Légendes · 004 Protection de Quan de
Dans la province de Hà nội, au phủ de Kiên xương, vivait une jeune fille qui avait perdu ses parents et qui exerçait, pour vivre, le métier de couturière. Un jour, en allant au marché, elle vit vendre des images de Quan Đê. Comme elle était toute jeune, elle ne savait pas encore qui il était, mais elle n’en conçut pas moins pour le dieu une grande vénération, et acheta une de ses images qu’elle rapporta chez elle. Chaque jour, elle lui faisait des offrandes de riz, et, si elle avait à son repas quelque chose de bon, elle lui en offrait aussi.
Un jour, elle alla au village de Nhơn lý, du huyện de Thanh trà, dans la province de Hài dương. Il faut savoir que, dans ce village, on rendait un culte à un génie porc. Le dernier jour de chaque année le village devait lui amener une jeune fille que l’on enfermait dans le temple (đinh). Au milieu de la nuit le génie lui apparaissait et elle en mourait. Si le village eût manqué à faire ce sacrifice, il en eût été sévèrement puni.
Notre jeune couturière se trouvait justement dans ce village quand arriva le jour fatal. Les autorités communales la trompèrent et lui dirent qu’on allait lui donner du travail à faire dans le đinh. La nuit venue, ils l’y laissèrent. La jeune fille prit son image de Quan Đê, la suspendit au mur et lui fit ses offrandes de vin et de baguettes odoriférantes. Au milieu de la nuit le génie porc apparut et se préparait à la forcer, mais, comme il approchait du lieu où elle reposait, le porteur de lance sauta sur lui et le coupa en trois morceaux. Son sang inonda toute la place. Quan Đê, ensuite, apparut à la jeune fille et lui dit : « Je t’aime à cause du culte que tu m’as rendu, c’est pourquoi je t’ai sauvée de la mort ». Ayant dit ces mots, il disparut.
Le lendemain matin, les gens du village, pensant que la jeune fille était morte, apportèrent un cercueil pour l’enterrer. Quel ne fut pas leur étonnement de voir le sang répandu et de la retrouver vivante. Elle leur conta ce qui était arrivé, et ils reconnurent que c’était à Quan Đê qu’elle devait son salut. Ils détruisirent le temple du génie porc et à sa place en élevèrent un à Quan Đê.