Suzanne, très fâchée.
Mademoiselle, je cours aussi bien que vous ; je cours mieux que vous, même !
— Partons ! » s’écria Raymond.
Et les voilà à courir tous les trois pour passer le pont qui était près de la grille de leur cour.
La Loue sort d’une belle fontaine qui se trouve au fond d’une grotte entourée de balsamines sauvages. C’est d’abord un tout petit ruisseau qui gazouille sur les cailloux entre deux montagnes toutes couvertes d’arbres et de fleurs ; puis, peu à peu, le ruisseau grossit et finit par devenir une rivière large et profonde, dans laquelle on se noie si on veut la traverser en passant sur les morceaux de roche dont elle est remplie, ou bien quand on veut cueillir les grandes feuilles de nénuphar qui poussent dans ses eaux. Les petits enfants savaient bien cela, car on leur avait souvent défendu de jouer au bord de la rivière.
Quand ils eurent passé le pont tous les trois, ils se trouvèrent sur la route, au pied de la montagne, en plein soleil ; ils commencèrent alors à la gravir par un petit sentier au milieu des vignes, tout en cueillant de jolies fleurs qu’ils jetaient bientôt pour en cueillir de nouvelles.
Après avoir monté pendant une demi-heure, Suzanne dit qu’elle avait soif.