Légendes · 007 Histoire de trois hommes serpents
Du temps de la dynastie Lý vivaient au village de Chỉ châu, canton de Thượng nhứt, huyện de Thạch hà, province de Hà tịnh, un homme nommé Trần thê vinh et sa femme Nguyễn thị thoại. Ils étaient âgés d’environ quarante ans et mariés depuis plus de quinze années sans avoir eu d’enfants.
Une nuit d’automne, pendant une grande pluie, la femme prit un vase de terre pour recueillir l’eau qui coulait du toit. C’était vers la quatrième veille. Elle vit une étoile tomber dans le vase. Étonnée, elle appela son mari et lui conta ce qui s’était passé. Ils résolurent de garder le silence et de boire l’eau. La femme devint grosse, mais, au bout de trois ans, elle n’avait pas encore accouché, et l’on pensait qu’elle était hydropique ; ni remède, ni philtre n’y faisait. Un jour enfin, le premier jour du premier mois, à midi, elle accoucha de trois œufs bleus. Son mari fut très surpris et cacha avec soin l’aventure. Au bout de dix mois, ils virent éclore trois serpents : le premier avait le corps bleu et la tête rouge, le second le corps tacheté et la tête bleue, le troisième le corps blanc et la tête noire ; ils avaient environ un thước et deux tâc de long et croissaient à vue d’œil. Partout où allait leur père, ils le suivaient. Un jour qu’il travaillait aux champs, en coupant l’herbe, il trancha la queue de l’un des serpents dont le sang coula à flots. Le serpent se transforma aussitôt en un beau jeune homme haut de dix thước : « Mes frères et moi, dit-il, nous sommes des génies célestes qui avons commis une faute, et nous avons été envoyés sur la terre pour secourir le royaume. Mes frères vont rester ; moi, je vais remonter au ciel en soulevant une tempête en signe de ce qui se passe ». Les deux autres serpents demeurèrent à la maison ; quelquefois ils se transformaient en hommes, et nul alors ne les égalait. Du temps de cette dynastie des Lý, la Chine voulut s’emparer de l’or du Quảng nguyên, de l’ivoire et de la cannelle du Thanh hóa et du Nghệ an, mais, grâce à leur protection, ses entreprises furent déjouées. Aussi, le roi leur conféra-t-il le titre de généraux (Nguyên soái). Par la suite, on leur éleva une chapelle, et, jusque sous la présente dynastie, ils ont manifesté leur puissance.