‹ Cours familier de Littérature - Volume 02Chapitre 22 sur 195 · XXIV

XXIV

Voilà ce que j'ai voulu pour l'Italie; voilà ce que j'ai fait à son insu pour elle; voilà ce que la destinée contraire a décidé d'elle et de moi dans les journées de juin 1848. Ce n'est pas seulement la France qui a saigné dans ces journées, c'est l'Italie qui y a péri. Pleurons ensemble sur la démence de ces meurtriers de la liberté et d'eux-mêmes, mais ne nous accusons pas, l'Italie et nous! Nous sommes innocents; c'est le sort qui est coupable.

Si j'avais été Italien de sang comme je le suis de coeur, aurais-je pu concevoir pour l'Italie une pensée plus filiale? aurais-je pu lui rouvrir inoffensivement pour les autres puissances, et plus légitimement pour elle-même, une plus belle perspective de renaissance nationale, politique et littéraire? Je laisse à la réflexion et à la conscience à prononcer.