‹ Contes fantastiques Tome IIChapitre 21 sur 30 · Chapitre 1 Nathanaël à Lothaire.

Chapitre 1 Nathanaël à Lothaire.

Sans doute, vous êtes tous remplis d’inquiétude, car il y a bien longtemps que je ne vous ai écrit. Ma mère se fâche, Clara pense que je vis dans un tourbillon de joies, et que j’ai oublié entièrement la douce image d’ange si profondément gravée dans mon cœur et dans mon âme. Mais il n’en est pas ainsi ; chaque jour, à chaque heure du jour, je songe à vous tous, et la charmante figure de ma Clara passe et repasse sans cesse dans mes rêves ; ses yeux transparents me jettent de doux regards, et sa bouche me sourit comme jadis lorsque j’arrivai auprès de vous. Hélas ! comment eussé-je pu vous écrire dans la violente disposition d’esprit qui a jusqu’à présent troublé toutes mes pensées ? Quelque chose d’épouvantable a pénétré dans ma vie ! Les sombres pressentiments d’un avenir cruel et menaçant s’étendent sur moi, comme des nuages noirs, impénétrables aux joyeux rayons du soleil. Faut-il donc que je te dise ce qui m’arriva ? Il le faut, je le vois bien ; mais rien qu’en y songeant, j’entends autour de moi comme des ricanements moqueurs. Ah ! mon bien-aimé Lothaire ! comment te ferai-je comprendre un peu seulement que ce qui m’arriva, il y a peu de jours, est de nature à troubler ma vie d’une façon terrible. Si tu étais ici, tu pourrais voir par tes yeux ; mais maintenant tu me tiens certainement pour un visionnaire absurde. Bref, l’horrible vision que j’ai eue, et dont je cherche vainement à éviter l’influence mortelle, consiste simplement, en ce qu’il y a peu de jours, à savoir le 30 octobre à midi, un marchand de baromètres entra dans ma chambre, et m’offrit ses instruments. Je n’achetai rien, et je le menaçai de le précipiter du haut de l’escalier, mais il s’éloigna aussitôt.

Tu soupçonnes que des circonstances toutes particulières, et qui ont fortement marqué dans ma vie, donnent de l’importance à ce petit événement. Cela est en effet. Je rassemble toutes mes forces pour te raconter avec calme et patience quelques aventures de mon enfance, qui éclaireront toutes ces choses à ton esprit. Au moment de commencer, je te vois rire, et j’entends Clara qui dit : – Ce sont de véritables enfantillages ! – Riez, je vous en prie, riez-vous de moi du fond de votre cœur ! – Je vous en supplie ! – Mais, Dieu du ciel !… mes cheveux se hérissent, et il me semble que je vous conjure de vous moquer de moi, dans le délire du désespoir, comme Franz Moor conjurait Daniel 1. Allons, maintenant, au fait. Hors les heures des repas, moi, mes frères et mes sœurs, nous voyions peu notre père. Il était fort occupé du service de sa charge. Après le souper, que l’on servait à sept heures, conformément aux anciennes mœurs, nous nous rendions tous, notre mère avec nous, dans la chambre de travail de mon père, et nous prenions place autour d’une table ronde. Mon père fumait du tabac et buvait de temps en temps un grand verre de bière. Souvent il nous racontait des histoires merveilleuses, et ses récits l’échauffaient tellement qu’il laissait éteindre sa longue pipe ; j’avais l’office de la rallumer, et j’éprouvais une grande joie à le faire. Souvent aussi, il nous mettait des livres d’images dans les mains, et restait silencieux et immobile dans son fauteuil, chassant devant lui d’épais nuages de fumée qui nous enveloppaient tous comme dans des brouillards. Dans ces soirées-là, ma mère était fort triste, et à peine entendait-elle sonner neuf heures, qu’elle s’écriait : « Allons, enfants, au lit… l’Homme au Sable va venir. Je l’entends déjà. » En effet, chaque fois, on entendait des pas pesants retentir sur les marches ; ce devait être l’Homme au Sable. Une fois entre autres, ce bruit me causa plus d’effroi que d’ordinaire, je dis à ma mère qui nous emmenait : Ah ! maman, qui donc est ce méchant Homme au Sable qui nous chasse toujours ? – Comment est-il ? – Il n’y a point d’Homme au Sable, me répondit ma mère. Quand je dis : l’Homme au Sable vient ; cela signifie seulement que vous avez besoin de dormir, et que vos paupières se ferment involontairement, comme si l’on vous avait jeté du sable dans les yeux.

La réponse de ma mère ne me satisfit pas, et, dans mon imagination enfantine, je devinai que ma mère ne me niait l’existence de l’Homme au Sable que pour ne pas nous effrayer. Mais je l’entendais toujours monter les marches. Plein de curiosité, impatient de m’assurer de l’existence de cet homme, je demandai enfin à la vieille servante qui avait soin de ma plus jeune sœur, quel était ce personnage. – Eh ! mon petit Nathanaël, me répondit-elle, ne sais-tu pas cela ? C’est un méchant homme qui vient trouver les enfants lorsqu’ils ne veulent pas aller au lit, et qui leur jette une poignée de sable dans les yeux, à leur faire pleurer du sang. Ensuite, il les plonge dans un sac et les porte dans la pleine lune pour amuser ses petits enfants qui ont des becs tordus comme les chauves-souris, et qui leur piquent les yeux, à les faire mourir. Dès lors l’image de l’Homme au Sable se grava dans mon esprit d’une façon horrible ; et le soir, dès que les marches retentissaient du bruit de ses pas, je tremblais d’anxiété et d’effroi ; ma mère ne pouvait alors m’arracher que ces paroles étouffées par mes larmes : l’Homme au Sable ! l’Homme au Sable ! Je me sauvais aussitôt dans une chambre, et cette terrible apparition me tourmentait durant toute la nuit. – J’étais déjà assez avancé en âge pour savoir que l’anecdote de la vieille servante n’était pas fort exacte, cependant l’Homme au Sable restait pour moi un spectre menaçant. J’étais à peine maître de moi, lorsque je l’entendais monter pour se rendre dans le cabinet de mon père. Quelquefois son absence durait longtemps ; puis ses visites devenaient plus fréquentes, cela dura deux années. Je ne pouvais m’habituer à cette apparition étrange, et la sombre figure de cet homme inconnu ne pâlissait pas dans ma pensée. Ses rapports avec mon père occupaient de plus en plus mon esprit, et l’envie de le voir augmentait en moi avec les ans. L’Homme au Sable m’avait introduit dans le champ du merveilleux où l’esprit des enfants se glisse si facilement. Rien ne me plaisait plus que les histoires épouvantables des génies, des démons et des sorcières ; mais pour moi, dans toutes ces aventures, au milieu des apparitions les plus effrayantes et les plus bizarres, dominait toujours l’image de l’Homme au Sable que je dessinais à l’aide de la craie et du charbon, sur les tables, sur les armoires, sur les murs, partout enfin, et toujours sous les formes les plus repoussantes. Lorsque j’eus atteint l’âge de dix ans, ma mère m’assigna une petite chambre pour moi seul. Elle était peu éloignée de la chambre de mon père. Chaque fois, qu’au moment de neuf heures, l’inconnu se faisait entendre, il fallait encore nous retirer. De ma chambrette, je l’entendais entrer dans le cabinet de mon père, et, bientôt après, il me semblait qu’une vapeur odorante et singulière se répandît dans la maison. La curiosité m’excitait de plus en plus à connaître cet Homme au Sable. J’ouvris ma porte, et je me glissai de ma chambre dans les corridors ; mais je ne pouvais rien entendre ; car l’étranger avait déjà refermé la porte. Enfin, poussé par un désir irrésistible, je résolus de me cacher dans la chambre même de mon père pour attendre l’Homme au Sable.

À la taciturnité de mon père, à la tristesse de ma mère, je reconnus un soir que l’Homme au Sable devait venir. Je prétextai une fatigue extrême, et, quittant la chambre avant neuf heures, j’allai me cacher dans une petite niche pratiquée derrière la porte. La porte craqua sur ses gonds, et des pas lents, tardifs et menaçants retentirent depuis le vestibule jusqu’aux marches. Ma mère et tous les enfants se levèrent et passèrent devant moi. J’ouvris doucement, bien doucement, la porte de la chambre de mon père. Il était assis comme d’ordinaire, en silence et le dos tourné vers l’entrée. Il ne m’aperçut pas, je me glissai légèrement derrière lui, et j’allai me cacher sous le rideau qui voilait une armoire où se trouvaient appendus ses habits. Les pas approchaient de plus en plus, l’Homme toussait, soufflait et murmurait singulièrement. Le cœur me battait d’attente et d’effroi. – Tout près de la porte, un pas sonore, un coup violent sur le bouton, les gonds tournent avec bruit. – J’avance malgré moi la tête avec précaution, l’Homme au Sable est au milieu de la chambre, devant mon père ; la lueur des flambeaux éclaire son visage ! – L’Homme au Sable, le terrible Homme au Sable, est le vieil avocat Coppelius qui vient quelquefois prendre place à notre table ! Mais la plus horrible figure ne m’eût pas causé plus d’épouvante que celle de ce Coppelius. Représente-toi un homme aux larges épaules, surmontées d’une grosse tête informe, un visage terne, des sourcils gris et touffus sous lesquels étincellent deux yeux verts arrondis comme ceux des chats, et un nez gigantesque qui s’abaisse brusquement sur ses lèvres épaisses. Sa bouche contournée se contourne encore davantage pour former un sourire ; deux taches livides s’étendent sur ses joues, et des accents à la fois sourds et siffleurs s’échappent d’entre ses dents irrégulières. Coppelius se montrait toujours avec un habit couleur de cendre, coupé à la vieille mode, une veste et des culottes semblables, des bas noirs et des souliers à boucles de strass, complétaient cet ajustement. Sa petite perruque qui couvrait à peine son cou, se terminait en deux boucles à boudin que supportaient ses grandes oreilles d’un rouge vif, et allait se perdre dans une large bourse noire qui, s’agitant çà et là sur son dos, laissait apercevoir la boucle d’argent qui retenait sa cravate. Toute cette figure composait un ensemble affreux et repoussant ; mais ce qui nous choquait tout particulièrement en lui, nous autres enfants, c’étaient ses grosses mains velues et osseuses ; et dès qu’il les portait sur quelque objet, nous avions garde d’y toucher. Il avait remarqué ce dégoût, et il se faisait un plaisir de toucher les gâteaux ou les fruits que notre bonne mère plaçait sur nos assiettes. Il jouissait alors singulièrement en voyant nos yeux se remplir de larmes, et il se délectait de la privation que nous imposait notre dégoût pour sa personne. Il en agissait ainsi aux jours de fêtes, lorsque notre père nous versait un verre de bon vin. Il étendait la main, saisissait le verre qu’il portait à ses lèvres livides, et riait aux éclats de notre désespoir et de nos injures. Il avait coutume de nous nommer les petits animaux ; en sa présence il ne nous était pas permis de prononcer une parole, et nous maudissions de toute notre âme ce personnage hideux et ennemi, qui empoisonnait jusqu’à la moindre de nos joies. Ma mère semblait haïr aussi cordialement que nous le repoussant Coppelius ; car dès qu’il paraissait, sa douce gaieté et ses manières pleines d’abandon, s’effaçaient pour faire place à une sombre gravité. Notre père se comportait envers lui comme si Coppelius eût été un être d’un ordre supérieur, dont on doit souffrir les écarts, et qu’il faut se garder d’irriter : on ne manquait jamais de lui offrir ses mets favoris, et de déboucher en son honneur quelques flacons de réserve.

En voyant ce Coppelius, il se révéla à moi que nul autre que lui ne pouvait être l’Homme au Sable ; mais l’Homme au Sable n’était plus à ma pensée cet ogre du conte de la nourrice, qui enlève les enfants pour les porter dans la lune à sa progéniture à bec de hibou. Non ! – C’était plutôt une odieuse et fantasque créature, qui partout où elle paraissait, portait le chagrin, le tourment et le besoin, et qui causait un mal réel, un mal durable. J’étais comme ensorcelé, ma tête restait tendue entre les rideaux, au risque d’être découvert et cruellement puni. Mon père reçut solennellement Coppelius. – Allons à l’ouvrage ! s’écria celui-ci d’une voix sourde, en se débarrassant de son habit. Mon père, d’un air sombre, quitta sa robe de chambre, et ils se vêtirent tous deux de longues robes noires. Je n’avais pas remarqué le lieu d’où ils les avaient tirées. Mon père ouvrit la porte d’une armoire, et je vis qu’elle cachait une niche profonde où se trouvait un fourneau. Coppelius s’approcha, et du foyer s’éleva une flamme bleue. Une foule d’ustensiles bizarres apparut à cette clarté. Mais mon Dieu ! quelle étrange métamorphose s’était opérée dans les traits de mon vieux père ! – Une douleur violente et mal contenue semblait avoir changé l’expression honnête et loyale de sa physionomie qui avait pris une contraction satanique. Il ressemblait à Coppelius ! Celui-ci brandissait des pinces incandescentes, et attisait les charbons ardents du foyer. Je croyais apercevoir tout autour de lui des figures humaines, mais sans yeux. Des cavités noires, profondes et souillées en tenaient la place. – Des yeux ! des yeux ! s’écriait Coppelius, d’une voix sourde et menaçante.

Je tressaillis, et je tombai sur le parquet, violemment terrassé par une horreur puissante. Coppelius me saisit alors. – Un petit animal ! un petit animal ! dit-il en grinçant affreusement les dents. À ces mots, il me jeta sur le fourneau dont la flamme brûlait déjà mes cheveux. – Maintenant, s’écria-t-il, nous avons des yeux, – des yeux, – une belle paire d’yeux d’enfant ! Et il prit de ses mains dans le foyer une poignée de charbons en feu qu’il se disposait à me jeter au visage, lorsque mon père lui cria, les mains jointes : – Maître ! maître ! laisse les yeux à mon Nathanaël.

Coppelius se mit à rire d’une façon bruyante. – Que l’enfant garde donc ses yeux, et qu’il fasse son pensum dans le monde ; mais, puisque le voilà, il faut que nous observions bien attentivement le mécanisme des pieds et des mains.

Ses doigts s’appesantirent alors si lourdement sur moi, que toutes les jointures de mes membres en craquèrent, et il me fit tourner les mains, puis les pieds, tantôt d’une façon, tantôt d’une autre. – Cela ne joue pas bien partout ! cela était bien comme cela était ! Le vieux de là-haut a parfaitement compris cela !

Ainsi murmurait Coppelius en me retournant ; mais bientôt tout devint sombre et confus autour de moi ; une douleur nerveuse agita tout mon être ; je ne sentis plus rien. Une vapeur douce et chaude se répandit sur mon visage ; je me réveillai comme du sommeil de la mort ; ma mère était penchée sur moi. – L’Homme au Sable est-il encore là ? demandai-je en balbutiant. – Non, mon cher enfant, il est bien loin ; il est parti depuis longtemps, il ne te fera pas de mal !

Ainsi parla ma mère, et elle me baisa, et elle serra contre son cœur l’enfant chéri qui lui était rendu.

Pourquoi te fatiguerais-je plus longtemps de ces récits, mon cher Lothaire ? Je fus découvert et cruellement maltraité par ce Coppelius. L’anxiété et l’effroi m’avaient causé une fièvre ardente dont je fus malade durant quelques semaines. « L’Homme au Sable est encore là. » Ce fut la première parole de ma délivrance, et le signe de mon salut. Il me reste à te raconter le plus horrible instant de mon enfance ; puis tu seras convaincu qu’il n’en faut pas accuser mes yeux si tout me semble décoloré dans la vie ; car un nuage sombre s’est étendu au-devant de moi sur tous les objets, et ma mort seule peut-être pourra le dissiper.

Coppelius ne se montra plus, le bruit courut qu’il avait quitté la ville. Un an s’était écoulé, et selon la vieille et invariable coutume, nous étions assis un soir à la table ronde. Notre père était fort gai, et nous racontait une foule d’histoires divertissantes, qui lui étaient arrivées dans les voyages qu’il avait faits pendant sa jeunesse. À l’instant où l’horloge sonna neuf heures, nous entendîmes retentir les gonds de la porte de la maison, et des pas d’une lourdeur extrême, résonner depuis le vestibule jusqu’aux marches. – C’est Coppelius ! dit ma mère en pâlissant. – Oui ! c’est Coppelius, répéta mon père d’une voix entrecoupée.

Les larmes s’échappèrent des yeux de ma mère. – Mon ami, mon ami ! s’écria-t-elle, faut-il que cela soit ? – Pour la dernière fois, répondit celui-ci. Il vient pour la dernière fois ; je te le jure. Va, va-t’en avec les enfants ! bonne nuit !

J’étais comme pétrifié, la respiration me manquait. Me voyant immobile, ma mère me prit par le bras. – Viens, Nathanaël ! me dit-elle. Je me laissai entraîner dans ma chambre. – Sois bien calme et dors. Dors ! me dit ma mère en me quittant. Mais, agité par une terreur invincible, je ne pus fermer les paupières. L’horrible, l’odieux Coppelius était devant moi, les yeux étincelants ; il me souriait d’un air hypocrite, et je cherchais vainement à éloigner son image. Il était à peu près minuit lorsqu’un coup violent se fit entendre. C’était comme la détonation d’une arme à feu. Toute la maison fut ébranlée, et la porte se referma avec fracas. – C’est Coppelius ! m’écriai-je hors de moi, et je m’élançai de mon lit. Des gémissements vinrent à mon oreille ; je courus à la chambre de mon père. La porte était ouverte, une vapeur étouffante se faisait sentir, et une servante s’écriait : – Ah ! mon maître, mon maître !

Devant le fourneau allumé, sur le parquet, était étendu mon père, mort, le visage déchiré. Mes sœurs, agenouillées autour de lui, poussaient d’affreuses clameurs. Ma mère était tombée sans mouvement auprès de son mari ! – Coppelius ! monstre infâme ! tu as assassiné mon père ! m’écriai-je, et je perdis l’usage de mes sens. Deux jours après, lorsqu’on plaça le corps de mon père dans un cercueil, ses traits étaient redevenus calmes et sereins, comme ils l’étaient durant sa vie. Cette vue adoucit ma douleur, je pensai que son alliance avec l’infernal Coppelius ne l’avait pas conduit à la damnation éternelle. L’explosion avait réveillé les voisins. Cet événement fit sensation, et l’autorité qui en eut connaissance somma Coppelius de paraître devant elle. Mais il avait disparu de la ville, sans laisser de traces.

Quand je te dirai, mon digne ami, que ce marchand de baromètres n’était autre que ce misérable Coppelius, tu comprendras l’excès d’horreur que me fit éprouver cette apparition ennemie. Il portait un autre costume ; mais les traits de Coppelius sont trop profondément empreints dans mon âme pour que je puisse les méconnaître. D’ailleurs, Coppelius n’a pas même changé de nom. Il se donne ici pour un mécanicien piémontais, et se fait nommer Giuseppe Coppola.

Je suis résolu à venger la mort de mon père, quoi qu’il en arrive. Ne parle point à ma mère de cette cruelle rencontre. – Salue la charmante Clara ; je lui écrirai dans une disposition d’esprit plus tranquille.

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