‹ Cours familier de Littérature - Volume 01Chapitre 178 sur 216 · XVII. - L'ÉCUYER. - L'ÉCUYER.

XVII. - L'ÉCUYER. - L'ÉCUYER.

DOUCHMANTA.

Allons, fais avancer le char; que la vue de l'ermitage purifie nos âmes!

Ainsi que le roi l'ordonne.

(Il imprime au char un mouvement rapide.)

DOUCHMANTA, jetant les yeux autour de lui.

Certes, sans qu'on me l'eût dit, j'aurais aisément conjecturé que cette retraite paisible devait être consacrée à l'accomplissement des plus sévères austérités.

À quels signes donc?

DOUCHMANTA.

Comment, ils ne frappent pas ta vue! N'aperçois-tu pas çà et là, épars au pied des arbres, ces grains de riz consacré, échappés du bec des jeunes perroquets encore dépourvus de plumes, au moment où leurs mères leur portent la becquée? Ici sont des pierres tout onctueuses de l'huile de l'_ingoudi_, dont elles viennent de servir à broyer les fruits; là, de jeunes gazelles, habituées à la voix de l'homme, ne se détournent pas à son approche; et ailleurs ces lignes humides, tracées sur la poussière, et qui partent de divers bassins, ne doivent-elles pas leur origine aux gouttes d'eau distillées des vases nouvellement purifiés?

Vois encore ces jeunes arbres, dont les racines sont abreuvées par des canaux d'une eau limpide, que ride à peine le souffle adouci des vents; vois l'éclat de ces tendres bourgeons, obscurci par la fumée qui s'élève des oblations aux dieux; et, près de nous, ces faons légers qui, sans aucune crainte, se jouent au milieu de ces tas de cousa nouvellement coupé pour un sacrifice, et rassemblés sur la terre à l'entrée du jardin.