‹ Contes du Pays GalloChapitre 68 sur 78 · 25.2

25.2

Un petit garçon, passant à la Croix-Madame, s’arrêta pour voir les sorciers danser, et surtout pour écouter leur musique.

— Vous avez ben du jeu, leur dit-il. Je voudrais faire comme vous, et surtout avoir votre musique.

— Tiens, lui répondit l’un d’eux, en voici une qui pourra te divertir et même te servir un jour.

Il lui donna son propre violon.

L’enfant alla rejoindre ses camarades, et, du plus loin qu’il les aperçut, il leur cria : « Arrivez, les gars, que je vous joue un air de violon. »

Il n’eut pas plus tôt promené l’archet sur les cordes de son instrument que tous les moutards se mirent à danser, ce qui fit beaucoup rire le musicien.

Continuant son chemin, il aperçut un nid de pies dans le haut d’un arbre et voulut le dénicher.

Malgré tous ses efforts il n’y pouvait parvenir, lorsque le curé de la paroisse vint à passer par là.

— Que fais-tu là, mon petit gas ? lui demanda-t-il.

— Je voudrais dénicher ce nid de pies, et je vois que j’en suis incapable.

— Ah ! mes pauvres enfants, vous ne savez plus grimper aux arbres à présent. De mon temps nous étions bien plus agiles. Tiens, descends, je vais te le dénicher.

Le prêtre grimpa dans l’arbre et allait arriver à s’emparer du nid, lorsque l’enfant eut l’idée de jouer du violon.

Aussitôt, le curé dégringola plus vite qu’il n’aurait voulu, et tomba dans une broussée d’épines et de ronces, au milieu desquelles il se mit à se trémousser, déchirant sa soutane et se mettant les mains et la figure en sang.

— Petit malheureux, lui cria-t-il, c’est un tour que tu m’as joué, mais tu me le paieras.

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