‹ Contribution à l’étude de la concurrence vitale chez les micro-organismes : antagonisme entre les moisissures et les microbesChapitre 7 sur 9 · CONDITIONS VITALES DES MOISISSURES

CONDITIONS VITALES DES MOISISSURES

Lorsqu’on fait l’analyse chimique des moisissures comme l’a faite Sieber, on constate la prédominance des substances ne renfermant pas d’azote. Ceci résulte tout d’abord de ce que, chez les moisissures, il existe de la cellulose très développée. C’est seulement à l’intérieur de la cellule que l’on trouve des matières albuminoïdes ; enfin, on rencontre également des quantités appréciables de matières sucrées. Etant donnée la composition chimique, il faudra, pour former et pour conserver les éléments constituants des moisissures, de grandes quantités d’eau, des substances organiques contenant du carbone et de la soude, et les éléments des cendres, principalement de la potasse et de l’acide phosphorique. Et Naegli est arrivé à établir l’échelle suivante où les substances nutritives sont placées par ordre de valeur, les premières étant les meilleures :

1 Albumine (peptone) et sucre ;

2 Leucine et sucre ;

3 Tartrate ammonique (ou chlorure ammonique) et sucre ;

4 Albumine (peptone) ;

5 Leucine ;

6 Tartrate ammonique, succinate d’ammoniaque, asparagine ;

7 Acétate ammonique.

L’eau et les substances minérales jouent un rôle très important dans la nutrition des moisissures. De grandes quantités d’eau sont nécessaires à cette nutrition ; elle entre en grande quantité dans les composés complexes formés par les champignons ; elle constitue la partie principale des éléments de nouvelle formation ; enfin, elle sert de dissolvant et de véhicule aux substances cellulaires comme dans les organismes supérieurs.

Outre ces substances solides et liquides, les moisissures ont besoin, pour leur développement normal, d’oxygène à l’état gazeux. Ce besoin d’oxygène est confirmé par la façon dont les moisissures se présentent et par leur développement borné aux endroits où elles sont en contact avec l’oxygène libre. Nous les voyons en effet se développer exclusivement à la surface des liquides (comme du reste à la surface des corps solides) et elles ne se développent à l’intérieur des liquides qu’autant que la quantité d’oxygène dissoute est suffisante.

La réaction du mélange nutritif présente une action capitale sur le développement des moisissures. Les milieux alcalins sont peu favorables, tandis qu’un excès d’acidité paraît avoir beaucoup moins d’influence. D’autres facteurs, comme la pression atmosphérique, la lumière, l’électricité même doivent certainement entrer en ligne de compte, mais leur rôle n’est pas encore étudié. La température enfin varie selon les espèces, mais une température moyenne de 15 à 20 degrés est en général la plus favorable.

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