‹ Contes et légendes annamitesChapitre 91 sur 150 · Légendes · 091 Mauvais génie

Légendes · 091 Mauvais génie

Au village de Mỷ dương, huyện de Nghi xuàn, province de Hả tịnh, il y avait un mauvais esprit nommé le thàng Bo qui avait l’habitude de venir dans ce village pour tourmenter les filles. Beaucoup devenaient folles. Un jour, des parents allèrent chercher le thầy pháp pour guérir leur fille, mais une voix s’éleva de derrière la maison, qui disait : « Plie bagage et va-t-en bien vite ; si tu demeures là, je te casse ton tambour et ta cymbale. » Comme le sorcier, embarrassé dans ses préparatifs magiques, ne se sauvait pas assez vite, il vit voler en éclats son tambour et sa cymbale ; aussi aucun d’eux n’osait-il plus affronter Bợ.

Un notable du village avait une fille. Une nuit, il entendit Bợ dire : « Donnez-moi votre fille en mariage, je consens à payer autant qu’il faudra ; mais si vous la mariez à un autre, cela n’ira pas. De jour en jour cette fille dépérissait et devenait plus pâle ; on la refusait à tous ceux qui venaient la demander en mariage. Chaque mois Bợ apportait à sa femme une trentaine de ligatures, et quiconque faisait un sacrifice dans le village devait lui envoyer un bon morceau. S’il négligeait de le faire, Bợ mettait des ordures dans les plats, de sorte que personne ne pouvait y toucher.

Le village de Cương gián, situé sur le bord de la mer, fabrique des filets. Bo tracassait ses habitants de toutes les manières, ils étaient tous irrités contre lui, aussi délibérèrent-ils de préparer deux tables de mets divers, de choisir deux larges madriers (pour servir d’autel) et d’y mettre l’offrande. Ils l’entourèrent d’un filet solide, et des individus apostés se tinrent des quatre côtés avec des verges. Ils firent ensuite semblant d’offrir ce sacrifice à Bợ et le prièrent, s’il l’agréait, de faire connaître sa présence en remuant les assiettes. Bợ pensa que le village était de bonne foi et fit tinter les assiettes et les tasses. Immédiatement les gens apostés firent tomber le filet et se mirent à taper dessus pour tuer Bo. Ils ne pensaient pas que tandis qu’ils tapaient en serrant les lèvres, Bợ avait brisé une maille du filet et s’était échappé. Une fois hors il s’écria : « Que vous ai-je fait pour que vous vouliez me tuer ? » Au quatrième mois, le temps étant sec, le vent s’éleva et Bo brûla le village d’un bout à l’autre.

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