Chapitre 8 La vierge de Neidpath
Selon une tradition du Tweeddale, pendant que le château de Neidpath, près de Peebles, était habité par les comtes de March, une passion mutuelle s’alluma entre une fille de cette noble famille et le fils du laird de Tushielaw dans la forêt d’Ettrick. Comme les parents de la jeune fille se refusèrent à une union peu assortie, le jeune homme s’exila dans les pays étrangers. Pendant son absence sa maîtresse tomba malade de langueur, et enfin le père consentit à ce que le fils du laird fût rappelé, comme seul moyen de lui sauver la vie. Le jour qu’il était attendu et qu’il devait traverser Peebles pour se rendre à Tushielaw, la jeune fille, quoique épuisée, se fit transporter sur le balcon d’une maison appartenant à sa famille pour voir passer celui qu’il lui était enfin permis d’aimer. Son inquiétude et son empressement donnèrent tant de force à ses organes qu’elle distingua, dit-on, le bruit des pas du cheval à une longue distance ; mais Tushielaw, qui ne s’attendait pas à la trouver si changée ni à la voir dans un tel lieu, passa outre sans s’arrêter et sans même ralentir le pas. La jeune fille, incapable de supporter ce coup, expira dans les bras de ses suivantes.
On trouve un récit analogue à cette tradition dans le conte d’Hamilton, Fleur-d’Épine.