Berganza
Tu commets une grande erreur, car tu regardes comme dépendantes l’une de l’autre deux choses qui n’ont et n’auront jamais aucune liaison. Crois-moi, il en est d’une apparition surnaturelle et terrible, comme d’une violente secousse électrique, laquelle anéantit les êtres trop débiles pour y résister, mais communique une vigueur nouvelle à ceux qui peuvent la supporter ; du moins mon expérience m’en fait juger ainsi. Quand le souvenir de la Cagnizares vient m’assaillir, mon sang bouillonne dans mes veines, tous mes muscles et mes fibres se contractent, et une oppression pénible m’affaisse momentanément, mais je me relève bientôt plus vaillant, plus agile, et la crise agit d’une manière fortifiante, tant sur mon corps que sur mon esprit. – Quant à la femme savante et poétique avec ses prétentions ridicules, et ses démonstrations exagérées d’enthousiasme pour l’art, l’idéal, que sais-je encore !… Ah ! – Ah !…