‹ Contes du Pays GalloChapitre 21 sur 78 · 3.5

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Le lendemain matin, en se réveillant, le roi fut agréablement surpris d’apercevoir le château de sa fiancée. Il la fit prévenir aussitôt de l’heureuse nouvelle, la suppliant de fixer la date de leur mariage.

— Ce jour sera fixé, répondit-elle, lorsque vous aurez fait trancher la tête à petit Jean qui m’a désobéi deux fois.

Heureusement que ce dernier avait entendu la conversation qui venait d’avoir lieu entre le roi et sa fiancée. Il alla bien vite trouver la jument noire, pour lui raconter ce dont il était menacé.

— Rassure-toi, lui dit-elle, ce ne sera pas toi, mais ta marraine qui aura la tête tranchée. Cette méchante fée, afin d’épouser mon père, a fait mourir un jeune prince mon fiancé, et moi, m’a changée en bête. Heureusement l’époque de ma métamorphose vient d’expirer, et le roi saura de quels forfaits est capable, celle dont il veut faire une reine.

Soudain les ténèbres les enveloppèrent et, bientôt, avec le retour du soleil, à la place de la jument, apparut aux yeux éblouis du jeune homme une ravissante jeune fille. Elle tendit la main à Jean, en lui disant : « Conduis-moi près de mon père auquel je vais raconter les infamies de sa fiancée. »

Lorsque le roi revit celle qu’il avait tant pleurée, et qu’il croyait à jamais perdue, il la pressa sur son cœur, et écouta, en versant des larmes de rage, le récit de sa chère enfant.

Il fit arrêter la dame du château aux quatre piliers d’or, et ordonna qu’on lui tranchât immédiatement la tête.

Jean resta au palais, devint le favori du roi, et épousa bientôt la princesse.

(Conté par Marie Paturd, de Britz,

âgée de 20 ans.)

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