‹ Contes vraisChapitre 17 sur 30 · 14.2 2

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La résistance fut vigoureuse, désespérée, mais inutile. Ils durent fléchir devant le nombre mieux aguerri de l’ennemi, et devant l’implacable incendie qui s’allumait de toute part.

Et les « pauvres fous » la rage au cœur, forcés d’abandonner la place du couvent incendié dont les pignons déjà commençaient à flamber, sous les boulets des canons de l’armée ennemie, volèrent vers l’église qui devint leur dernier refuge. Par les fenêtres ouvertes ils firent pleuvoir sur l’ennemi leurs dernières balles ; et quand les chevrons du toit en feu commencèrent à vaciller avec un craquement sinistre, ils s’élancèrent dehors, perçant d’une trouée sanglante les rangs serrés de l’armée anglaise.

C’est alors que le brave Chénier, leur chef à tous, tomba pour ne plus se relever.

Plus heureux, André Després réussit à s’échapper ; mais ce ne fut qu’en sabrant d’outre en outre un jeune compatriote, un lieutenant du capitaine Leclerc, qui tentait de l’empêcher de franchir la palissade du cimetière. Son forfait accompli, il jeta aussitôt, au loin, son arme rouge de sang, escalada l’enceinte et s’enfuit. Mais il était poursuivi. On voulait le prendre vif, et faire ensuite de cet acte lâche un exemple terrible.

La chasse fut longue. Le fuyard était agile et connaissait bien les lieux. Il disparut au moment où des balles désespérées allaient l’atteindre. Mais ce n’était que partie remise. Il ne pouvait sortir du village, ni forcer les lignes anglaises, ni tromper la vigilance des sentinelles. Il ne pouvait échapper, Colborne venait de le jurer.

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