‹ Contes du Pays GalloChapitre 72 sur 78 · Chapitre 27 La marchande d’oranges

Chapitre 27 La marchande d’oranges

Un oranger il y a (bis), brousca ;

Qu’est si chargé d’oranges,

Je pris ma gaule blanche,

Et je m’en fus les vendre

Dans le chemin rencontre

Il me demanda : « Belle,

— Monsieur, c’sont des oranges,

Il en prit trois douzaines

— Portez-les dans ma chambre,

— Quand je fus dans la chambre,

J’sautis pas la fenêtre,

Quand je fus sur la route,

J’ai sauvé mes oranges,

Émerveillés de la nouvelle chanson, les lutins, pour récompenser le chanteur, lui enlevèrent sa bosse, et la placèrent à côté de la première, sur la fenêtre de la chapelle.

À quelque temps de là, un lundi soir que Jean Ballard, après s’être encore oublié dans les vignes du seigneur, au marché de Bain, traversait la lande pour rentrer chez lui, il fut tout à coup entouré par les petits nains qui, malgré ses cris et ses supplications, lui remirent non seulement sa bosse sur le dos mais encore lui placèrent sur la poitrine celle de son camarade, de sorte qu’il rentra à Pléchâtel bossu par devant et bossu par derrière.

(Conté par Charles Jollivet, lorsqu’il était employé du télégraphe aérien sur la motte féodale du Coudray, non loin de la lande de Bagaron.)

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