XII.
Après quelques jours passés dans les fêtes et dans les douceurs de l'amour, le héros repart pour sa capitale, et l'ermite revient après une longue absence.
Sacountala, confuse, tremble de paraître devant lui et de lui avouer son mariage avec le roi. Mais, par le don de prophétie dont il est doué, l'ermite sait tout avant l'aveu. «Ô femme mille fois heureuse, dit-il à Sacountala, le noeud que tu viens de former secrètement, et sans m'avoir consulté, n'est pas contraire à nos saintes lois. Le fils qui doit naître de cette union sera égal à son père, et donnera naissance à une race de héros!»
Rassurée par ce pardon et par cette promesse, Sacountala débarrasse avec joie le saint prophète de la corbeille lourde de fruits qu'il vient de cueillir; elle verse sur ses pieds fatigués une eau rafraîchissante, et, d'une voix caressante, elle le supplie de protéger son époux et elle dans ses prières, et de demander au ciel la gloire à leurs descendants.