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Chapitre 7 Le pèlerin

Oh ! ouvrez la porte, ouvrez par pitié ; la bise souffle avec violence, la neige tombe par flocons et couvre toute la plaine : il est difficile de trouver le sentier.
Je ne suis point un vagabond qui frappe à la porte du château pour y chercher un refuge après avoir chassé le daim du roi ; mais un vagabond lui-même dans une nuit pareille aurait quelques droits à la compassion.

Je suis un pèlerin fatigué, affaibli par de longs voyages, j’erre au loin pour faire pénitence de mes péchés. Oh ! ouvrez pour l’amour de Notre-Dame, obtenez la bénédiction du pèlerin.

J’apporte des indulgences de Rome et de saintes reliques. Ah ! si ce n’est pas assez pour vous décider à m’ouvrir, ouvrez-moi du moins par charité.

Le lièvre est tapi dans son gîte, le cerf est à côté de la biche, et moi, pauvre vieillard, exposé à l’orage, je ne puis trouver aucun asile.

Vous entendez le mugissement sourd de l’Ettrick ; son cours est grossi par les pluies ; je serai forcé de traverser à gué les sombres flots de l’Ettrick si vous n’avez pitié de moi.

Elle reste fermée la porte de fer à laquelle je frappe. Le coeur du châtelain est encore plus inaccessible, puisqu’il peut entendre, sans en être ému, mes douloureuses plaintes.

Adieu, adieu ! Puisse la vierge Marie, quand vous serez chargé d’ans et infirme, vous faire la grâce de ne jamais avoir besoin de l’asile que vous me refusez.

Le maître du château, mollement étendu dans sa couche, dédaigne son humble requête ; mais souvent au milieu des orages de décembre il entendra de nouveau cette voix plaintive ;

Car lorsque l’aurore brilla sur l’onde de l’Ettrick à travers les vapeurs, elle découvrit un cadavre sans vie parmi les sureaux de la rive : c’était le cadavre du pèlerin.

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