‹ Contes fantastiques Tome VIChapitre 13 sur 159 · Chapitre 1

Chapitre 1

Vous savez (ainsi commença Théodore) que je passai tout l’été dernier à B… Le grand nombre d’anciens amis et de connaissances que j’y rencontrai, la vie libre et animée de cette capitale, les agréments variés qu’y offre la culture des sciences et des arts, tout cela me captiva ; jamais je n’avais été plus gai, et je m’abandonnai avec délices à mon goût passionné pour les flâneries solitaires, me délectant à examiner chaque gravure, chaque affiche, ou à observer les individus que je rencontrais, et même à tirer en imagination l’horoscope de quelques-uns. D’ailleurs, le spectacle des nombreux et magnifiques édifices de B… et celui des merveilleux produits de l’art et du luxe auraient suffi pour donner à mes promenades un attrait irrésistible.

L’avenue bordée d’hôtels somptueux qui conduit à la porte de … est le rendez-vous habituel des gens du grand monde, à qui leur position ou leur fortune permet d’user largement des jouissances de la vie. Le rez-de-chaussée de ces riches et vastes palais est généralement affecté à des magasins où sont exposées les marchandises de luxe, et les étages supérieurs sont habités par des personnes de la plus haute condition. C’est dans cette rue que sont situés aussi les hôtels publics les plus distingués, et la plupart des ambassadeurs étrangers y ont leur résidence. Vous pouvez donc vous figurer ce lieu comme le théâtre perpétuel d’un mouvement et d’une vie extraordinaires qu’on ne retrouve point dans les autres quartiers de la capitale ; de même que l’aspect de celui-ci donnerait une idée exagérée de la population commune ; car l’affluence générale fait que maintes personnes se contentent en cet endroit d’un logement exigu relativement à leurs besoins réels ; ce qui donne à plusieurs maisons occupées par un grand nombre de familles l’aspect de véritables ruches d’abeilles.

J’avais déjà bien souvent parcouru cette promenade, lorsqu’un jour une maison qui contrastait d’une manière frappante et singulière avec toutes les autres arrêta tout à coup mes regards. Figurez-vous une maison basse avec quatre fenêtres de façade au premier étage, qui ne dépassait guère en hauteur les croisées du rez-de-chaussée des maisons voisines, et deux beaux hôtels la comprimant pour ainsi dire entre leurs grands murs latéraux. Sa devanture décrépie, sa toiture mal entretenue, une partie des vitres remplacée par du papier collé, témoignaient de la négligence absolue du propriétaire. Imaginez l’effet que devait produire cette masure au milieu de tant d’édifices somptueux ornés de tous les embellissements de l’art et du goût.

Je m’arrêtai, et, après un examen attentif, je remarquai que toutes les croisées étaient soigneusement fermées ; celles du rez-de-chaussée paraissaient avoir été murées ; et je cherchai vainement auprès de la porte bâtarde, pratiquée sur un côté de la façade, et qui devait servir d’entrée, la sonnette d’usage. Je ne pus même découvrir sur cette porte ni serrure ni poignée. Bref, je restai convaincu que cette maison devait être tout à fait inhabitée ; car jamais, jamais, à quelque heure du jour que je passasse, je n’y aperçus la moindre trace d’une créature humaine.

Une maison inhabitée dans cette partie de la ville, dans cette rue ! Singulière apparition ! Et pourtant, cela s’explique peut-être par une raison bien simple et naturelle, si le propriétaire se trouve embarqué par exemple dans un long voyage, ou bien si, retenu dans quelque autre propriété lointaine, il ne veut ni aliéner ni louer cet immeuble, pour rester libre d’y établir sa demeure immédiatement à son retour à B… Telles étaient mes suppositions, et cependant j’ignore moi-même par quelle influence il me devint impossible de passer devant la maison déserte sans m’arrêter chaque fois, comme si une puissance magique m’y eût contraint, et sans que les réflexions les plus étranges vinssent occuper ou plutôt troubler mon esprit.

Vous tous savez bien, vous, les braves et joyeux compagnons de ma jeunesse, comment j’ai toujours eu des manies de visionnaire, et quel vif penchant m’entraîne à ne m’occuper que des merveilleux phénomènes du monde fantastique, ce que vous ne cessiez de désapprouver au nom d’une raison sévère. – Eh bien ! prenez à votre aise vos airs sceptiques et railleurs ; j’avouerai même volontiers que j’ai souvent été la franche dupe de mes propres illusions, et que la maison déserte semblait fort devoir me réserver une déception du même genre ; mais patience jusqu’à la fin, dont la morale doit vous confondre ! Écoutez.

Un jour donc, et cela à l’heure où le bon ton convoque les promeneurs dans l’avenue, j’étais, comme à l’ordinaire, plongé dans de profondes réflexions en contemplant la maison déserte. Bientôt je remarquai, sans y attacher une grande importance, que quelqu’un venait de s’arrêter près de moi en me considérant. C’était le comte P ***, dont le caractère analogue au mien s’était déjà manifesté en maintes circonstances, et je ne doutai pas un seul instant que l’aspect mystérieux de la maison ne l’eût frappé ainsi que moi. Jugez de mon émotion, lorsqu’après avoir parlé le premier de la singulière impression que m’avait causée la vue de ce bâtiment abandonné au centre du quartier le plus à la mode de la capitale, je le vis sourire avec affectation. Mais j’en sus bientôt le motif.

Le comte P *** était allé beaucoup plus loin que moi dans ses observations et ses suppositions. Enfin il s’était rendu compte du secret, et il sut en faire le texte d’une histoire tellement surprenante, que l’imagination la plus poétique et la plus indépendante pouvait seule en admettre la réalité dans la vie commune. Je devrais sans doute ici vous faire part de l’histoire du comte que j’ai encore présente à l’esprit dans toute sa vivacité ; mais je me sens dès à présent si fortement préoccupé de ma propre aventure qu’il me faut poursuivre mon récit.

Seulement, imaginez quel fut le désappointement du comte, lorsqu’après avoir parfait et complété son histoire, il apprit que la maison déserte servait tout bonnement de laboratoire au confiseur dont la boutique, magnifiquement décorée, était contiguë. C’est pour cela que les fenêtres du rez-de-chaussée, où étaient établis les fourneaux, avaient été murées, et que celles des chambres du premier étage étaient garnies d’épais rideaux pour garantir du soleil et des insectes les sucreries fabriquées qu’on y gardait en réserve.

À cette communication inattendue, j’éprouvai, comme cela était arrivé au comte lui-même, l’effet d’une douche froide qui aurait jailli sur ma tête, c’est-à-dire que le diable, auquel répugne toute poésie, d’un coup de sa griffe aiguë, nous gratifia, pauvres rêveurs ! du plus honteux pied de nez.

Toutefois, en dépit de cette prosaïque explication, je ne pouvais m’empêcher de regarder toujours en passant la maison déserte, et toujours à cette vue un léger frisson parcourait mes membres, et mille visions bizarres de ce qui pouvait se passer à l’intérieur surgissaient dans mon esprit. Je ne pouvais absolument pas m’habituer à l’idée des bonbons, des confitures, des massepains, des fruits confits, etc., etc. Un singulier vertige me faisait apparaître tout cela comme autant d’encouragements séducteurs dont j’interprétais à peu près ainsi le langage symbolique : N’ayez pas peur, mon cher ! nous sommes tous des petits êtres bien doux et bien délicats ; mais il faut compter prochainement sur un léger coup de tonnerre… Puis je pensai en moi-même : N’es-tu pas un bien grand fou de chercher sans cesse à transformer les choses les plus ordinaires en apparitions miraculeuses ? et tes amis n’ont-ils pas raison de te traiter d’incurable visionnaire ?

La maison, comme cela devait être d’après sa destination prétendue, restait toujours la même, de sorte qu’à la fin je m’habituai à son aspect ; et les folles images que, dans l’origine, je voyais si distinctement m’apparaître et voltiger hors de son enceinte, s’étaient évanouies peu à peu. Le hasard vint réveiller de nouveau mes anciens soupçons.

Quoique je me fusse résigné autant que possible au cours trivial et ordinaire des choses, vous devez bien penser qu’avec la tendance de mon caractère, décidément plein d’une passion enthousiaste et religieuse pour le merveilleux, je ne cessai pas d’avoir l’œil sur la maison mystérieuse. Il arriva donc un jour que, me promenant comme de coutume à midi dans l’avenue, je dirigeai mes regards vers les fenêtres voilées de la maison déserte. Soudain je vis remuer doucement le rideau de la croisée la plus rapprochée de la boutique du confiseur. Une main, un bras entier se laissèrent voir. Je tirai à la hâte ma lorgnette d’opéra, et j’aperçus alors distinctement une main de femme éclatante de blancheur et merveilleusement faite, au petit doigt de laquelle étincelait un diamant incomparable. Un riche bracelet rayonnait aussi à son bras d’albâtre voluptueusement arrondi. La main déposa une carafe de cristal d’une forme étrange sur l’appui de la croisée, et disparut derrière le rideau.

Je restai pétrifié. Un sentiment indéfinissable de bonheur inquiet me fit frissonner comme une commotion électrique. Je ne pouvais détourner mes regards de la fenêtre enchantée, et peut-être aussi un soupir langoureux s’échappa-t-il de mon sein. Bref, en revenant à moi, je me vis entouré d’une foule de gens de toute condition, qui regardaient avec curiosité du même côté que moi. J’en fus contrarié. Mais il me vint bientôt à l’esprit que le peuple d’une grande ville quelconque ressemble toujours plus ou moins à cette multitude de badauds attroupés devant une maison, qui ne se lassaient point d’ouvrir de grands yeux et de crier au miracle, parce qu’un bonnet de coton était tombé d’un sixième étage sans une seule maille de rompue.

Je m’éclipsai adroitement, et le démon du prosaïsme me souffla très intelligiblement à l’oreille que j’avais vu sans doute la femme du confiseur dans sa belle toilette du dimanche placer sur l’appui de la croisée une carafe vide d’huile de rose ou de quelque autre liqueur.

Tout à coup, chose étrange ! il me vint une idée fort sensée. – Je revins sur mes pas, et j’entrai tout droit dans la splendide boutique ornée de glaces du confiseur, voisin de la maison déserte.

Tout en soufflant sur la tasse brûlante de chocolat mousseux que je m’étais fait servir, je glissai sans affectation les mots suivants : « Vous avez ma foi bien fait d’agrandir votre établissement par l’acquisition de la maison voisine. » Le confiseur s’empressa de jeter encore quelques bonbons de couleur différente dans le cornet d’un quart de livre qu’attendait une charmante petite fille, et ensuite il se pencha fort en avant vers moi, le bras appuyé sur son comptoir, en m’adressant un regard souriant et interrogateur, comme s’il ne m’eût pas du tout compris.

Je répétai qu’il avait très convenablement établi son laboratoire dans la maison voisine, bien que le bâtiment, devant rester inhabité par suite de cette destination, offrit un triste et sombre contraste au milieu des brillants hôtels d’alentour. « Eh ! monsieur, répartit alors le confiseur, qui a pu vous dire que la maison d’à côté nous appartient ! Malheureusement, toutes nos tentatives pour l’acquérir ont été vaines ; et, ma foi, cela vaut peut-être mieux pour nous ; car il y a dans cette maison quelque singulier mystère !… »

Vous devez bien imaginer, ô mes chers amis, combien ces paroles m’intriguèrent et avec quel empressement je priai le confiseur de m’en apprendre davantage sur ce sujet. « Mon Dieu ! monsieur, me dit-il, je ne sais rien moi-même de bien particulier. Ce qu’il y a de positif, c’est que cette maison appartient à la comtesse de S ***, qui vit dans ses terres, et n’est pas venue à B… depuis un grand nombre d’années. Déjà, à l’époque où aucun des édifices somptueux qui ornent aujourd’hui cette rue n’existait encore, cette maison, à ce qu’on m’a raconté, avait le même aspect qu’aujourd’hui, et depuis ce temps, on n’y a fait que les réparations strictement nécessaires pour la préserver d’une ruine totale.

» Deux seuls êtres animés l’habitent, un intendant morose aussi vieux qu’elle, et un chien décrépit et hargneux, qui ne cesse d’aboyer après la lune dans la cour de derrière. D’après le bruit général, ce bâtiment n’est qu’un repaire de revenants, et en effet, mon frère, à qui appartient cette boutique, et moi nous avons souvent entendu au milieu du silence de la nuit, surtout à l’époque des fêtes de Noël, où nos travaux multiplient nos veilles, d’étranges lamentations qui partaient évidemment de derrière le mur mitoyen. Quelquefois aussi, de sourds grattements et des éclats d’un tapage diabolique nous ont glacés d’effroi. Il n’y a pas longtemps que, durant la nuit, nous entendîmes retentir un chant si singulier qu’aucune parole ne saurait vous en donner une juste idée. C’était pourtant bien positivement le son de la voix d’une vieille femme ; mais jamais, moi qui ai vu bien des cantatrices en Italie, en France et en Allemagne, jamais en vérité je n’ai entendu des sons aussi perçants, aussi aigus, ni d’aussi déchirants accords mêlés de cadences plus hardies. Je crus reconnaître qu’on chantait des paroles françaises ; mais je ne pus pas les distinguer d’une manière précise. Et d’ailleurs, le frisson d’horreur dont je me sentis pénétré m’empêcha de prêter une attention soutenue à ce chant inconcevable et fantastique.

» Il arrive aussi, quand le bruit extérieur cesse momentanément, que l’on entend de l’arrière-boutique de profonds soupirs, et puis un rire étouffé, qui semblent sortir de terre ; mais en appliquant l’oreille contre la muraille, on s’aperçoit aisément que ces divers bruits viennent de la maison à côté. Voyez, monsieur… (il me conduisit dans l’arrière-boutique, et du geste dirigea mes regards vers la fenêtre), remarquez ce tuyau de fer qui sort du mur en face : il fume parfois si fort, même en été et quand on n’allume pourtant du feu nulle part, que mon frère s’est déjà plus d’une fois querellé avec le vieil intendant à cause du danger d’incendie. Mais celui-ci prétend, pour s’excuser, que c’est la cheminée du fourneau où il fait cuire ses aliments. Ce qu’il mange celui-là, Dieu le sait ! car la fumée qui s’échappe de là répand quelquefois une odeur si singulière !… »

La porte vitrée de la boutique cria, le confiseur courut à son comptoir, et il me lança, en me désignant d’un mouvement de tête le personnage qui venait d’entrer, un regard significatif. Je le compris à merveille. Quel pouvait être cet individu, sinon l’intendant de la mystérieuse maison ? – Figurez-vous un petit homme sec avec une face couleur de momie, un nez pointu, des lèvres pincées, des yeux de chat d’un vert étincelant, un sourire stéréotypé d’homme en démence, des cheveux frisés à l’ancienne mode et abondamment poudrés avec un toupet pyramidal, des ailes de pigeon ébouriffées et une grande bourse pendante dite postillon d’amour, un vieil habit couleur café brûlé, à moitié déteint, mais bien conservé et bien brossé, des bas gris, et enfin de grands souliers carrés avec de petites boucles en faux brillants. Imaginez que cette petite et sèche figure est pourtant vigoureusement constituée, surtout à en juger par des poings monstrueux armés de longs doigts nerveux, et qu’elle marche vers le comptoir du pas le plus assuré. Enfin, voyez-la, avec son sourire invariable, et les yeux fixés sur les bocaux de cristal pleins de sucreries, demander d’un ton langoureux et d’une voix grêle et larmoyante : « Deux oranges confites – deux macarons – deux marrons glacés », etc., et jugez vous-même s’il y avait lieu d’éprouver ou non à cette vue de singuliers pressentiments.

Le confiseur mit ensemble les diverses friandises réclamées par le vieillard, qui lui dit avec l’accent le plus lamentable : « Pesez, pesez cela, monsieur mon estimable voisin ! » Puis il tira en geignant et avec effort une petite bourse de cuir de sa poche, et y chercha de l’argent avec de minutieuses cérémonies. Je remarquai qu’il paya le confiseur en plusieurs sortes de vieilles monnaies usées et déjà hors de cours pour la plupart. Il prit un air très chagrin en comptant les pièces devant lui, et balbutiait en même temps : « Des douceurs – des douceurs ! il ne faut plus que des douceurs à présent, en faveur de moi. Satan offre un miel pur, savoureux aux lèvres de sa fiancée ! »

Le confiseur me regarda en riant, et dit ensuite au vieillard : « Vous ne paraissez pas être bien portant. Ah ! sans doute, l’âge, l’âge ; les forces diminuent. » Sans changer de visage, le vieux s’écria d’une voix sonore : « L’âge, l’âge ? – les forces diminuent ? faiblesse, épuisement ? Hoho – hoho, hoho !… » Et à ces mots il frappa des mains si violemment que les jointures craquèrent, et il bondit en l’air à une hauteur prodigieuse en choquant avec la même vigueur ses pieds l’un contre l’autre, de telle sorte que toute la boutique en retentit, et que tous les cristaux résonnèrent. Mais au même moment, des cris affreux vinrent dominer ce sourd murmure. Le vieillard, en retombant, avait marché sur la patte d’un chien noir qui l’accompagnait, et s’était humblement couché entre ses jambes. « Vilaine bête ! maudit chien endiablé ! » dit le vieillard en reprenant sa voix dolente et cassée ; puis il ouvrit son cornet, et présenta à l’animal un gros macaron. Le chien, qui pleurait et gémissait, se tut soudain ; il s’assit sur ses pattes de derrière, et se mit à croquer le macaron, comme aurait pu le faire un écureuil.

Le vieillard acheva de refermer et d’empocher son cornet en même temps que le chien son régal. « Bonne nuit ! monsieur mon digne voisin ! » dit-il alors en tendant sa main au confiseur ; et celui-ci sentit la sienne si fortement pressée, qu’il en cria de douleur : – « L’impotent et débile vieillard vous souhaite une bonne nuit, monsieur mon bon voisin ! » Et il sortit de la boutique suivi de son chien noir, qui promenait sa langue autour de son museau pour ne perdre aucune miette du macaron.

Le vieillard semblait ne m’avoir nullement remarqué, et je restai là immobile et stupéfait. « Vous voyez, me dit le confiseur, c’est ainsi qu’en agit le singulier bonhomme, qui vient ici deux ou trois fois par mois à peu près. Mais, du reste, on ne peut rien tirer de lui, si ce n’est qu’il a été autrefois valet de chambre du comte de S ***, et qu’il est maintenant préposé à la garde de cette maison, où il attend de jour en jour, et voilà bon nombre d’années que cela dure, la famille du comte, ce qui ne permet d’y céder à personne un droit de location. – Mon frère lui a fait faire une fois des sommations sur le singulier tapage nocturne dont je vous ai parlé ; mais il s’est contenté de répondre fort tranquillement : « Oui ! je sais que c’est le bruit général que ce logis est fréquenté par les revenants ; mais il faut n’en rien croire, c’est une histoire faite à plaisir. »

L’heure était venue où il était de bon ton de se montrer dans cette boutique. La porte s’ouvrit, une élégante compagnie entra, et je dus faire trêve à mes interrogations.

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