‹ Contes fantastiques Tome VIChapitre 129 sur 159 · Berganza

Berganza

Ou plutôt supprimées ! Elles sont indignes de paraître sur la scène, je suis entièrement de ton avis ; mais s’il fallait se résoudre à les y tolérer par égard pour les goûts changeants du public qui réclame sans cesse et forcément des nouveautés dans la disette des bons ouvrages, dans ce cas-là même, je trouve encore le mode de correction en usage fort dangereux, sinon tout à fait inadmissible. Car l’auteur le plus médiocre a aussi ses intentions et des scènes de développement qui peuvent aisément passer aux yeux des gens incapables pour un remplissage inutile. En un mot, cher ami, rien que pour émonder un ouvrage de cette sorte d’une manière convenable et pour savoir mettre en relief le filon d’or qu’il renferme en le dégageant de toute scorie impure, je prétends qu’il faut déjà être soi-même un excellent poète, et avoir conquis par une longue pratique, par un goût éprouvé, le droit d’exercer les privilèges de cette maîtrise littéraire.