‹ Contes et historiettesChapitre 42 sur 71 · Hélène

Hélène

« Je l’avais bien dit qu’elle ne pourrait pas nous suivre !

— Viens, ma petite, dit Raymond en la prenant par la main ; je trouverai bien une source, et nous boirons tous les trois. »

Ils arrivèrent à un passage, entre deux rochers hauts comme le clocher du village. Comme le soleil commençait à leur faire mal, ils entrèrent dans ce passage qui était tout plein d’ombre, et ils se trouvèrent bientôt dans un espace grand comme leur jardin et entouré de rochers droits comme des murailles ; mais, au lieu d’être tout unis, ils étaient pleins de crevasses d’où pendaient de belles guirlandes d’églantiers dont les fleurs embaumaient l’air. Il y avait aussi des clématites et des vignes sauvages ; puis encore de grosses touffes de spirées aux grandes feuilles plissées, dont les fleurs ressemblent à des bouquets de plumes blanches. Les enfants oublièrent leur soif en voyant toutes ces belles fleurs qu’ils auraient bien voulu cueillir ; mais elles étaient placées trop haut pour que leurs petites mains pussent y atteindre. Au bout de cette espèce de jardin sauvage, un filet d’eau tombait des rochers et bouillonnait dans un petit bassin ; puis cette eau allait se perdre dans les pierres.

Les trois enfants se désaltérèrent avec l’eau du bassin ; ensuite ils s’amusèrent beaucoup à passer et repasser sous l’arcade que formait le filet d’eau en tombant du haut de cette espèce de muraille. Ils firent aussi des bouquets de belle bruyère rose. Sur une de ces bruyères Hélène trouva une petite bête faite comme un grain de café. Son dos tout arrondi était rayé de rouge et de noir, puis doré. Elle la posa sur sa main ; et la petite bête était si légère, elle avait les pattes si fines, que l’enfant ne la sentait pas marcher.