‹ Contes fantastiques Tome VIChapitre 149 sur 159 · Berganza

Berganza

Oui, plus d’un ennemi le persécuta, parce qu’en poésie, ainsi que dans la vie réelle, il n’avait en vue que l’idéal, le sublime, et surtout parce qu’il méprisait du fond du cœur maint de ses prétendus collègues à double visage, quoique sa belle âme fût incapable d’une haine véritable. Je n’ignore pas non plus qu’on lui reprochait d’être obscur et emphatique, quoiqu’il ne s’agit pour le comprendre que de consentir à sonder avec lui les plus secrètes profondeurs du monde visible, pour en rapporter des trésors comme d’une mine éternellement inépuisable, et la clef des merveilleuses combinaisons qui servent à enchaîner tous les phénomènes de la nature ; mais l’énergie et le courage ont manqué à la plupart pour accomplir cette obligation.