance ; il attendait la vingt et unième charge pour passer général. Dix chevaux étaient morts sous lui. La Nielle le portait fièrement, comme si elle eût compris. Lui, de temps en temps, dans les marches silencieuses, se penchait sur le cou de la bête, et caressait l’étoile blanche du front.
Jean-Marie, barbu, bronzé, large d’épaules et astiqué comme pas un, avait vieilli très vite hors de France et pris figure de grognard. Il aimait la guerre, mais surtout la Nielle. Pour elle, plus d’une fois, il avait fauché de l’herbe ou de l’avoine avec son sabre en vue du camp ennemi, sous les balles qui sifflaient dans la moisson. Il fleurissait lui-même la têtière de sa belle jument d’autrefois, les jours où elle devait entrer dans une ville conquise ; et quand c’était une capitale, il y mettait un gros bouquet. Elle le reconnaissait à la voix ; elle piaffait de joie en passant près de lui les matins de revue, quand les visières des casques luisaient au-dessus des lances et qu’il y avait, comme avant la bataille, des commandements, des sons de trompettes et l’éclair de l’acier qui se croisaient dans les plaines.
L’empereur commanda à ses lanciers d’attaquer un royaume. Les lanciers, qui étaient en terre d’Italie, passèrent les montagnes. Tandis qu’ils descendaient sur les pentes, on eût dit des taillis en marche ; mais la blancheur des pointes ne venait pas de la rosée, Seigneur ! Ni de la neige. Les gens du pays, du creux des vallées, regardaient en l’air, et ils avaient peur.
« Que la colère de l’empereur s’éloigne de nous ! » disaient-ils.
Elle ne faisait que traverser. Le soir, on voyait sur les montagnes en face monter l’ombre des régiments.
La Nielle allait au pas, jamais lassée, tout en avant. Et quand ce fut l’heure de la bataille, l’empereur était là. Personne ne savait comment il était venu.
Mes enfants, je n’ai assisté à aucune bataille, et je ne puis pas vous répéter même le nom de celle-là ; mais ce que j’ai appris de défunt mon oncle, qui s’y trouvait, c’est qu’elle fut terrible. Les morts étaient couchés à pleins champs, et les blessés ne se comptaient pas. Parmi ceux-ci, Jean-Marie Bénic était tombé au revers d’un sillon de blé mûr, une balle dans l’épaule. La jument bleue avait emporté le colonel jusqu’au fond de la plaine, dans la fumée des canons.
Le pauvre gars pensait à la Grénetière. Le soleil était si chaud, qu’il cuisait le sang de sa blessure ; et de fatigue, de douleur aussi, Jean-Marie Bénic du pays des Côtes commençait à ne plus rien voir autour de lui, quand il aperçut en avant un point bleu qui venait. C’était rapide comme un boulet de canon, avec deux souffles de flamme à droite et à gauche. Il distingua bientôt des oreilles, des pieds, une crinière, un cavalier ; il reconnut la Nielle, la Nielle qui fuyait, ayant collé à son dos, renversé à demi, le colonel, dont les mains avaient laissé échapper les rênes. Elle franchit un fossé, elle entra dans le blé mûr, elle passa à toute vitesse ; mais le blessé avait eu le temps de crier :
« La Nielle ! »
Alors, comme un grand corbeau d’hiver qui fait un cercle avant de se poser, on vit la belle jument de guerre courir autour du champ, revenir vers le blessé et s’arrêter derrière lui, tendant le cou.
« Bénic, s’écria le colonel, as-tu encore tes deux jambes ?
— Oui, mon colonel.
— As-tu tes deux bras ?
— Je n’en ai plus qu’un de bon.
— Moi j’ai les mains brisées. Monte en croupe ; chargeons vite ! Mes lanciers ont plié ; les vois-tu qui se débandent ?
— Oui, mon colonel.
— Ah ! Bénic, si j’avais des mains !
— J’en ai une pour nous deux ; ça suffit. Charge à l’ennemi, ma Nielle bleue ! »
Ils fuyaient en effet, les lanciers, ayant cru que le colonel fuyait lui-même. Mais sur la route, à rebrousse-poil, quand ils entendirent sa voix de commandement, quand ils virent dans la poussière le poitrail de la Nielle et deux hommes à cheval sur son dos qui galopaient, ils tournèrent bride, et, reprenant leur lance, ils chargèrent aussi.
Jean-Marie Bénic et la Nielle gagnèrent la bataille. L’empereur fut content. Il rencontra le soir, en faisant sa ronde de bivouac, Jean-Marie qui pleurait, assis par terre, et qui tenait de son bras valide la bride de la jument bleue. Étonné, il s’approcha.
« Un lancier de ma Garde ! Tu pleures un jour de victoire ! Tu es donc blessé ?
— Oui, mon empereur ; mais ça n’est pas ça qui me chagrine.
— Qu’as-tu ?
— Mon colonel est mort.
— Je le sais ; je le regrette plus que toi. Je vous ai vus charger. Qu’as-tu encore ?
— Ma jument, celle que j’avais élevée à la Grénetière, dans le pays des Côtes… »
Il ne put en dire plus long ; il pleurait. L’empereur, à la lueur des feux allumés de toutes parts, vit que la Nielle était atteinte d’un éclat d’obus à la cuisse gauche. Il croisa les mains derrière son dos, sous les basques de sa redingote, et dit :
« Guérissez-vous tous deux, je le veux ! Quand vous serez guéris, allez-vous-en au pays des Côtes : vous m’avez bien servi. Seulement je retiens son premier poulain pour ma Garde, et, dans vingt ans d’ici, tu m’enverras ton fils à toi : j’en ferai un officier.
— Oui, mon empereur. »
Cette journée rendit fier Jean-Marie pour toute sa vie, qui fut longue. Il revit la Grénetière, les bois, les prés, le ruisseau où les menthes buvaient le brouillard, et la mère qui l’avait attendu en priant. Il n’avait qu’un bras, comme la Nielle n’avait que trois pieds ; mais de ce bras-là il pouvait encore tenir une charrue, conduire les bœufs et vider un verre. Ceux de son âge saluaient son épaule morte, quand il passait par le chemin. Et les matins de marché, lorsqu’un grand paysan tout las de figure arrivait au bourg, sur une jument qui boitait bien bas, les parents les montraient aux gamins, et disaient :
« Voilà Jean-Marie Bénic, voilà la Nielle bleue : les deux blessés de l’empereur ! »
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