‹ Cours familier de Littérature - Volume 01Chapitre 170 sur 216 · IX.

IX.

Le héros s'égare avec délice sous les dômes de feuillages, où les rayons brisés du soleil ne laissent pénétrer qu'une indécise et pâle lumière, et la tiédeur de l'air suffisante seulement pour tempérer la fraîcheur des forêts. Il arrive sur les bords fleuris d'une rivière qui descend, pure et fraîche, des glaciers de l'Himalaya. Il y découvre un bocage sacré qui abritait l'ermitage d'un saint vieillard solitaire nommé _Canoua_, célèbre, dans toutes les Indes, par sa sagesse, son don de prophétie et son ascétisme. De distance en distance, sur les rives du fleuve, on voyait la fumée des sacrifices s'élever entre les cimes des arbres vers le ciel; des groupes de brahmanes, prêtres et religieux, dissertaient entre eux sur les mystères, ou chantaient en vers les exploits historiques des anciens héros; d'autres se livraient, pour atteindre à la perfection spirituelle, à des contemplations extatiques, à des pénitences qui domptent et anéantissent les sens.