‹ Cours familier de Littérature - Volume 01Chapitre 164 sur 216 · III.

III.

Le troisième chant est rempli tout entier par cette lutte de dévouement entre le père, la mère et la fille, qui revendiquent tous le droit et le devoir de mourir pour sauver la famille.

«Seule je vous sauverai tous, dit la jeune fille. Pourquoi désire-t-on des enfants? Parce qu'ils doivent se dévouer pour leurs parents. Ici-bas, ou là-haut dans l'autre vie, le fils expie les fautes de son père: n'est-il pas appelé, dans les livres sacrés, Celui qui est le sauveur de l'âme de son père? Mais, voyez mon frère, c'est un tout petit enfant! Si tu pars pour le séjour céleste, ô ma mère! cette fleur innocente se fanera sur sa tige; s'il monte dans le ciel avant le temps, nos ancêtres seront privés du sacrifice qu'il leur doit, et ils en seront affligés. En te préservant toi-même, ô père! tu sauves à la fois toi, ma mère et mon frère, et les sacrifices se renouvelleront à jamais dans la famille..... Ton fils, c'est toi-même! ton épouse, c'est l'âme de ton âme! ta fille, seule, est l'occasion de tes peines. Ah! permets-moi de mourir pour toi et pour eux. Songes-y: quelle horrible situation pour nous si, après ta mort, il nous faut mendier le pain de l'étranger et dévorer l'aumône avec des chiens affamés!»