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Or, un certain jour que Patrice, --Patricius en bon latin,-- Avait justement le matin Appris, au sortir de l'office, Que l'on devait, le lendemain, Le nommer évêque romain, Il arriva que la nouvelle De ce rapide avénement Fit une sensation telle Que ce fut un événement Jusqu'au fond du cloître où Léone, Fidèle comme au premier jour, Priait le Christ et la Madone De la guérir de son amour.
A cette nouvelle imprévue, Vous pouvez vous imaginer A quel point elle fut émue Et ce qu'elle dut éprouver.
D'abord, sans force et sans courage Devant ce fait presque inouï, La pauvre enfant s'évanouit Pour être en règle avec l'usage, Mais, au bout de quelques instants, Lorsqu'elle eut repris connaissance, Oubliant toute obéissance Et sans attendre plus longtemps, Tremblante et pourtant décidée, Les yeux baissés, le coeur battant, Elle sortit de son couvent Par une porte dérobée; A pas furtifs et n'emportant Qu'un petit miroir avec elle; Et tandis qu'elle trottinait, Tout le long du chemin, la belle Furtivement s'y regardait Pour voir si celui qu'elle aimait. Allait encor la trouver belle.
Ce point-là, seul, l'inquiétait. Or, à cette époque, Léone N'avait pas encor vingt-trois ans, Et l'on sait que, pour bien des gens, C'est le bel âge d'une nonne. Mais, que l'on pense ou non comme eux, C'est ainsi que notre amoureuse S'en vint, palpitante et peureuse, Chez monseigneur son amoureux.
Lequel, il faut bien qu'on le dise, Pour se donner avant la prise Un avant-goût fort délicat Des plaisirs de l'épiscopat, Avec un sérieux d'église, Était en train, pour le moment, De s'admirer complaisamment Devant un miroir de Venise Et posait comme il le fallait, Du talon jusques au collet, Dans un bel habit violet.