XII
Eh bien! je crois te voir dans cet humble symbole, Toi, source de mon coeur!... Quand tes filets pliés Dégouttent d'eau de mer sur ton bras, où les colle L'écume du récif qui te blanchit les piés; Ou bien quand tes cheveux, que la lame épouvante, Battant ta maigre épaule, aiment à s'y jouer Avec le flot qui monte, avec la mer qui vente, Et que, tes bras levés, comme une urne vivante, Tes deux mains à ton front veulent les renouer! Jeune fille aux longs yeux, c'est à toi que je pense!
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C'est ainsi que d'abord la nature, puis l'imagination, puis la piété, puis l'amour me donnèrent les premiers instincts, puis les premières leçons de poésie. Je n'ai jamais eu une pensée dont je ne retrouve la racine dans un sentiment; tout vient du coeur: _nascuntur poetæ_. J'ai trouvé l'autre jour cette inscription au crayon, et signée seulement d'une initiale, sur la vieille porte vermoulue de ma maison de village, à Milly. L'anonyme a raison, les poëtes y naissent, et puissent-ils aussi y mourir!...
LAMARTINE.
XXIVe ENTRETIEN.
12e de la deuxième Année.
ÉPOPÉE.
HOMÈRE.--L'ODYSSÉE[2].
[Note 2: Nous dirons dans le prochain Entretien pourquoi nous commençons par l'_Odyssée_ notre étude en trois Entretiens sur Homère, au lieu de la commencer par l'_Iliade_.]